Mercato : Arsène Wenger plus proche que jamais du PSG, mais pour y faire quoi ?

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FOOTBALL – Selon l’agence de presse allemande SID, c’est désormais certain : Arsène Wenger débarquera l’été prochain au PSG. Quel rôle pourrait y tenir l’ancien manager d’Arsenal ?

Après le conditionnel, l’indicatif. Après les rumeurs, l’information. Jeudi, en fin de journée, l’agence de presse allemande SID, équivalent de l’AFP outre-Rhin, a été la première à se prononcer de façon catégorique au sujet de l’avenir d’Arsène Wenger, resté sans activité professionnelle depuis son départ d’Arsenal en avril 2018 : il "va remplacer dans un futur proche l'actuel directeur sportif du PSG Antero Henrique". Occupera-t-il pour autant la même fonction que le décrié dirigeant portugais, en charge du recrutement du club parisien ? Le doute est permis.

C'est quoi un "directeur du football" ?

Selon une information du très sérieux The Times, datant du 7 février, c’est un poste de "directeur du football" que lui a proposé l’Émir du Qatar. Ce qui n’est pas exactement la même chose qu’un directeur sportif. Seul homme à avoir occupé au sein du PSG cette fonction à la dénomination étrange (comme si, dans une boulangerie, il y avait un "directeur du pain"), Patrick Kluivert avait un jour, durant son éphémère mandat de quelques mois, entrepris de définir son rôle, au détour d’un entretien accordé, fin 2016, au JDD : "Qu’est-ce que je fais ? Tout. Je suis impliqué dans tout."

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Il avait ajouté : "Mon vécu (d’ancien attaquant international, ndlr) fait que je peux apporter plus qu’un autre à ce poste, parce que je sais ce que les joueurs pensent et ressentent dans les moments importants." Puis : "Les agents demandent beaucoup de choses, moi je suis là pour protéger l’institution." Et enfin : "Je ferai tout pour attirer ceux qui sont les meilleurs à mes yeux, et aux yeux du coach évidemment. Pour bâtir une équipe forte, capable de gagner, un jour, la Ligue des champions." 

On comprend donc qu’aux prérogatives directement liées au recrutement, ainsi qu’à la prolongation ou non de certains contrats, s’ajoute un rôle de confident des joueurs.

Wenger et le Qatar

En peu de mots, il s’agit de faire la liaison entre le purement sportif et l’extra-sportif. Et ce, à une échelle très large, allant de l’équipe première au centre de formation, en passant par toutes les équipes de jeunes, l’idée étant d'établir une cohérence globale. Une mission qui semble bien plus taillée pour un Wenger et sa riche expérience du management général (rôle qu’il a occupé pendant deux décennies à Arsenal) que pour un Kluivert vite apparu illégitime.

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Comme le Néerlandais, l’Alsacien a rencontré Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, sur les plateaux de la chaîne qatarie beIN Sports. À la différence que Wenger fut, lui, le premier consultant d’envergure à collaborer avec un média alors en quête de visibilité, ce qui lui a permis de nouer des liens solides avec les dirigeants du PSG, qui ne se sont jamais rompus depuis. En novembre puis ces dernières semaines, Wenger s’est ainsi rendu à Doha pour s’y entretenir avec l’Émir puis Nasser Al-Khelaïfi. Une donnée importante, qui indique que le Français aura les coudées franches à Paris.

Wenger et Tuchel

En outre, l’ex-coach des Gunners a fait la connaissance, le 28 août dernier, de Thomas Tuchel, entraîneur actuel du PSG, lors d’une réunion organisée par l’UEFA. Les deux hommes s’étaient même longuement entretenu en privé. "Je ne peux pas tout vous dire. Mais je dirais que dans la discussion qu'il (Thomas Tuchel) a eu il n'y a pas très longtemps avec un ex-grand coach (Wenger), son analyse du club a été très intelligente", avait, peu après, confié Charles Villeneuve, ami proche de Wenger, au site Paris United. Manière de signifier qu’entre les deux hommes, l’admiration est (déjà) réciproque.

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C’est une autre donnée importante, alors que la relation entre le coach allemand et Antero Henrique est devenue exécrable au point que le directeur sportif portugais se retrouve, pour cette raison précise, désormais poussé vers la sortie. Wenger et Tuchel devront fonctionner en binôme, concernant le mercato, mais aussi la vie quotidienne du vestiaire ou encore la notion d'identité de jeu, qui devra être étendue à toutes les classes d’âge du club. "Le terrain me manque, mais il y a différentes façons d’entraîner, avait dit Wenger à L’Équipe le 27 novembre dernier. J’ai envie de partager mon expérience passée. Ne pas transmettre ce qu’on a appris rend la vie moins intéressante." Quoi de mieux, pour ce faire, que de définir toute la politique sportive d'un grand club en devenir, en étant entouré d'hommes de confiance ?

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