Lyon - FC Séville : retour au pays délicat pour Samir Nasri ?

Lyon - FC Séville : retour au pays délicat pour Samir Nasri ?
Football

LIGUE DES CHAMPIONS - Annoncé titulaire face à l'OL mercredi soir (20 h 45), un match décisif dans la qualification aux 8es de finale, l'ex-attaquant de l'OM et des Bleus n'a plus joué en France depuis 2013. Et les retrouvailles avec le public tricolore, auprès duquel Samir Nasri jouit d'une mauvaise image, s'annoncent tendues. Explications.

Du minot au mauvais garçon

Si l'on retient, à juste titre, de son éclosion marseillaise à seulement 17 ans un jeune joueur au talent prometteur et son surnom du "Petit Prince", au sein du club phocéen, Samir Nasri a aussi montré son côté sombre. Comme le raconte L'Équipe dans un article fouillé, confirmant ainsi les dires de Mathieu Valbuena et son statut de tête de Turc d'une partie du vestiaire lors de ses débuts à Marseille (2006-2014), le minot a parfois aussi joué les durs. "Il y a toujours eu du mépris chez Samir vis-à-vis de Mathieu qui venait du National", confie ainsi au quotidien sportif un joueur de l'époque. Moqueries, contacts rudes à l'entraînement et mises à l'écart, Nasri, en compagnie de Franck Ribéry ou Habib Beye, va parfois trop loin au point que Ronald Zubar n'est pas loin d'en venir aux mains pour défendre son coéquipier et que José Anigo, alors directeur sportif, est obligé de taper du poing sur la table...

Décalage prétentions/prestations

Transféré pour 17 millions d'euros à Arsenal pendant l'été 2008, Samir Nasri semble avoir fait le meilleur choix en rejoignant Arsène Wenger et son savoir-faire pour faire franchir des paliers aux joueurs français. Ses premiers pas n Premier League sont d'ailleurs très convaincants, et le garçon devient de plus en plus sûr de lui lors de ses interventions médiatiques. Jusque-là, les faits lui donnent raison puisqu'il est sacré meilleur joueur français de l'année 2010 par France Football et que quelques mois plus tard (en juillet 2011), il signe à Manchester City contre 28 millions d'euros et un contrat en or qui fait de lui le footballeur français le mieux payé de l'histoire (10,7 millions d'euros par an). C'est là que les choses commencent à se gâter pour Nasri, puisque, entre les blessures et une implication jugée limitée par les supporters, jamais il ne parviendra à complètement s'imposer chez les Citizens. Au point d'être prêté à Séville lors de l'arrivée de Pep Guardiola, afin de retrouver du temps de jeu.

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L’Archive du jour : Nasri meilleur joueur de l'année en Premier League

Clashs et insultes en Bleu

Champion d'Europe des moins de 17 ans en 2004, Samir Nasri, au côté de Karim Benzema, Hatem Ben Arfa et Jérémy Ménez, est l'un des représentants de la fameuse génération 1987. Sélectionné en équipe de France A par Raymond Domenech à seulement 19 ans, le garçon semble en effet bien destiné à donner une dimension supplémentaire à sa carrière grâce à la sélection qui se cherche alors "le nouveau Zidane". Mais rien ne s'est finalement passé comme prévu. En cause, un accrochage pour une place de bus réservée aux anciens pendant un Euro 2008 complètement raté par les Bleus, une absence à la Coupe du monde 2010 qui découle de ses mauvais rapports avec ses ex-partenaires chez les Gunners et tauliers en sélection que sont William Gallas et Thierry Henry et, beaucoup plus grave, des conflits ouverts avec la presse et les sélectionneurs qui ont succédé à Domenech. 

Ainsi, lors de l'Euro 2012, alors que Laurent Blanc dirige l'équipe de France, Nasri inscrit le but égalisateur contre l'Angleterre au cours du premier match (1-1) mais adresse un "Ferme ta gueule !" en direction de la tribune réservée aux médias. Plus tard dans cette même compétition, juste après l'élimination des Bleus en quart de finale contre l'Espagne, il s'est en plus sévèrement accroché avec un journaliste. Deux incidents qui avaient motivé la Fédération à le suspendre pour trois matches. Cela n'avait pas empêché Didier Deschamps de lui donner une seconde chance, avant, finalement, de ne pas le conserver pour le Mondial 2014. Envoquant qu'il "n’est pas content quand il est remplaçant. Ça se sent et se ressent". Une non-sélection qui avait poussé Nasri à prendre sa retraite internationale et sa compagne d'alors, Anara Atanes, à copieusement insulter le sélectionneur et la France sur Twitter : "Nique la France et nique Deschamps ! Quel entraîneur de merde". Le tout entérinant sans doute définitivement le divorce entre Nasri et le public tricolore.

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La copine de Nasri insulte la France et Deschamps sur Twitter

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