Manchester City-Chelsea (0-1) : le coup de génie de José Mourinho

Manchester City-Chelsea (0-1) : le coup de génie de José Mourinho

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PREMIER LEAGUE - À ceux qui se demandaient encore pourquoi il s'était autoproclamé "The special one" (l'élu) il y a bientôt dix ans, José Mourinho, l'entraîneur emblématique de Chelsea, a adressé une réponse cinglante lundi soir en l'emportant (0-1) sur la pelouse d'un Manchester City en pleine bourre grâce à une prestation tout en maîtrise tactique et en intelligence collective. Non sans avoir, au préalable, savamment fait monter la sauce dans les médias.

Ceux qui avaient misé sur Chelsea, opposé à Manchester City lundi soir dans le choc majuscule de la 24e journée de Premier League, ont tiré le gros lot. On pense, bien sûr, aux parieurs, toujours nombreux en Angleterre, mais surtout au coach des Blues, José Mourinho, qui, en s'imposant (0-1) sur la pelouse de l'Etihad Stadium après l'avoir déjà emporté (2-1) à l'aller le 27 octobre, réalise un drôle de tour de force. Outre le fait d'avoir pris six points à une équipe qu'il déteste, l'entraîneur portugais est en effet l'auteur d'un coup retentissant : les Citizens restaient sur une impressionnante série d'invincibilité de douze matches, dont huit victoires d'affilée, ayant inscrit 115 buts en 37 matches (!!!). Selon certains observateurs, il s'agirait même de "la meilleure équipe du monde".

"La meilleure équipe du monde ? On verra ce qu'ils font en Coupe d'Europe. Mais, pour ça, la première chose, c'est de connaître le règlement de la compétition", avait sèchement taclé Mourinho avant le match , dans une fourbe référence à l'aveu de Pellegrini (le coach de City, qu'il hait depuis une polémique les ayant opposés en Espagne il y a deux ans, ndlr), qui avait publiquement admis ne pas savoir que son équipe pouvait terminer première de sa poule en inscrivant un but de plus à Munich face au Bayern, où City s'était imposé (3-2) le 10 décembre. C'était à la fois une manière de faire grimper la tension dans le camp adverse tout en focalisant la pression sur lui, mettant ainsi ses joueurs à l'abri. Un grand classique du "Special one", même si, cette fois, face à un adversaire si sûr de sa force, beaucoup pensaient que ces mots finiraient par lui revenir en pleine poire.

José Mourinho : "Cela nous servira pour être favori l'an prochain"

Et qu'a-t-on vu ? Une équipe de City incapable de percer le coffre fort adverse, ni même de faire circuler correctement le ballon, désarticulée qu'elle était par le pressing sans relâche des Blues, auteurs d'un but opportun sur une impeccable frappe du droit d'Ivanovic à la 32e, mais aussi de trois poteaux indiquant que Chelsea pouvait même espérer mieux. Après la rencontre, Mourinho aurait pu fanfaronner. Mais il ne l'a fait que de manière indirecte : "Réussir à jouer comme ça, contre une équipe fantastique, c'est impressionnant. Cette saison, gagner le titre, ce n'est pas notre responsabilité. D'autres équipes (coucou Manchester City, désormais 2e à égalité de points avec les Blues, à deux unités du leader Arsenal, ndlr) doivent avoir cet objectif."

Puis de continuer à se projeter sur l'année à suivre, pour mieux enfoncer le couteau : "Je veux commencer la saison prochaine en disant ouvertement : 'Cette année, on est mature, solide dès le 1er match et on est candidat'. Mais là, je ne peux pas encore dire ça. Cela nous servira pour être favori l'an prochain. C'est déjà un pas très important car courir à 15 points des meilleurs ne fait pas progresser." Rayon mauvaise foi, son homologue de City est même allé encore plus loin, osant un piteux : "De toute façon, ce match n'était pas décisif pour nous." Alors il a fallu se tourner vers John Terry, le capitaine des Blues, pour bien comprendre ce qu'il venait de se passer : "Nous avons montré beaucoup de caractère et on s'est procuré de nombreuses occasions. On avait passé les derniers jours à travailler sur leurs forces et leurs faiblesse. Et ça, c'est typique de Jose Mourinho." Amen.

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