PSG : buteur contre Galatasaray, Mauro Icardi (déjà) prêt à donner des maux de tête à Thomas Tuchel

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FOOTBALL - Neymar et Cavani absents, Mbappé sur le banc au coup d'envoi, le PSG s'en est remis à sa recrue argentine, Mauro Icardi, auteur de son premier but sous ses nouvelles couleurs, pour s'imposer à Galatasaray (0-1) en Ligue des champions, mardi 1er octobre. Le début d’un casse-tête pour l’entraîneur.

Si les proverbes recèlent généralement des vérités très profondes, tous ne s’appliquent pas à ce sport collectif un peu canaille qu’est le football. Difficile, par exemple, d'établir si l’abondance de biens nuit ou non à la cohésion d’une équipe. Une certitude, en revanche : les absents y ont toujours tort. Mauro Icardi en avait fait l’amère expérience la saison passée en étant mis à l’écart du groupe professionnel de l’Inter de Milan, qui a recruté d’autres attaquants avant même que son prêt à Paris (avec une option d’achat de 70 millions d’euros) ne soit acté en toute fin de mercato...

Mardi 1er octobre, à Istanbul contre Galatasaray en Ligue des champions, c’est lui qui a pris le dicton dans le bon sens : aligné à la pointe de l’attaque dès le coup d’envoi malgré une condition physique incertaine, causée par une préparation estivale tronquée puis une récente blessure aux adducteurs, l’international argentin a inscrit, en l’absence de Neymar (suspendu), Edinson Cavani (blessé) et Kylian Mbappé (remplaçant), le seul but de la rencontre, offrant ainsi une précieuse victoire à l’extérieur au PSG et, en conséquence, une avance désormais confortable (de 5 points) sur le Real Madrid au classement du groupe A, au bout de deux journées.

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C’est donc une excellente opération pour le club parisien, mais peut-être plus encore pour son nouvel attaquant. "Je suis encore en train de récupérer, a tenu à rappeler Mauro Icardi après coup. Je ne suis pas à 100 %, mais avec un but, les douleurs passent plus vite. Je vais continuer pour être le meilleur possible." Dit autrement : ce n’est encore que l’amorce d’une montée en puissance, l’Argentin ayant seulement disputé ce mardi son troisième match sous ses nouvelles couleurs, après celui, déjà très bon, face au Real Madrid et son entrée en jeu contre Bordeaux, samedi 28 septembre. "Tout va bien. Mon intégration a été très bonne, a poursuivi l’intéressé. Arriver dans une équipe avec autant de joueurs qui parlent espagnol a facilité mon adaptation."

Parmi ces hispanophones, son concurrent direct, l’Uruguayen Edinson Cavani, le n°9 de l’équipe, meilleur buteur de l’histoire du PSG. Lequel, à moins d’un an de la fin de son contrat, n’en finit plus d’enchaîner les blessures, comme celle à la hanche qui le handicape depuis 37 jours sans que son club ne puisse ne serait-ce que fixer une date de retour. Mais quand celui-ci surviendra, il faudra bien choisir, en sachant que Neymar, Kylian Mbappé, voire Angel Di Maria, peuvent aussi potentiellement évoluer dans l’axe de l’attaque. Ce qui risque de donner quelques maux de tête au coach .

Le moment était venu pour moi de jouer dans une équipe qui gagne.- Mauro Icardi

"Mauro m’a dit qu’il pouvait débuter le match, presque sans entraînement, s’est réjoui Thomas Tuchel en attendant. C’est un gars qui peut faire ça et ça nous aide beaucoup en ce moment. Il a été là où il fallait pour mettre le ballon au fond et c’est un but décisif. Il peut s'améliorer, gagner en confiance et encore en capacité physique." Si l’entraîneur avait voulu souligner une forme de contraste entre ses deux purs avant-centres, sans doute ne s’y serait-il pas pris autrement. Un contraste qui, de toute façon, s’était bien vu sur le terrain, au-delà de l’aspect physique.

Ainsi, à l’inverse d’un Edinson Cavani multipliant les courses défensives parfois jusque dans sa surface, Mauro Icardi, lui, ne quitte presque jamais la surface adverse, quitte à toucher très peu de ballons (14 avant son but mercredi, 35 pour Mbappé en deux fois moins de temps). Ses déplacements se font à petits pas. Il rôde. Et si la hiérarchie de l’attaque parisienne n’est pas encore tout à fait bouleversée, il guette désormais ce bouleversement. D’autant que, toujours contrairement à l’Uruguayen, l’Argentin n’a pas besoin de beaucoup d’occasions pour marquer en Ligue des champions, ambition assumée des propriétaires qataris.

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En effet, Edinson Cavani cumule 29 buts en 51 matchs dans la compétition-reine, tandis que Mauro Icardi en a inscrit 5... en 8 matchs, et sur 10 tirs cadrés en tout. "J'arrivais à ma 7ème année à l'Inter, mon rêve c'était de jouer la Ligue des Champions avec l'Inter, il s'est réalisé... On n'a pas gagné grand-chose, même rien du tout... Mais je suis resté, j'ai marqué des buts, et le moment était venu pour moi de jouer dans une équipe qui gagne", disait-il à Canal+ le 22 septembre. Avant d’ajouter, plein de malice : "Je sais que ce n'est pas facile pour l'entraîneur de faire jouer tout le monde en attaque. Aucune autre équipe n'a autant de grands joueurs que Paris." Qui en compte donc un de plus. Un de ces joueurs qui ne se contentent jamais d'une place sur le banc de touche. Et c'est connu : en football comme ailleurs, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

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