Ligue des champions : le PSG peut-il rêver plus grand ?

Ligue des champions : le PSG peut-il rêver plus grand ?

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FOOTBALL - Le PSG rêve la nuit d'une victoire finale en Ligue des champions. Le match qui l'oppose mardi soir à Leverkusen, en 8e de finale aller, n'est donc qu'une étape à ses yeux. Une ambition présomptueuse vue de France, Paris n'ayant encore croisé aucun cador cette saison. C'est pourquoi metronews a sondé un panel d'experts, composé d'ex-joueurs et/ou entraîneurs, pour savoir si elle est légitime.

Éric Di Meco, vainqueur de la Ligue des champions avec l'OM en 1993
"Moi, je ne crois pas à la forme du moment en Championnat qui serait un indicateur pour la Ligue des champions. Il y a tellement d'exemples d'équipes pas bien en Championnat et qui font de belles choses en coupe. Les grosses équipes sont programmées pour aller au bout. C'est pour ça que quand on compare la forme de Paris avec celle d'autres grands clubs européens depuis le début de la saison, c'est trompeur. La vérité d'une victoire finale ne se dessine pas en octobre-novembre mais en avril-mai. En tout cas, vu ce que fait Paris depuis le début de la saison, il est logique de croire qu'ils vont faire au moins aussi bien que le quart de finale de l'an dernier.

Le système de jeu de Laurent Blanc est basé sur la possession, et Paris devra faire la même chose face à des gros. La saison passée, lorsque le PSG jouait en contre, c'était plus simple : subir puis contrer, ça se fait contre le Barça. Mais faire le jeu, c'est une autre histoire... On a vu que contre Monaco, une équipe capable de poser le pied sur le ballon, c'était plus compliqué. Ils n'ont pas l'habitude de défendre sur le 2e ou 3e temps de jeu. Le truc du PSG, c'est de récupérer le ballon très vite et très haut. Comment va réagir Paris quand il va falloir défendre bas ?

C'est une compétition où il faut souffrir pour aller loin. Souvent, un beau parcours se construit sur une désillusion. Le Bayern, le Real, City... Il y a du lourd pour Paris. Le problème c'est que, cette saison, ils n'ont pas eu un gros à affronter en poules. Même l'an dernier, ils tombent sur un Barça diminué et n'ont pas gagné, alors qu'il y avait la place. Ça, ça les dessert. Si tu veux écrire une histoire, une épopée, il te faut un gros match, un truc qui restera. À l'OM, la légende de la victoire en 1993 se construit avant : la main de Vata, l'élimination du Milan et la défaite aux tirs au but en finale l'année d'avant. Tout ça, ça fait une histoire. Lyon, par exemple, n'a jamais franchi ce cap."

Luis Fernandez, ex-joueur et entraîneur historique du PSG
"Paris est en avance sur tous ses temps de passages. Le PSG de cette année me plaît, le projet de jeu est séduisant, il y a des buts, un énorme Zlatan et peut-être plus de sérieux que l'an passé. Paris n'a plus ses accidents contre les petits clubs. Alors passer le 8e, c'est le minimum. Si tu es champion, en finale de la Coupe de la Ligue et quart de finaliste de la Ligue des champions, tu fais déjà mieux que la saison dernière. Ça fait partie de la construction d'un projet sportif, année après année.

J'ai vu le Bayern, c'est trop fort. Ils sont impressionnants. Même quand il leur manque du monde, ils sont énormes. Guardiola a un effectif incroyable à sa disposition. Si Paris tombe sur eux ensuite, c'est injouable. Il y a tellement de variété, de possibilités tactiques... Pour l'instant, le PSG fait juste partie de ces équipes qui peuvent faire un coup. Peut-être qu'aller en quarts peut les libérer."

Rudi Garcia, ex-entraîneur du LOSC aujourd'hui à l'AS Rome
"Le PSG fait la saison qu'on attendait de lui. Il a réalisé un beau parcours dans sa poule de Ligue des champions. Son ambition d'aller le plus loin possible dans cette compétition est donc on ne peut plus légitime et logique, surtout qu'il est bien parti pour remporter un nouveau titre de champion de France. L'avenir nous dira s'il est un vrai prétendant à la victoire finale mais c'est une équipe de très haut niveau avec des joueurs fantastiques. C'était déjà le cas l'an passé mais quand vous voyez un Cavani arriver derrière, ça montre toute l'ampleur des moyens économiques de ce club. Grâce à ça, ils peuvent concrétiser leur projet hors-normes."

Jean-Pierre Papin, deux fois finaliste de la Ligue des champions
"Pour moi, ce PSG joue dans la même cour que le Bayern ou le Barça. Je voyais même Paris remporter la Ligue des champions dès l'année dernière. Moi qui suis Marseillais de cœur, j'ai été le plus déçu après leur élimination contre Barcelone en quarts de finale. Je ne pouvais pas m'y résoudre. À l'époque, Carlo Ancelotti avait péché par orgueil : à 0-1 au Camp Nou, il pensait la qualification acquise. Pas un instant il n'a imaginé prendre un but du Barça à dix minutes de la fin... Mais bon ce n'est pas grave, c'est le football, on ne peut connaître ces choses-là que sur le terrain. En tout cas, les Parisiens ne manquaient déjà pas de confiance en eux..."

Jean-Alain Boumsong, vice-champion du monde avec les Bleus en 2006
"Il y a quelque chose qui se crée à Paris. Il y a du spectacle et les gens ne s'y trompent pas. Les joueurs ont eu le temps d'accumuler beaucoup de confiance en Ligue 1, c'est important. C'est grâce à cela qu'on peut réaliser de beaux parcours en Ligue des champions. Ensuite, à partir des quarts, ça ne se joue qu'à des petits détails, alors évidemment que le PSG a toutes ses chances d'aller au bout. Surtout que beaucoup de ses joueurs ont l'expérience des grandes compétitions internationales. Ça compte énormément parce que la Ligue des champions est différente, beaucoup plus relevée.

Ça aide d'avoir connu la tension des tout derniers tours. C'est même ce qui fait souvent la différence à ce niveau-là. Il faut savoir aller chercher les victoires. Le Barça et le Bayern, ils gagnent parce qu'ils connaissent déjà : ils savent ce qu'il faut faire. C'est pour ça que, dès le départ, ils se disent clairement qu'ils peuvent remporter le trophée. L'expérience donne de l'ambition et de l'assurance. Et Paris peut non seulement s'appuyer sur son beau parcours de l'an dernier, mais aussi sur des joueurs qui ont gagné de nombreux titres internationaux.

Ils vont tirer leurs partenaires vers le haut, parce qu'ils ne se satisferont pas de juste passer ce 8e de finale, ou même un quart. Leur objectif, c'est gagner la finale. Ça fait une vraie différence : ça donne un supplément de motivation, même inconscient, qui fait qu'on se surpasse. Mais l'espérance, la confiance et la prise de conscience doivent être collectives. Et il faut que la providence accompagne tout ça."

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