Mercato : ça vaut quoi Renato Sanches, "la recrue spéciale" du LOSC ?

Football

TRANSFERT - Recrue la plus chère de l'histoire du LOSC, Renato Sanches a été officiellement présenté ce lundi. Le champion d'Europe portugais, transfuge du Bayern Munich où il n'a pas laissé un grand souvenir, débarque dans le Nord avec l'ambition de confirmer qu'il n'est pas une énième étoile filante du ballon rond.

Il est la recrue phare du LOSC version 2019-2020. Révélation portugaise lors du dernier Euro en France, Renato Sanches a été présenté lundi 26 août au Domaine de Luchin, où il s'est engagé pour les cinq prochaines saisons avec les vice-champions de France. Avec l'arrivée de l'ancien milieu du Bayern Munich, Lille frappe un grand coup dans la dernière ligne droite du mercato et rassure sur ses ambitions, après les départs de Nicolas Pépé à Arsenal, Rafael Leão au Milan AC, et Thiago Mendes à Lyon. 

Pour s'offrir cette "recrue spéciale du fait de son talent et son expérience dans un grand club", selon les mots de Marc Ingla, le directeur sportif lillois, les Dogues n'ont pas hésité à sortir le chéquier. Le club nordiste a déboursé 20 millions d'euros (plus divers bonus) pour acquérir l'international lusitanien qui vient de fêter ses 22 ans. Joueur le plus cher de l'histoire du LOSC, Renato Sanches a choisi Lille parce qu'il voulait "un club qui avait vraiment besoin de (lui), un club où (il se sentira) utile."

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Acheté pour moins de 1000 euros

Bien avant de s'installer dans le Nord, Renato Sanches a eu une vie bien remplie. Officiellement né le 18 août 1997, dans un quartier défavorisé de Lisbonne, ce fils de parents d'origine cap-verdienne n'est déclaré à l'état civil portugais que lorsqu'il a 5 ans. Peu après sa naissance, son père émigre en France et ne prend pas le temps de régulariser la situation du jeune Renato, âgé de 5 mois à l'époque. Un laps de temps qui fait naître, par la suite, des suspicions sur son âge réel.

De retour au pays avec toute sa famille, ce fan de Clarence Seedorf commence le foot à 8 ans et intègre son premier club, l'Águias da Musgueira. Il se fait très vite remarquer sur les terrains. Repéré par Benfica, il signe dès la saison suivante pour le club lisboète, qui l'acquiert pour un peu moins de 1000 euros. En 2014, à l'âge de 17 ans, il intègre l'équipe réserve benfiquiste puis effectue ses premiers pas avec l'équipe première un an plus tard. Malgré son jeune âge, Renato s'impose progressivement comme un titulaire. Le 4 décembre 2015, il devient le plus jeune buteur de Benfica au XXIe siècle avec un bijou. 

L'ascension fulgurante d'un Golden Boy

Redoutable dans les duels, capable de casser les lignes adverses et doté d'une grosse force de caractère sur le terrain, le Lisboète attire les convoitises. Ses qualités intrinsèques font rêver les grands d'Europe, qui le suivent avec une attention toute particulière. Conscient d'avoir une carte à jouer, il fait le grand saut l'année suivante. À la mi-mai, alors que le Manchester United de José Mourinho fait le forcing pour le récupérer, le Bayern Munich le convainc de rejoindre l'Allemagne. Le club bavarois l'arrache finalement pour 35 millions d'euros (avec des bonus pouvant faire grimper le tout jusqu'à 80 millions). 

Un transfert qui tombe à pic, juste avant l'Euro 2016 en France, qu'il remporte avec le Portugal en devenant, à la fois, le plus jeune Lusitanien à participer à une compétition internationale face à l'Islande (à 18 ans et 301 jours) et le plus jeune buteur de l'histoire de l'Euro en phase à élimination directe contre la Pologne (1-1, 5 t.a.b à 3). Pendant le tournoi, ses performances prometteuses sont étudiées sous toutes les coutures. Devenu presque incontournable chez les champions d'Europe portugais, il se voit décerner le Golden Boy, sorte de Ballon d'Or pour les jeunes joueurs de moins de 21 ans évoluant en Europe.

Des promesses sans lendemain

Son chemin vers la gloire semble alors tout tracé. Mais, dès son arrivée à Munich, Renato Sanches déchante. Fatigué au sortir de sa saison pharaonique, il tarde à trouver ses marques dans ce nouveau championnat. Dès sa première saison, amputée par une déchirure musculaire qui l'a empêché de bien suivre la préparation, le jeune Lusitanien ne dispute pas un match en entier. Prêté l'été suivant à Swansea, son physique le trahit et l'expérience en Premier League tourne court. Comme un signe, il perd sa place en équipe nationale, n'est pas convoqué pour la Coupe des Confédérations et voit la Coupe du monde lui passer sous le nez. Revenu en Bavière au début de l'exercice 2018-2019, il ne convainc pas non plus Niko Kovac, son nouvel entraîneur, de miser sur lui. Il boucle la saison avec seulement 23 matches au compteur, bien trop peu pour l'ancien pilier de Benfica.

Face à une situation devenue intenable en Bavière, où il était barré par la concurrence, le jeune Renato n'a pas d'autre choix que de partir. C'est finalement à Lille qu'il a choisi de s'établir. Et le milieu "box-to-box" semble bien décidé à rattraper le temps perdu. "Je crois que dans le foot, on passe par des bons et des mauvais moments, quand ce sont les mauvais, il faut continuer à travailler", a-t-il déclaré lors de sa présentation à la presse. "Je crois que j'ai les qualités pour être un bon joueur. J'ai déjà gagné des titres mais mon but est d'en conquérir d'autres. Si je continue à travailler, je serai récompensé. C'est pour cela que je suis ici." À Lille, il pourra compter sur une grande communauté lusitanophone pour retrouver la confiance perdue.

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