Qui est Erling Haaland, "la machine" à buts du Borussia que devront contenir les Parisiens ?

Ce mercredi 11 mars, le PSG accueille le Borussia Dortmund au Parc des Princes, en huitième de finale retour de la Ligue des champions. LCI vous présente cette affiche en cinq chiffres.
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PHÉNOMÈNE - Il marque plus de buts qu'il ne joue de matches. Recruté cet hiver par Dortmund à Salzbourg, Erling Haaland fait exploser les compteurs depuis son arrivée en Allemagne. Le buteur de 19 ans, puissant et adroit, a été l'atout majeur du Borussia face au PSG ce mardi en huitième de finale aller de la Ligue des champions.

Près de trois mois ont passé depuis que Dortmund a été tiré au sort pour jouer face à Paris. Et depuis, le BvB n'est plus tout à fait la même équipe. Au cœur de l'hiver, le Borussia a arraché le joueur qui manquait à Lucien Favre pour (re)dynamiser sa ligne d'attaque. Le club allemand a réussi l'exploit d'attirer Erling Braut Haaland, le "serial buteur" qui affolait les grands d'Europe. Un choix que le géant de 19 ans (1,94m, 87 kg) avait justifié ainsi à son arrivée dans la Ruhr : "J'ai aimé la façon dont (les dirigeants) m'ont parlé à ce moment-là et c'est ce qui m'a poussé à signer. J'ai senti que Dortmund et moi ferions un bon couple."

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Comparé à Mbappé... à tort

Éligible pour le huitième de finale de C1 contre Paris, qu'il a éclairé de tout son talent et d'un doublé, le grand blond est souvent comparé à tort à Kylian Mbappé, en raison de sa précocité et de son sens du but. Or, si le jeu du Français repose sur la vitesse et l'explosivité balle au pied, Haaland brille à la fois par sa puissance et sa justesse dans le dernier geste. Un profil plus proche de Zlatan Ibrahimovic. 

C'est ainsi qu'il s'est déjà rendu indispensable à son nouveau club. Avec 12 buts inscrits en 655 minutes de jeu, à peine plus de sept matches, l'ancien attaquant du RB Salzbourg n'a pas mis bien longtemps à rentabiliser l'investissement financier - 20 millions d'euros (hors commissions) - consenti par le Borussia. Fils d'Alf-Inge, international norvégien passé par Nottingham Forest, Leeds United et Manchester City, celui qui est surnommé "la Machine" a claqué un triplé pour sa grande première en Bundesliga contre Augsbourg (5-3). Des débuts en fanfare qu'il a confirmés avec deux doublés face à Cologne (5-1) et l'Union Berlin (5-0), un but contre le Werder Brême (2-3) puis un dernier face à l'Eintracht Francfort (4-0). Ponctués par un doublé, dont une mine supersonique, face au PSG (2-1), mardi en Ligue des champions.

Un "serial buteur" forgé par Solskjaer

Avec un but marqué toutes les 55 minutes avec Dortmund, le grand blond s'inscrit ainsi dans la lignée des grands buteurs norvégiens, à l'image de Tore André Flor, de l'ancien Lyonnais John Carew et, évidemment, d'Ole Gunnar Solskjaer. C'est d'ailleurs sous les ordres de l'ancien "super-sub" de Manchester United, alors fraîchement assis sur le banc de Molde, qu'il va changer de dimension. Repéré par le responsable de la cellule de recrutement, John Vik, il débarque en 2017 en provenance de Bryne, son club formateur, après qu'un désaccord salarial de 3000 euros a fait capoter son transfert à Hoffenheim. Couvé les premiers mois, le jeune Erling est placé volontairement sur la touche, le temps d'achever tranquillement sa croissance. Du haut de son mètre 94, il y gagne rapidement le surnom de "Manchild" ("l'homme-enfant" en français) et met le championnat norvégien à ses pieds : 12 buts en 25 matches et 4 buts en 5 rencontres de Ligue Europa.

