"L'équipe de France ne devrait pas avoir trop de problème contre la Bulgarie"

"L'équipe de France ne devrait pas avoir trop de problème contre la Bulgarie"
Football

INTERVIEW – Avant de signer au Steaua Bucarest puis à Al-Sadd , Jugurtha Hamroun a évolué dans la Première Ligue bulgare en 2011-12. L’ex-attaquant guingampais nous éclaire sur une nation du foot qui a basculé dans l'ombre, au détour du XXIe siècle.

LCI : Comment un joueur comme vous, issu de la formation française, s’est-il retrouvé à jouer en Bulgarie ? Ce n’est pas habituel.

Jugurtha Hamroun : J’ai fait trois ans pros à Guingamp, mon club formateur, mais la dernière année, ça ne s’est pas bien passé, je me suis beaucoup blessé, je n’avais pas trop de temps de jeu… À la fin de mon contrat, je n’ai eu que des opportunités en Ligue 2 et en National en France. Ça ne m’intéressait pas, je préférais avoir une D1, n’importe où, pour une question de visibilité. Un agent m’a appelé et m’a parlé de la Bulgarie. Je ne connaissais rien de ce pays. J’y suis allé pour voir et j’ai été surpris : super installations, super stade. Ce n’est pas le cas partout. La plupart des stades sont assez anciens là-bas. Mais le nôtre, à Bourgas, venait d’être refait. Les pelouses étaient belles et le centre d’entraînement impressionnant. Ça m’a séduit, malgré le fait que ça paye moins bien qu’en France.

LCI : Quelle impression vous a fait le Championnat bulgare ?

Jugurtha Hamroun : Je me suis vite adapté. Le niveau est globalement assez moyen. C’est niveau Ligue 2, avec une ou deux équipes de niveau du bas de tableau de la Ligue 1. Ludogorets, en revanche, ça peut jouer en Ligue 1 sans problème. C’est un club à part, ils ont un gros budget (5 millions d’euros par an, quand le GFC Ajaccio, le plus petit budget de la L1 est à 13,8, ndlr) et se qualifient presque tous les ans en Ligue des champions. Et puis il y a le Levski et le CSKA Sofia, qui seraient au milieu de tableau en L1. Avec Bourgas, on arrivait quand même à leur tenir tête. Les pelouses ne sont pas des bourbiers, mais ce ne sont pas des billards non plus. Elles sont de moins bonnes qualités qu’en France. Et globalement, les stades sont plutôt vides, à part à Sofia, où c’est un peu chaud.

LCI : Techniquement, qu'est-ce que ça donne ?

Jugurtha Hamroun : C’est plus physique que technique, c’est très "rentre dedans", à part deux ou trois équipes qui essaient de jouer. Même en venant de France, ce n’est pas facile de jouer là-bas.

Jugurtha Hamroun face à Manchester City, lors du tour préliminaire de la Ligue des champions le 24 août 2016.

LCI : Y a-t-il beaucoup d’étrangers dans le Championnat bulgare ?

Jugurtha Hamroun : Non, pas trop. En moyenne, trois ou quatre par équipe, pas plus. Il y a surtout des joueurs bulgares, qui ne sont pas mal du tout. Souvent, ils signent en Russie ou en Turquie au bout d’une saison. En Espagne, pour les plus talentueux. Plein de pays viennent pêcher en Bulgarie.

LCI : Du coup, diriez-vous que l’équipe de Bulgarie, qui affronte les Bleus la semaine prochaine, est quand même d’un bon niveau ?

Jugurtha Hamroun : Franchement, de ce que j’ai vu, ça reste quand même très moyen. La France ne devrait pas avoir trop de problème contre une équipe comme ça.

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