Matchs le week-end, système de relégation européen... La Ligue des champions en passe de faire sa révolution ?

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FOOTBALL - Une première réunion a lieu ce mardi entre l'association représentant les grands clubs européens (ECA) et l'UEFA pour "discuter du futur des compétitions de clubs après 2024", dont la Ligue des champions…

Il est rare qu’un grand quotidien américain s’attarde à parler de football, ou plutôt de soccer comme ils disent, et encore plus rare qu’il s’agisse du Wall Street Journal, véritable institution de la presse US traitant exclusivement l’actualité économique et financière, sous un angle délibérément conservateur. Et pourtant, lundi, le vénérable titre a consacré un long article dans ses colonnes aux "changements radicaux à venir en Ligue des champions", la compétition-reine du football de clubs (de loin la plus lucrative), révélant au passage la tenue, ce mardi, d’une "réunion secrète" potentiellement explosive au siège suisse de l’Union des associations européennes de football (UEFA).

L’instance, en charge de l’organisation des compétitions continentales de football, a d’ailleurs confirmé, via un porte-parole sollicité par l’AFP, la véracité de cette réunion. Mais préfère la qualifier de "séance de réflexion informelle", pour un "premier échange d'idées" avec les représentants de l’ECA (European Club Association), regroupant les clubs les plus puissants du Vieux Continent (et donc du monde) pour préserver (ou renforcer) leurs intérêts. 

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Selon le Wall Street Journal, l’objet de cette réunion, initialement censée rester bien plus discrète, est de mettre sur la table des négociations plusieurs sujets clivants, tels qu’un projet de Ligue des champions qui se jouerait le week-end (et non plus en milieu de semaine), avec un minimum de 14 matchs à disputer (contre huit actuellement) pour chacune des 32 équipes participantes, et surtout un système de promotion-relégation continental, dans lequel seulement quatre équipes chuteraient, en fin de saison, à l’échelon inférieur. Manière de protéger pour de bon les clubs les plus riches de ce genre de contrariétés, et en conséquence de maintenir les clubs lambda dans l’ombre.

Une "fiction" ou un "rêve"

Il va sans dire que de tels changements bouleverseraient toute la tenue des championnats nationaux, et créeraient des mécontentements sans précédent. Cela renvoie, aussi, aux révélations des "Football Leaks" en novembre dernier, évoquant le projet de création d'une Super Ligue européenne fermée rassemblant 16 grands clubs du continent, dont le Real Madrid et le FC Barcelone, et gérée par une société privée espagnole. Cette idée, du reste, trotte dans la tête de l’ECA depuis un moment. C’est elle qui avait ainsi déjà poussé l’UEFA à réformer la Ligue des champions en garantissant quatre accès directs à la phase de groupes aux quatre principaux championnats européens (Espagne, Allemagne, Angleterre, Italie) en août 2016.

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Le dirigeant du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge, ex-président de l’ECA, s’était dit "irrité" par l'article des "Football Leaks", assurant que son club resterait "fidèle à son affiliation à la Bundesliga (le championnat allemand) et aux compétitions de l'UEFA". Et de son côté, l’UEFA avait affiché son opposition à une telle proposition, dénonçant une "fiction" ou un "rêve", et parlant en décembre d'un plan pour l'avenir du football européen... basé sur une refonte du calendrier avec, peut-être, moins de football national et plus de compétitions européennes. Nous y voilà.

Une réforme accélérée ?

En réaction à l’article du Wall Street Journal, l’instance européenne affirme cependant qu’il n’y aura "pas de discussion sur des formats spécifiques, ni sur des matchs européens le week-end" durant cette réunion, mais plutôt "le début d'une réflexion à laquelle prendront part les autres parties prenantes dans les mois à venir avant que des propositions concrètes soient développées et décidées" d’ici 2024. Le Wall Street Journal fait toutefois état de la volonté de plusieurs clubs de l’ECA d’accélérer la réforme afin que les changements soient effectifs dès 2021... Une certitude : si l’on n’y est pas (encore), ce mardi marque bien quelque chose comme le point de départ d’une révolution.

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