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Molde devenu trop petit, le fils d'Alf-Inge - la papa qui avait précipité la fin de sa carrière après un tacle "assassin" de Roy Keane en 2001 - décide pourtant de ne pas brûler les étapes trop rapidement. Et c'est au RB Salzbourg, qui le débauche contre un chèque de 10 millions d'euros, qu'il choisit finalement de poursuivre son apprentissage début 2019. En mai, il participe à la Coupe du monde des moins de 20 ans avec la Norvège. Habitué à briller avec la sélection depuis les U15, il explose aux yeux du monde entier. Face au Honduras (12-0), il marque neuf buts entre la 7e et la 90 minute, du jamais-vu dans la compétition. 

Un jeune homme (pas si) pressé

De retour à Salzbourg, le phénomène Haaland ne faiblit pas. À l'entame de la nouvelle saison, le joueur dont les intérêts sont représentés par Mino Raiola, l'agent de Zlatan Ibrahimovic, Blaise Matuidi et Paul Pogba, inscrit 11 buts lors de ses sept premières rencontres, dont deux triplés contre Wolfsberger et Hartberg. Pour ses débuts en Ligue des champions, le 17 septembre dernier, il signe un triplé lors de la victoire (6-2) face à Genk. Seuls Raúl (18 ans et 113 jours) en 1995 et Rooney (18 ans et 304 jours) en 2004 l'ont fait plus tôt que lui (19 ans et 58 jours). Une précocité épatante qu'applaudit Jürgen Klopp. "C'est un merveilleux joueur, très jeune, très confiant, très rapide, qui semble avoir l'esprit clair et concentré", confie l'entraîneur de Liverpool, osant même déclarer que grâce à lui, "l'avenir du football norvégien est sauvé". 

Et Haaland lui donne raison puisqu'il ne s'arrête pas en si bon chemin. Aussi grand que puissant et adroit, il continue d'affoler les compteurs dans le championnat autrichien (16 buts et 6 passes décisives) et en Coupe d'Europe. Il devient, par ailleurs, le premier joueur dans l'histoire de la C1 à marquer lors de ses cinq premières apparitions (8 buts en 6 matches). De quoi éveiller l'intérêt des grands écuries européennes. Mais alors que les retrouvailles avec Ole Gunnar Solskjaer, parti à Manchester United, semblaient écrites, "EBH" surprend tout le monde, le 29 décembre dernier, en signant quatre ans avec Dortmund. 

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Moins de deux mois après son arrivée à Dortmund, ville jumelée avec Leeds, où il est né, le numéro 17 fait l'unanimité. Par ses qualités et son rendement, il force l'admiration. Son coach Lucien Favre est sous le charme. "Il s'est très rapidement adapté. Il a très vite montré ses qualités : sa puissance, ses appels en profondeur... C'est un garçon qui veut toujours aller de l'avant, que ce soit dans les matches ou à l'entraînement. Il a une mentalité fantastique", a indiqué l'entraîneur du BvB à la veille du choc contre Paris. "S'il manque une occasion à l'entraînement, il s'arrache les cheveux. Il veut toujours travailler." 

Des propos qui font écho à ceux tenus par l'ancien international allemand Thomas Berthold : "Il a la mentalité typique d'un attaquant, il a une certaine force et il a l'instinct du but. Il est bon pour marquer de la tête, et il a aussi un pied gauche très fort. Il faut être vraiment très prudent quand on joue face à lui." Un avertissement à peine masqué au PSG, qui a pu s'en apercevoir, ce mardi. Et devra, au retour, mercredi 11 mars, museler ce "sens du but" salué par Marquinhos au sortir du match aller. "C'est magnifique de jouer contre un joueur comme ça, surtout qu'il vient de commencer sa carrière", confiait le capitaine parisien Thiago Silva le samedi précédent après son nul à Amiens (4-4) en championnat. "Il est très motivé, mais le PSG aussi". Face à Paris, Erling Haaland l'était sans doute un peu plus.

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