Lyon-Rennes en demi-finale de la Coupe de France : avec Bruno Genesio, l’OL veut jouer la prolongation, mais...

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FOOTBALL – L’Olympique lyonnais reçoit le Stade rennais ce mardi soir pour atteindre la finale de la Coupe du France. Le soir même, le président du club rhodanien, Jean-Michel Aulas, est censé annoncer s’il prolongera, ou non, le contrat de son entraîneur, le contesté Bruno Genesio.

"Jean-Michel Aulas ne fait jamais rien par hasard", nous avait affirmé, il y a peu, Armand Garrido, qui travaille au côté du président lyonnais depuis 1988. Force est pourtant de constater qu’à la veille de la demi-finale de Coupe de France, ô combien cruciale pour son club, entre Lyon et Rennes, la stratégie du dirigeant manque de lisibilité, concernant l’épineux sujet de l’avenir à court terme de son entraîneur Bruno Genesio, dont le contrat actuel expire le 30 juin prochain.

Une prolongation sous condition

Le coach, bien qu’ayant effectué toutes ses classes à l’OL et ayant obtenu des résultats globalement satisfaisants depuis sa nomination le 24 décembre 2015 (vice-champion de France en 2016, une demi-finale de Ligue Europa en 2017, une 3e place en L1 2018), est fortement contesté par les supporters, qui n'ont de cesse de lui reprocher l’irrégularité chronique de l’équipe et une absence de fonds de jeu. Comme en a témoigné la banderole déployée lors du dernier match du précédent championnat au mois de mai : "Bruno, ton amour pour l’OL t’honore mais il est temps de tourner la page."

Alors, cette saison, Jean-Michel Aulas avait décidé de conditionner l’éventuelle prolongation de son bail aux résultats, avec comme objectifs une place sur le podium final de la Ligue 1 et une victoire dans une des deux coupes nationales. Sauf que, depuis le début de l’année 2019, le dirigeant a décalé par deux fois l’échéance de cette annonce, initialement prévue en mai, avancée au 31 mars, puis l'a enfin fixée à ce mardi 2 avril. Avant même ce week-end où l’OL a, a priori, d’ores et déjà conforté sa place dans le trio de tête, en prenant 8 points d’avance sur l’OM, 4e, à 8 matchs du terme du championnat.

Mais mathématiquement, rien n’est encore fait (il y a deux journées, les Marseillais se trouvaient encore à 3 points), et même si les Lyonnais se qualifient ce mardi soir, il restera encore une finale à disputer le 27 avril, possiblement face au PSG... Pourtant, ces derniers jours, Le Parisien, RTL et L’Équipe ont tour à tour dévoilé que la prolongation de l’entraîneur pour au moins deux années supplémentaires était déjà actée. Ainsi, Bruno Genesio, interrogé là-dessus vendredi soir sur Canal+ dans la foulée d’une convaincante victoire à Rennes (0-1) en Ligue 1, a lâché, dans un sourire plein de malice : "Bien évidemment, je sais ce qu’il (Jean-Michel Aulas) vous dira mardi soir."

Certes, ce sourire pouvait être ironique ("Faites attention, parfois je masque mes émotions en souriant", a ajouté le coach pour atténuer sa portée), il n’empêche : le timing de cette annonce interroge fortement. Au point que Jean-Michel Aulas a dégainé son smartphone, dimanche, pour tenter de clarifier la situation : "Comme évoqué avec tous les groupes de supporters, la décision relative à Bruno Genesio sera prise lundi soir par le comité de gestion qui est souverain et la tendance n’est pas obligatoirement celle qui est exprimée dans L’Equipe ce(dimanche) matin."

Notons que, dans ces tweets, le président lyonnais, qui avait gentiment taclé l’OM fin janvier sur la prolongation précipitée de son entraîneur Rudi Garcia ("J’ai vu que dans d’autres clubs, et en particulier dans le Midi, les signatures d’entraîneurs pouvaient engendrer de moins bons résultats."), évoque, pour la forme, le comité de gestion, composé d’actionnaires et d’investisseurs acquis à sa cause, mais il cite surtout "les groupes de supporters", qu’il sait, eux, mécontents d’une telle issue.

Dans son article de dimanche consacré au sujet, que Jean-Michel Aulas décrit tout de même comme "plein de sensibilité et d’informations", manière de lui reconnaître une forme de véracité, L’Équipe apporte cependant une précision de taille, puisqu’il assortit la perspective de cette prolongation de la mention "sauf catastrophe sportive d'ici la fin de la saison"...

Dit autrement : si annonce de prolongation il y avait effectivement mardi soir, celle-ci resterait néanmoins soumise à condition. Et il est donc permis de penser qu’une élimination prématurée ce mardi, avant même d’atteindre la finale, aurait des conséquences directes de ce point de vue, sachant que l’OL attend de remporter la Coupe de France depuis 2012, son dernier trophée en date. Et que la crispation autour de l’entraîneur a rendu l’atmosphère irrespirable autour du club.  

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