Naples-PSG : mal-aimé à Paris, Edinson Cavani a toujours le Napoli au cœur

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FOOTBALL – Le PSG joue déjà sa survie en Ligue des champions ce mardi à Naples, pour le compte de la 4e journée de la phase de groupes. Au centre de l’affrontement, Edinson Cavani, l’attaquant parisien en souffrance, qui n’a jamais cessé de hanter la cité napolitaine.

Comme Jacques Brel attendant inlassablement sa "Madeleine [qui] ne viendra pas", les Napolitains ont le cœur transi et l’espoir chevillé au corps. Le 9 août dernier, il avait ainsi suffi que la rumeur d'un retour circule avec insistance en ville, sur la base d’une capture écran de billets d’un vol Air France Naples-Paris censés appartenir à Edinson Cavani et son frère, pour que plusieurs centaines d’entre eux aillent se masser dans l’aéroport Naples-Capodichino pour accueillir, fous de joie, l’attaquant. Lequel se trouvait alors à Paris, sans se douter un instant de ce qui se tramait de l'autre côté des Alpes. 

L’avion n’est donc pas venu, la foule s’est dispersée mais la scène, elle, est restée. Elle dit toute la folle passion de Naples pour son club, et plus particulièrement pour son Matador, vendu il y a cinq ans contre 64 millions d’euros au PSG qatari. Un départ d’autant plus difficile à accepter que l’Uruguayen ne s’est jamais pleinement épanoui ensuite à Paris, initialement bridé par l’omnipotence de Zlatan Ibrahimovic, aujourd’hui tenu à l’écart dans le jeu par Neymar et Kylian Mbappé.

Cavani à Naples, c’est 104 buts inscrits en 138 matchs de 2010 à 2013, pour une moyenne supérieure à 30 buts par saison (il est le 4e meilleur buteur de l’histoire du club), mais aussi une relation fusionnelle avec ses partenaires et les tifosi du San Paolo, ce volcan entrant en éruption dès qu’un ballon y roule, au pied du Vésuve endormi. En témoignent les nombreux maillots à son nom qui continuent de s’y vendre, comme ceux de Diego Maradona, les immenses fresques à son effigie qui recouvrent des murs de la ville, et les santons, ces figurines en argile typiques, dédiés à sa gloire.

Son ex-femme et ses enfants y vivent toujours

En quittant Naples, Cavani a laissé derrière lui une symbiose qu’il n’avait jamais, et n’a plus connu, les parties de pêche sur le fleuve Volturno, les balades avec sa mère et ses amis sur le littoral tyrrhénien, et surtout ses deux enfants, Bautista et Lucas, qui vivent encore dans la baie avec son ex-femme, Soledad Cabris, ce qui conduit l’attaquant à y revenir régulièrement. Des attaches pour le moins solides.

Pourtant, au moment de partir, l’Uruguayen était considéré comme un traître, insulté sur des banderoles déployées dans toute la ville. Le président du club, le tempétueux Aurelio De Laurentiis, avait pesté contre "ce joueur qui a un portefeuille à la place du cœur". Et le San Paolo le conspuera lors d’un match amical Naples-PSG un an plus tard, au point que l’attaquant refusera de disputer la seconde période. Mais depuis, le dépit amoureux des Napolitains est progressivement redevenu de l’amour.

Si je dois changer d’équipe, je pourrais retourner à Naples.Edinson Cavani en 2017

La scène de l’aéroport le montre. Le changement de ton dans le discours de De Laurentiis, aussi. "En tant que fan, qui n’aimerait pas voir Edinson Cavani revenir à Naples ? Il était un grand héros pour nous avant qu’il quitte la ville. Pour tous ceux qui l’aimaient, son retour serait une bonne chose", disait-il le 20 juillet. Avant de remettre le couvert il y a deux semaines sur RMC : "Cavani est toujours dans mon cœur. Avec nous, il a appris à être un vrai attaquant. On gardera toujours la porte ouverte. Le jour où Cavani acceptera de baisser son salaire, et voudra vivre auprès de ses deux enfants, il sera le bienvenu. Dès qu’il veut, il revient. Avec Ancelotti comme entraîneur, il serait l’attaquant parfait."

De son côté, l’intéressé ne ferme pas la porte non plus. "Après le PSG, je ne sais pas ce qui se passera, mais si je dois changer d’équipe, je pourrais retourner à Naples avant de rentrer en Uruguay", avait-il lâché en 2017, pour souffler sur les braises de cet amour ardent. En sachant toutefois que ce retour reste, financièrement, une chimère. "Si vous demandez à un papa napolitain avec qui il marierait sa fille, il vous répondra sans doute Cavani, formulait un journaliste napolitain dans L’Équipe avant PSG-Naples. Maradona est un dieu ici mais parmi les 'humains', Edi arrive sur le podium. S’il peut nous faire un dernier cadeau, ce serait de ne pas marquer contre nous." Un souhait bien plus réaliste.

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