Mercato : Adrien Rabiot arrive-t-il à la Juventus pour chasser Blaise Matuidi ?

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FOOTBALL – Depuis ce lundi, Adrien Rabiot est officiellement un joueur de la Juventus de Turin. En parallèle, des rumeurs de plus en plus insistantes poussent Blaise Matuidi vers la sortie. Coïncidence ? Sans doute pas.

Évacuons d’emblée ce qui pourrait faire polémique dans cet article : Adrien Rabiot et Blaise Matuidi s’adorent, sans être particulièrement proches, et se respectent mutuellement. En témoigne cette déclaration, lâchée par le premier nommé en 2016, à l’époque où les deux joueurs se trouvaient en concurrence pour la même place au PSG et en équipe de France : "Blaise, c’est un modèle. Je pourrais le voir comme un rival, mais c’est quelqu’un que je connais bien, avec qui j’ai l’habitude de travailler, et c’est surtout un exemple parce que c’est un mec qui ne lâche jamais rien et qui a toujours envie de plus. Je pense que c’est la bonne mentalité, celle qui peut que nous tirer vers le haut, et je crois que c’est aussi pour ça que je suis là. Avoir des joueurs comme lui devant moi, c’est forcément très bénéfique."

Concurrence frontale

Il n’empêche : juste avant qu’Adrien Rabiot ne devienne officiellement un joueur de la Juventus ce lundi, plus précisément dans les jours qui ont précédé son arrivée à Turin, la rumeur affirmait que Blaise Matuidi lui recommandait plutôt de rester à Paris, et donc de trouver un moyen d’y prolonger son contrat. Comme s’il sentait, au fond de lui, que son cadet allait, fatalement, le priver de temps de jeu, alors que le taulier des Bleus, en deux saisons en Italie, et contrairement au nouvel arrivant, a eu le temps, et le talent, de bétonner son statut de titulaire indiscutable sous le maillot bianconero.

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De fait, les deux hommes évoluent encore au même poste de relayeur gauche dans un milieu à trois. Durant leurs cinq ans ensemble au PSG, de 2012 à 2017, il se trouvaient en concurrence frontale, comme ce fut le cas chez les Bleus dans les mois ayant précédé la Coupe du monde 2018. On connaît la suite : d’un côté, le PSG a misé sur le plus jeune des deux (Rabiot, 24 ans aujourd’hui) et s’en est mordu les doigts (il a fallu le laisser partir gratuitement parce qu’il n’a pas voulu prolonger son contrat) ; de l’autre, Didier Deschamps a misé sur l’expérience du plus ancien (Matuidi a maintenant 32 ans) et n’a pas eu à le regretter...

Sarri a les clés

Bien sûr, la réflexion d’un sélectionneur se fait forcément à plus court terme que celle d’un club, qui doit penser à rentabiliser chaque investissement venant de ses fonds propres. En outre, Rabiot, formé au PSG, incarnait quelque chose d’autre, aux yeux du club parisien, qu’un joueur de devoir, certes brillant, mais juste de passage. Ce qui avait convaincu Paris de miser sur son Titi. Mais c’est précisément cette volonté d’Adrien Rabiot de ne plus être considéré comme "le petit jeune", mais plutôt comme un joueur à part entière, qui a fini par le convaincre de plier bagage.

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À la Juventus, ces considérations n’auront plus lieu d’être, ce qui donnera à cette concurrence un peu plus d’équité. Et en même temps, le club turinois s’interroge : avec Matuidi, il n’a pas franchi de cap la saison passée et, surtout, à son âge et à un an de la fin de son contrat, celui-ci incarne moins l’avenir que le passé. D'autant qu’un nouvel entraîneur, Maurizio Sarri, vient de débarquer lui aussi, ce qui va rebattre toutes les cartes au sein de l’effectif. C'est donc peu dire que Matuidi a de quoi, désormais, réfléchir à un départ. Et quand bien même déciderait-il de rester, le temps ne jouerait pas du tout en sa faveur.

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