Dix ans plus tard, Juninho revient à Lyon, mais pour y faire quoi exactement ?

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FOOTBALL – Le Brésilien Juninho, légende de l’Olympique Lyonnais du temps où il menait le jeu et inscrivait de somptueux coups francs, est arrivé dimanche à Lyon. Alors qu’il doit être officiellement présenté mardi après-midi, les contours du rôle qu’il tiendra demeurent flous.

C’est un de ces noms magiques, qu’il suffit d’agiter pour calmer aussitôt une grogne de supporters, comme celui de Zidane avec les socios du Real Madrid. Certes, Juninho Pernambucano n’a jamais été Zinedine Zidane, mais à échelle lyonnaise, pas loin. Fin 2015, au plus fort d’une énorme crise sportive, le patron de l’OL, Jean-Michel Aulas, avait tenté d’en faire son entraîneur, puis de l’intégrer dans l’organigramme en tant que consultant, essuyant deux refus consécutifs... On comprend donc aisément la joie, très visible, du dirigeant quand il est venu accueillir l’icône, dimanche, à l'aéroport Saint-Exupéry.

Ce mardi après-midi, lors d’une conférence de presse, le club lyonnais actera, enfin, le retour de son roi, dix ans après son départ. Sans que l’on connaisse, pour l’heure, l’étendue exacte de son futur royaume. La plupart des médias évoquent un rôle de directeur sportif, terme par ailleurs confirmé ce lundi par le compte Twitter officiel de l’OL, mais il ne s’agit que d’un intitulé. Jean-Michel Aulas, lui, se veut, pour l’heure, plus évasif, évoquant tout juste une organisation "novatrice"... 

Surtout, il justifiait ainsi l’absence de directeur sportif depuis une décennie dans la hiérarchie de son club, le 12 mars dernier dans les colonnes de L’Équipe : "C’est pour avoir plus de transversalité. Dans l’organisation sportive, l’entraîneur est le personnage central, sa relation avec le président est constante et nous avons intégré Gérard Houiller, Vincent Ponsot et Florian Maurice (respectivement, conseiller du président, directeur général adjoint juridique et responsable de la cellule de recrutement, ndlr), qui participent à toutes les décisions."

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Lors de la prise de contact de 2015, Juninho se voyait encore comme entraîneur. Il a changé de projet de reconversion depuis, entamant ensuite une formation de manager à l’UEFA. L’idée de le voir débarquer en tant que "manager général" n’apparaît donc pas farfelue. Cette fonction, très peu répandue en France, est une pure spécificité anglaise, où l’entraîneur se voit attribuer la charge de définir la politique sportive d’un club, en plus de composer l’équipe disputant chaque match.

Juninho va arriver pour s’occuper de tout ce qui est recherche de nouveaux joueurs et avoir une fonction de développement qui sera amplifiée- Jean-Michel Aulas

Dans cette optique, le choix du nouvel entraîneur corrobore quasiment cette thèse, puisque il s’agira de Sylvinho, arrivé (littéralement) dans les bagages de Juninho dimanche à l’aéroport, un ancien international brésilien ayant jusqu’alors toujours officié en tant qu’adjoint, jamais comme entraîneur n°1, et que le nouvel homme fort de l’OL a choisi dans le but spécifique de travailler en binôme avec lui. "Avec Sylvinho, ça va être un peu plus facile. C’est quelqu’un qui a pratiquement été formé en Europe. On est prêt à commencer à travailler, à connaître les joueurs. On a vraiment envie de commencer", a ainsi confirmé Juninho dès sa sortie de l’avion.

Ce binôme dessine quelque chose comme un duo expérimental d’entraîneurs, où Juninho prendrait plus de hauteur par rapport au terrain, sans que Sylvinho ne vienne jamais rogner sur ses prérogatives (et sans doute réciproquement). Concernant le rôle exact de l’idole, Jean-Michel Aulas a aussi dit ceci la semaine dernière : "Juninho va arriver pour s’occuper de tout ce qui est recherche de nouveaux joueurs et avoir une fonction de développement et de recrutement qui sera amplifiée. Ses fonctions sont complémentaires de celles de Florian Maurice. Comme il connaît parfaitement bien l’Olympique Lyonnais et tout le football français et européen, on est fier de pouvoir l’associer à ce projet."

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Dit autrement : l’actuel responsable de la cellule de recrutement, français de nationalité, devra collaborer avec le nouveau boss du sportif. L’idée centrale étant de renouer avec une tradition ayant conduit à l’âge d’or lyonnais, et à sept titres de champion de France de rang, de 2002 à 2007. À l’époque, les hommes forts se nommaient en effet Juninho (donc), Cris, Claudio Caçapa, Edmilson ou Sonny Anderson. Tous Brésiliens. L’œil de Juninho, comme celui de Sylvinho, permettraient donc de reconquérir ce marché. Et de faire de juteuses plus-values sur la revente de jeunes pépites.

Quel que soit le pouvoir de Juninho, à Lyon, le recrutement s’effectue de manière collégiale- Paul Le Guen

S’il est donc, d’abord, concrètement là pour ça, c’est-à-dire pour sortir d’une approche purement franco-française, son rôle ira au-delà. Car il devra composer avec l’organigramme existant. "Quel que soit son pouvoir, à Lyon, le recrutement s’effectue de manière collégiale, un fonctionnement très intéressant", notait en effet son ex-entraîneur (de 2002 à 2005), Paul Le Guen, dans L’Équipe du 17 mai.

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L’ancien attaquant, et ancien coéquipier, Steve Marlet, soulignait, lui, sur le site du magazine So Foot : "Après la longue période de tensions autour de Bruno Genesio (entraîneur de fin 2015 à cet été, ndlr), la nomination de Juninho, c'est une respiration pour l'OL. Il incarne une période positive, les supporters sont totalement derrière lui, sa venue offre un répit dans la gestion du club. Après, vu l'ADN du club, il faut qu'il relance la machine à sortir des jeunes." Outre la nouveauté qu’il incarne dans le contexte de 2019, il s’agira, aussi, pour lui, de mettre son nez dans la formation, mais surtout d’utiliser sa popularité afin d'offrir un peu de "répit", et donc de temps, à son club, dans un environnement devenu bien plus pressurisant qu’il y a dix ans.

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