Atlético-Juventus : Antoine Griezmann retrouve Cristiano Ronaldo, reflet de ses propres manques

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FOOTBALL - C’est le choc de ce mercredi soir en 8es de finale aller de la Ligue des champions : l’Atlético de Madrid affronte un autre prétendant au titre, la Juventus de Turin. L’occasion pour Antoine Griezmann de croiser de nouveau Cristiano Ronaldo, son tourmenteur attitré.

La vie est une question de choix. Une carrière de footballeur, aussi. L’été dernier, Antoine Griezmann et Cristiano Ronaldo se sont tous deux trouvés à un croisement. Le Français a choisi de décliner l’offre du FC Barcelone et de rester chez lui, à l’Atlético de Madrid. Le Portugais a, lui, privilégié un départ, quittant le Real Madrid pour l’Italie et la Juventus. Clin d’œil du destin : les deux hommes se retrouvent ce mercredi soir dans la capitale espagnole, à l’occasion du choc majuscule opposant leurs deux équipes en 8es de finale aller de la Ligue des champions. Un autre croisement.

"Bête noire" contre "miroir de Riséd"

Il faut dire que, ces dernières années, leurs trajectoires respectives n’ont eu de cesse de se croiser, pour le plus grand malheur de Griezmann. En effet, rien qu’en mai et en juin 2016, Ronaldo l’a tour à tour privé du bonheur de remporter la finale de la Ligue des champions, puis celle de l’Euro. En décembre dernier, comble de l’ironie, le Portugais a terminé deuxième au classement du Ballon d’or sans avoir remporté le moindre titre majeur en 2018, devant le Français, 3e dépité, alors que lui venait de signer un triplé Coupe du monde-Supercoupe d'Europe-Ligue Europa qui, dans son esprit, aurait dû suffire. Plus largement, Ronaldo adore l’Atlético : il a marqué 22 buts en 31 matchs contre les Colchoneros.

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On aurait ainsi vite fait de qualifier, comme le veut le jargon sportif, Ronaldo de "bête noire" de Griezmann, mais il y a autre chose, de plus profond que cela. Comme si, en regardant Ronaldo, Griezmann se trouvait face au "miroir du Riséd" dans Harry Potter, cette glace reflétant le désir le plus intime de celui qui l’observe. En effet, le Français rêve des plus grandes distinctions du sport-roi, la Ligue des champions et le Ballon d’or, qui font le quotidien du Portugais. Son bourreau représente ce qu’il rêve d’être depuis tant d’années. Un rêve qui continue de se refuser à lui…

Le jeu des comparaisons

De ce point de vue, il est intéressant de noter que quand la fameuse course au Ballon d’or, comparable à une campagne électorale, battait son plein durant le second semestre de 2018, Griezmann voyait son partenaire en Bleu, Kylian Mbappé, comme son principal rival. Et dans la passe d’armes médiatique qui a opposé les deux champions du monde, l’aîné a cru bon de donner des conseils au plus jeune... En convoquant l’exemple de Ronaldo !

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"Il (Mbappé) me rappelle Cristiano quand il était à Manchester United. Cristiano, c'était le gars qui jouait sur le côté, qui dribblait beaucoup et qui marquait, mais qui ne cherchait pas forcément le but. Et quand Kylian fera ce que Cristiano a fait à Madrid, c'est-à-dire ne penser qu'au but, il va en mettre cinquante, pareil", lâchait Griezmann le 9 octobre dernier. Un Griezmann qui, lui, n’a jamais inscrit cinquante buts en une saison, ni même trente, mais qui assurait tout de même, le 17 septembre, être assis "à la même table" que Messi et Ronaldo.

Le Griezmann nouveau est-il arrivé ?

Au-delà du paradoxe, le Français verbalisait alors ce qui, à notre époque, distingue le grand joueur, la "star", de l’excellent joueur : les statistiques, et plus particulièrement le nombre de buts. Bien que parti en Italie, et désormais âgé de 34 ans, Ronaldo reste sur sa lancée : il compte déjà 19 buts en 24 journées de Serie A, championnat dont il est le meilleur buteur. Quand, en Espagne, Messi culmine largement en tête, avec 22 buts en 22 matchs, loin devant Griezmann, 4e avec ses 12 buts en Liga.

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Toutefois, force est de constater que le Tricolore a amorcé un véritable changement cette saison. Contrairement à la majorité des champions du monde qui ont subi le contrecoup du Mondial, lui a pris les devants dès cet été avec un préparateur physique dédié. Résultat : le voilà qui marche sur l’eau à la fin de l’hiver, période où il avait pris l’habitude d’accumuler les coups de mou ces dernières années. Et s’il s’astreint toujours à un travail défensif dont est libéré Ronaldo, il marque beaucoup plus, alors que les échéances majeures approchent : neuf buts sur ses onze dernières apparitions toutes compétitions confondues, 18 en tout depuis août. Sa "ronaldisation" serait-elle enfin en marche ? Début de réponse ce mercredi soir.

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