Lyon-Shakhtar : le huis clos, un match forcément perdu d'avance ?

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ATMOSPHÈRE - Pour ses retrouvailles avec la Ligue des champions, le Groupama Stadium sonnera creux ce mardi (21 heures) pour la rencontre entre Lyon et le Shakhtar en raison d'un match à huis clos infligé aux Lyonnais suite à divers débordements. L'absence de supporters est-elle pour autant déjà annonciatrice du résultat final ?

Il y a deux semaines, l'OM avait lancé sa campagne européenne face à Francfort (1-2) à domicile sans supporters. Lyon va connaître le même sort. Ce mardi 2 octobre (à 21 heures), le Groupama sera vide pour la réception du Shakhtar Donetsk dans le cadre de la 2e journée de la Ligue des champions. Sanctionné d'un match européen à huis clos et un match avec sursis, suite aux divers incidents survenus le 15 mars dernier à l'occasion d'une rencontre de Ligue Europa contre le CSKA Moscou, l'OL jouera à son tour à huis clos... ou presque. Au total, un millier de privilégiés (invités, staffs, sécurité...) assistera à la rencontre.

Pendant 90 minutes, les Lyonnais n'auront en fond sonore que les bavardages du terrain et les consignes données par les deux bancs de touche. À mille lieues de l'ambiance survoltée de l'Olympico remporté par les Gones (4-2) le 23 septembre dernier. "Ce qui est surprenant, avec cette ambiance, c'est qu'on se croirait à l'entraînement. Mais c'est la compétition qui prime, il faut passer outre à tout ça", a souligné le coach rhodanien Bruno Genesio lundi.


À n'en pas douter, un match de football -d'autant plus une rencontre de Ligue des champions- n'a pas le même sauveur, le même parfum, quand les tribunes sont vides. "Je vais découvrir cette atmosphère. Je trouve ça malheureux", a regretté le défenseur Léo Dubois. "C'est vrai que ça va être assez spécial", a ajouté le capitaine lyonnais, Nabil Fekir, devant la presse. "On va essayer de faire abstraction de l'environnement. On va se concentrer sur le jeu. Avec le huis clos, on entend tout. On voit aussi le stade vide, c'est un peu différent. Mais au niveau du jeu, il n'y a rien qui change. Le ballon est le même et il y a le même nombre de joueurs."

Match gagné ou match perdu ?

Dans les faits, le champion du monde n'a pas tort. Le huis clos n'a pas d'incidence visible, positive ou néfaste, sur le club qui reçoit. Du moins c'est ce qu'il ressort de l'étude depuis 2012 des matches de Ligue 1 mis en sourdine. Soit onze rencontres au total. L'équilibre est respecté (4 victoires, 3 nuls et 4 défaites) pour l'équipe hôte. Dans son histoire récente, l'OL a déjà disputé un huis clos, le 5 avril 2017, pour une victoire (3-0)... sauf que le match en question se jouait à Metz.


Il est toutefois difficile d'omettre qu'un stade plein peut aussi galvaniser une équipe. "Nous avons eu ici (à Lyon, ndlr) des ambiances européennes assez extraordinaires contre Besiktas ou l'AS Rome qui nous ont permis de décupler nos forces", a rappelé Genesio. "C'est regrettable pour tout le monde. Un match de football doit se jouer devant du public et c'est la raison pour laquelle on aime les grands matches." Même ressenti pour le coach du Shakhtar, Paulo Fonseca. "Jouer à huis clos ne sera pas avantageux", a jugé le Portugais, habitué à disputer ses matches à domicile à Lviv en raison du conflit à Donetsk. "J'aurais préféré venir à Lyon avec des supporters lyonnais dans le stade et beaucoup de bruit pour avoir un stade plein."

Pénalisant mentalement, ce huis clos le serait également du point de vue comptable. Selon les estimations, l'absence de supporters est en effet synonyme d'un manque à gagner de trois à cinq millions d'euros pour l'Olympique lyonnais. Supporters, joueurs et clubs : au final, tout le monde est perdant. La fête autour du football espérée aura un petit goût amer.

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