Lyon-Juventus : Bruno Guimarães, l'adaptation supersonique d'un futur crack

Bruno Guimarães a livré une prestation de haut-vol mercredi contre la Juve.
Football

PROMESSES - Pour son premier match européen avec Lyon, la recrue hivernale Bruno Guimarães a été particulièrement en vue contre la Juventus Turin (1-0) mercredi en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Le Brésilien de 22 ans, omniprésent dans le cœur du jeu, semble déjà avoir trouvé sa place dans le collectif rhodanien.

À Lyon, il est déjà un peu comme chez lui. Débarqué le 10 février dans le Rhône, après avoir participé au tournoi pré-olympique sud-américain avec le Brésil - lors duquel il a été élu meilleur joueur -, Bruno Guimarães a mis tout le monde d'accord. Après une première sortie remarquée vendredi à Metz (0-2), où il a semblé plutôt à l'aise, le transfuge de l'Athletico Paranaense a enchanté l'OL mercredi 26 février lors de la victoire face à la Juve (1-0) en huitième de finale aller de la Ligue des champions. L'enfant de Rio, préféré à Thiago Mendes pour évoluer dans l'entrejeu, a captivé par sa faculté à entrer dans le moule lyonnais. 

Aligné dans un milieu à trois avec Houssem Aouar, désigné "homme du match", et Lucas Tousart, unique buteur de la rencontre, le milieu auriverde de 22 ans a répondu présent pour sa première apparition en C1. Le capitaine de la sélection olympique, juste dans ses choix et ses placements, a fait parler son talent balle au pied. Deuxième Lyonnais à avoir le plus touché le cuir (68 ballons), il a orchestré à sa guise le jeu. Doté d'une capacité rare à casser les lignes adverses, aussi précis du gauche que du droit (96,4% de passes réussies dans le camp adverse, record du match), Guimarães a sans cesse combiné offensivement avec ses partenaires. Sans pour autant oublier d'épauler sa défense, avec 4 interceptions et 7 duels gagnés.

Il ne perd pratiquement jamais le ballon- Rudi GARCIA, l'entraîneur de Lyon

"C'est un joueur qui voit clair, qui est technique, qui ne perd pratiquement jamais le ballon, à qui on peut le donner pour fluidifier ou écarter le jeu. Techniquement, il est très bon et notamment dans les petits espaces et le jeu court", a salué son entraîneur Rudi Garcia sur RMC Sport, évoquant le profil "box-to-box" (un joueur capable de se projeter d'une surface à l'autre) de sa recrue hivernale. "Bruno a été très intéressant. Là où je le connaissais un peu moins c'est sur le plan défensif, et là aussi il a été intelligent, il a coupé les trajectoires, même si ce soir c'est un travail collectif, parce qu'il a fallu s'employer."

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Positionné en sentinelle devant la défense, le milieu brésilien - refusé par Fluminense et Botafogo à l'adolescence - n'a pas paniqué quand il fallait porter le ballon. Il a même montré qu'il sait et aime prendre des risques par un dribble ou du jeu longue distance. Son activité a permis à la fois à Lyon de remporter la bataille du milieu et à Houssem Aouar, libéré, de rayonner de tout son aura. Pourvu d'une gros volume de jeu, Guimarães s'est aussi beaucoup dépensé (12,71 km parcourus), ne rechignant pas à faire l'effort pour le copain d'à côté. Mais, faute de rythme, il a a logiquement levé le pied en seconde période.

Le contre-coup de débuts précipités. "Il a fallu l'intégrer vite, à Metz, et le remettre aujourd'hui. Ce n'était pas sûr qu'il puisse aller au bout aujourd'hui", a ajouté l'ancien coach de l'OM, qui a pourtant choisi de ne pas le faire sortir. Ce coup de moins bien a toutefois failli entacher sa première en Ligue des champions. En toute fin de match, alors que le score était de 1-0 en faveur de l'OL, l'ancien de Paranaense est passé tout près de concéder un penalty (89e). Sa main baladeuse sur le torse de Paulo Dybala dans la surface lyonnaise n'a pas été sifflée par l'arbitre Jesus Gil Manzana, conforté dans sa décision par le VAR.

Il a toutes les qualités pour devenir un grand joueur- Juninho, le directeur sportif de Lyon

Hormis ce fait de jeu litigieux, Bruno Guimarães a confirmé les belles promesses entrevues à Metz. Avec ses compères du milieu, il a marché sur le trio turinois Rabiot-Pjanic-Bentancur. De quoi régaler Juninho, le directeur sportif des Gones, à l'origine de sa venue à Lyon cet hiver contre 20 millions d'euros. "Il a été très bien formé, ce qui est rare au Brésil. Il a beaucoup d'humilité, il a toujours envie d'apprendre et on comprend qu'il a la capacité de voir des situations en amont", s'est réjoui la gloire de l'OL dans les années 2000. "Quand je suis arrivé en début de saison, j'ai dit qu'il fallait un joueur devant la défense, qui équilibre, qui donne du rythme, change de côté, décide de temps en temps de garder un peu plus le ballon."

Et, à en croire "Juni", la marge de progression du Brésilien sous les couleurs de Lyon est immense. "C'est vraiment un très bon joueur et il a toutes les qualités pour devenir un grand, grand joueur. Je pense qu'il sera appelé pour la première fois après une telle prestation...", a-t-il prédit. Deux scouts de la Seleção étaient d'ailleurs dans les tribunes du Groupama Stadium pour l'observer mercredi face à la Juventus. À coup sûr, ce qu'ils ont pu voir leur a donné envie d'en voir beaucoup plus. Nous aussi.

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