L'OM, les critiques, Marcelo Bielsa, l'Euro 2016... Les quatre vérités de Florian Thauvin

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FOOTBALL - Tête du turc de certains supporters marseillais mais "chouchou" de son entraîneur, Florian Thauvin ne laisse personne indifférent. Ce jeudi, l'international Espoirs se confie sur son évolution, sa perception des critiques, ses ambitions et la désormais fameuse méthode Bielsa.

Florian Thauvin n'a fait l'unanimité que durant un an. C'était lors de la saison 2012-13 à Bastia, celle qui l'a consacré meilleur Espoir de L1 et lui a permis de signer un premier gros transfert, à Lille. On connaît la suite : l'été venu, le jeune homme (21 ans aujourd'hui), sur les conseils de "Tonton Adil", son sulfureux agent, est parti au clash avec ses nouveaux employeurs et s'est retrouvé à l'OM sans avoir joué le moindre match avec le LOSC. Depuis, le prometteur milieu de terrain offensif traîne son image de "bad boy" comme un boulet. Et peine à convaincre les exigeants supporters marseillais, y compris en cette saison de renouveau sous la coupe de l'omnipotent entraîneur argentin Marcelo Bielsa. Dans un entretien fleuve que publie La Provence ce jeudi, celui que ses coéquipiers qualifient de "chouchou" du coach s'est confié comme jamais. Morceaux choisis.

La méthode Bielsa
"Cet été, durant une séance du matin, je n’étais pas très en forme, j’avais un peu la tête ailleurs. Je faisais moins les efforts, je me sentais moins bien. Involontairement, j’étais moins impliqué. Le coach l’a vu. C’est quelque chose qu’il ne supporte pas. Il n’y a pas eu de clash, on a eu une discussion, il a senti que j’avais besoin de repos. Il a jugé que c’était mieux pour moi, et pour tout le monde, que je rentre me reposer et que je revienne en forme le lendemain. Je suis rentré chez moi très tendu, énervé. J'ai dormi tout l’après-midi, je me suis réveillé vers 18-19h et là, je me sentais mieux, poursuit-il. Ça m’a fait du bien et par la suite, je me suis rendu compte qu’il avait eu entièrement raison d’agir comme il l’a fait."

Les critiques
"Quand vous dites que je peux en faire trop, cela ne m’agace pas, car vous avez raison. J’en suis tout à fait conscient, je dois progresser dans ce domaine. J’ai une qualité, l’élimination, dont je dois me servir à bon escient. Je dois aussi davantage lever la tête. C’est une critique qui fait avancer... Le côté nonchalant, en revanche, je ne suis pas d’accord. Par moments, je peux donner cette image, mais c’est naturel, ce n’est pas fait exprès. On ne peut pas changer une personne. Vous pouvez appeler le coach que j’avais à treize ans, au centre de préformation de Châteauroux, il vous dira que j’étais déjà nonchalant à l’époque. Toute la semaine, je travaille comme un fou. Je rentre chez moi, je suis cassé, j’ai mal, je n’en peux plus. Quand je fais un mauvais match, j’ai la tête en feu. Tout donner et se faire assassiner le lendemain, ça fait mal. On a l’impression que le travail ne paye pas. Même si je sais dépasser les critiques, ça me dérange de les entendre."

L'OM
"Quand on est joueur ici, on sait que dans la vie de tous les jours et sur le terrain, on se doit d’avoir un comportement irréprochable. On n’a pas le temps de se reposer sur ses lauriers. J’ai eu beaucoup de matches difficiles depuis le début de saison, mais je me suis toujours investi à 200%. C’est pour cela que les gens ne m’en veulent pas. Nous sommes humains, chaque sportif a des périodes moins bonnes que d’autres. Depuis que je suis à l’OM, je vis les moments les plus compliqués de ma carrière dans ma tête. Tous les jours, on affronte des épreuves. Au niveau sportif, il faut toujours être bon. Je suis jeune et se faire taper dessus, ça fait toujours mal."

L'Euro 2016
"Je travaille pour ça. Il reste encore un an et demi, c’est à la fois très long et très court. Ça va être compliqué parce que je ne fais toujours pas partie du groupe, mais si je suis performant en club, j’espère que le sélectionneur pourra me prendre. Je fais beaucoup d’efforts, j’enchaîne les courses les courses pour défendre, un domaine dans lequel j’estime avoir beaucoup progressé. C’est sûr qu’après, c’est compliqué pour attaquer. Je n’ai plus forcément la lucidité pour bien terminer mes actions. C’est flagrant sur les derniers matches. Mais je travaille mon volume de jeu."

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