Manchester United-PSG : pour Angel Di Maria, les Red Devils, c'était l'enfer

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LIGUE DES CHAMPIONS - En l’absence de Neymar et d'Edinson Cavani, le PSG compte particulièrement sur Angel Di Maria pour dynamiter, ce mardi soir en 8es de finale aller, la défense de Manchester United. Un club qui lui laisse de bien mauvais souvenirs...

Si la vie n’est pas un long fleuve tranquille, certaines carrières de footballeurs peuvent être représentées ainsi. C’est souvent le cas des surdoués, qui sautent les étapes par la force de leur seul talent pour vite plonger dans les grandes eaux du plus haut niveau, leur élément naturel. Cela aurait pu (dû ?) être le cas d’Angel Di Maria, dont le CV figure une progression irrémédiablement linéaire : Rosario Central, le club formateur, Benfica Lisbonne, le premier club européen, Real Madrid, celui de la consécration, et puis... le trou noir. En l’occurrence, à Manchester United, où l’Argentin a bien failli se perdre. 

Ce n’était pas la meilleure période de ma carrière, ou disons qu’on ne m’a pas laissé y vivre ma meilleure période...Angel Di Maria, sur son passage à Manchester United

Il retrouve les Red Devils ce mardi soir, sous le maillot du PSG, à Old Trafford, en 8e de finale aller de la Ligue des champions. Pour la première fois, le 14 janvier dernier sur les ondes de France Bleu Paris, le Parisien est revenu, à mots couverts (faisant presque dans la litote), sur son passage douloureux dans le nord de l’Angleterre : "Je n’y suis resté qu’un an. Ce n’était pas la meilleure période de ma carrière, ou disons qu’on ne m’a pas laissé y vivre ma meilleure période...  Il y a eu des complications avec l’entraîneur de l’époque. Mais grâce à Dieu, j’ai pu venir au PSG et redevenir moi-même."

On rembobine. À l’été 2014, après avoir éclaboussé la finale de la Ligue des champions de sa classe, Angel Di Maria sort d’une Coupe du monde dont il fut le meilleur joueur. Mais le Real Madrid ne souhaite pas le conserver. Le PSG, déjà, propose de l’accueillir, mais le joueur privilégie alors Manchester United, club plus prestigieux (et moins bridé par le fair-play financier). Il y signe contre 75 millions d’euros d’indemnité de transfert, record historique en Premier League à l’époque. Puis signe des débuts prometteurs, marquant d’un superbe coup franc dès son deuxième match.

Angel était malheureux à Manchester.Debora Gomes, ancienne traductrice de Manchester United

Mais la situation se détériore rapidement. Louis van Gaal, l’autoritaire entraîneur d’alors, ne le juge pas suffisamment bon, et le sort de son onze, au profit d’Ashley Young, ailier plus athlétique mais bien moins technique. Pour certains, c’est un problème d’incompatibilité d’humeurs entre les deux hommes. Pour d’autres, c’est dû à des considérations tactiques. L’international anglais Frank Lampard, estimait, lui, que "le défi physique du jeu anglais l'a fait souffrir"...

Reste que le joueur, initialement désireux d’enfin devenir la star d’une très grosse équipe, déprime en constatant son statut de remplaçant un mois à peine après son arrivée en grande pompe. Les blessures s’enchaînent. Les tuiles, aussi : en février 2015, trois cambrioleurs pénètrent dans sa maison du Cheshire et braquent une arme à feu en présence de sa fille d’un an, Mia. Son épouse, Jorgina, traumatisée, décide de quitter Manchester. C’est la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Et fera dire à Debora Gomes, la traductrice du club à l’époque : "Angel était malheureux à Manchester." Ce que disent aussi les chiffres : avec 33 matchs joués et 4 buts marqués, il s'agit de sa pire saison à ce jour.

Quand je le regardais avec le Real Madrid, c’était mon joueur préféré.Thomas Tuchel, à propos d'Angel Di Maria

Ses tracas ne prendront toutefois pas fin en signant à Paris l’été suivant, puisque les blessures et une irrégularité chroniques viendront polluer sa première saison, avant que les recrutements de Neymar et Kylian Mbappé un an plus tard ne viennent de nouveau le repousser sur le banc de touche, au point d’envisager encore de partir. C’est en fait l’arrivée de Thomas Tuchel, au départ de l’actuelle saison, qui le remet au centre du jeu.

"N’oubliez pas Di Maria", avait ainsi corrigé le coach allemand en début de saison, quand on l’avait interrogé sur son trio d’attaquants Neymar-Cavani-Mbappé. Avant d’ajouter, quelques mois plus tard : "Je suis fan. Angel a énormément de talent, quand je le regardais avec le Real Madrid, c’était mon joueur préféré. Il est vraiment très, très professionnel. Et puis il a des qualités techniques extraordinaires, qu’il met toujours au profit du collectif." Résultat : avec  2.362 minutes passées sur le terrain, Di Maria est, de loin, le joueur le plus utilisé par Tuchel. Une confiance que l’Argentin a récompensée par déjà 10 buts (et 10 passes décisives), dont celui du 2-2 à Naples, qui a littéralement sauvé son équipe d’une humiliante élimination. Plus que jamais, il incarne aujourd’hui le principal danger pour Manchester United. Ce qui constitue, en soi, une victoire.

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