Ligue des champions : quel écart entre la prime des Lyonnaises victorieuses et celle des garçons ?

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FOOTBALL - Les Lyonnaises ont enrichi leur incroyable palmarès d'une septième étoile en Ligue des champions, la cinquième de suite, dimanche soir. Pour quelle récompense financière, en comparaison avec celle reçue par les hommes ?

Cela n'atténuera sans doute pas leur joie profonde d'avoir triomphé jusqu'à un point encore jamais atteint, mais il y a tout de même de quoi faire grincer quelques dents au milieu de tous ces sourires. Ce lundi 31 août, au lendemain de leur victoire (3-1) contre Wolfsburg en finale de la Ligue des champions féminine, les joueuses de l'Olympique lyonnais, désormais fortes de sept victoires dans la compétition-reine, dont cinq d'affilée, ont découvert que L'Equipe, unique quotidien sportif français, a préféré consacrer sa Une du jour à la victoire d'étape de Julian Alaphilippe sur le Tour de France masculin.

"Triste reconnaissance", a ainsi tweeté, dépitée, la gardienne et capitaine de l'OL, Sarah Bouhaddi, vite rejointe par des représentants politiques, tels Cédric O, Secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, qui s'est, lui, fendu du message suivant sur le même réseau social : "Que L'Equipe fasse aujourd’hui sa Une sur le Tour et non sur la 7e Ligue des champions de l’OL dit à peu près tout des combats qu’il reste à mener... Auraient-ils fait de même si les garçons du PSG avaient gagné ?"

C'est le sempiternel débat autour de la parité entre hommes et femmes dans le sport. Parité dans la représentation, comme dans les rémunérations, l'une n'allant pas sans les autres, comme le rappellent, du reste, ceux qui considèrent ces différences comme justifiées au regard des audiences, lesquelles font venir les sponsors et augmentent les recettes. Pour reprendre ce dernier exemple, 6,7 millions de téléspectateurs ont vu Julian Alaphilippe s'imposer au bout de l'étape de la Grande Boucle dimanche, alors que la finale de la Ligue des champions féminine a réuni 1,7 million de Français.

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La rémunération reste cependant l'affaire des employeurs, rétorque le camp d'en face, et l'effort doit venir d'eux. Ce qui pose, en conséquence, la question du montant de la prime de victoire touchée par les Lyonnaises, en comparaison avec celle promise aux joueurs du PSG s'ils avaient battu le Bayern Munich dans la finale masculine. Eh bien, pour leur victoire dimanche, les Lyonnaises ont touché chacune 50.000 euros, tandis que les Parisiens auraient, eux, reçu... 500.000 euros.

Différences de budget

Un montant, dix fois inférieur, qui traduit effectivement la marge abyssale qui demeure entre hommes et femmes dans le football professionnel... Mais qu'il convient tout de même de nuancer en tenant compte des budgets des deux clubs. En effet, si l'OL dispose d'une force de frappe financière comparable à celle du PSG à la seule échelle des sections féminines, ce n'est plus le cas lorsque l'on considère les clubs en tant qu'entités, hommes et femmes confondus : 637 millions de budget prévisionnel sur la dernière saison pour Paris, contre 310 millions pour Lyon.

A ce titre, il est intéressant de noter que le 29 août, au lendemain de la qualification de ses joueuses pour la finale de la Ligue des champions, Jean-Michel Aulas, le président lyonnais, avait fait cette annonce, dans les colonnes de L'Equipe : "Après la demi-finale, je leur ai donné une prime qui était la même que celle donnée aux garçons après la Juventus. Parce que c'est du bonheur de diriger cette équipe." Certes, on est encore loin de la parité mais, de fait, l'OL contribue à ce qu'on s'en rapproche.

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