Avant les Bleus, l'Allemagne ne répond plus

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IMPLOSION - Sévèrement battue par les Pays-Bas (3-0) samedi à Amsterdam, la Mannschaft n'a toujours pas retrouvé le football qui l'avait portée sur le toit du monde en 2014. À l'heure de retrouver les Bleus mardi (20h45) pour un match de Ligue des nations, les Allemands et leur sélectionneur Joachim Löw n'ont plus le droit à l'erreur.

Par deux fois seulement les Allemands avaient perdu cinq rencontres dans la même année. C'était en 1956 sous la direction de Sepp Herberger et en 1985 sous celle de Franz Beckenbauer. Humiliée samedi aux Pays-Bas (3-0) en Ligue des nations, la Mannschaft a égalé son plus mauvais résultat sur une année calendaire, trois mois après son fiasco à la Coupe du monde en Russie, où elle a connu deux défaites contre le Mexique (1-0) et face à la Corée du Sud (2-0), qui ont conduit à une élimination inattendue dès la phase de poules. Un douloureux échec que l'Allemagne, convalescente, ne semble pas avoir encorebien assimilé.


Préoccupant à l'heure de se rendre à Paris pour les retrouvailles face à l'équipe de France, ce mardi (20h45). Accrochés à domicile par les Bleus (0-0) en septembre et giflés par les Oranje (3-0) samedi, les hommes de Joachim Löw affichent un piètre bilan (un point, zéro but inscrit) et voient la menace d'une relégation en Ligue B se rapprocher dangereusement. 

Joachim Löw, le coupable idéal ?

D'autant que les motifs d'espoir ne sont pas légion avant ce rendez-vous. Dans le jeu, les champions du monde 2014 sont à la dérive. Confirmé à la tête de la Mannschaft malgré la déroute allemande l'été dernier, Löw s'entête à poursuivre sur le chemin qui l'a mené droit dans le mur en Russie. Il n'arrive pas à réinventer le football pratiqué par son équipe. À la rue défensivement et muet offensivement, les Allemands n'ont plus grand-chose à voir avec l'équipe qui a dominé la planète football. Et ce ne sont pas les ajustements à la marge de l'ancien milieu de Fribourg, autrefois acclamé par la presse, qui y changent quelque chose.


De fait, qu'on le veuille ou non, lorsque une équipe va mal, on cherche un coupable à tout prix. On peut la juge aberrante ou pas mais c'est la règle et elle est immuable. Avec Joachim Löw, il est tout trouvé. Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne, lui attribuait dimanche matin la note de 6, la plus mauvaise note de l'échelle de valeur allemande, équivalent du zéro en France.

En douze ans et 168 rencontres sur le banc de la Nationalmannschaft, mis à part une défaite sans conséquence lors des éliminatoires de l'Euro 2008 face à la République tchèque (3-0), jamais Löw n'avait connu une telle déroute aux commandes des quadruple champions du monde. Une nouveau revers face aux Bleus mardi - pour son 169e match avec l'Allemagne, le record absolu de matches d'un sélectionneur allemand - scellerait assurément son sort. Il a d'ailleurs assuré "se concentrer entièrement sur la préparation de l'équipe avant le match à Paris contre la France, et pas sur le débat dans l'opinion publique" sur son avenir.

Les cadres aux abonnés absents

Au-delà de la faillite d'un homme, la mauvaise passe des Allemands - qui n'ont plus gagné depuis le 23 juin dernier à la Coupe du monde contre la Suède (2-1) - met en exergue la défaillance de tout un collectif. Joachim Löw a beau avoir ouvert la sélection aux jeunes et testé des dizaines de joueurs, il n'a jamais réussi à créer une alchimie ni à remplacer les leaders partis à la retraite comme Miroslav Klose, Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger et plus récemment Mario Gomez. 


"L'ossature de Löw des champions du monde 2014 est-elle encore la clé du succès ?" s'interrogeait justement Bild, au lendemain de la désillusion à Amsterdam. "Les problèmes de l'équipe ne tiennent pas seulement à l'attaque, mais aussi à l'animation défensive et à la construction du jeu", ajoutait de son côté la Süddeutsche Zeitung. Car, si l'Allemagne manque de réalisme devant, son assise défensive n'a jamais autant été mise à mal. Manuel Neuer, revenu de blessure après une saison blanche, tarde à retrouver son niveau d'autrefois tandis que la charnière Hummels-Boateng prend l'eau de manière inhabituelle.

Ce n'est donc pas dans les meilleures dispositions que l'Allemagne se déplace au Stade de France. Pourtant, alors que tous les voyants sont tous au vert, les Bleus n'en mènent pas large. Lucas Hernandez, en tête, redoute la réaction d'orgueil du voisin allemand. "Elle va vouloir remettre les choses en place très rapidement. Ce score, ça leur a fait du mal. Ils vont arriver avec beaucoup d'envie", a affirmé dimanche le défenseur de l'équipe de France."Ils vont chercher à rectifier le tir. Je m'attends à une formation très joueuse et solide, comme à l'aller (0-0)", a ajouté N'Golo Kanté. Ils le savent, il ne faut jamais tourner le dos à une bête blessée.

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