Mercato : la cote d’un champion du monde explose-t-elle sur le marché des transferts ?

Football
INTERVIEW - Une victoire en Coupe du monde a t-elle une influence directe sur le prix des joueurs ? Pour LCI, Loïc Ravenel, qui collabore avec le Centre international d’étude du sport(CIES), décrypte l’impact que peut avoir ce succès.

Après l’émotion enfantine et le sentiment d’unité débordant, place aux calculs d’apothicaires. La Coupe du monde est terminée et, en attendant la reprise des Championnats courant août, le cœur de la planète football ne battra plus que pour le mercato estival, ses rumeurs, ses coups de bluff et ses tractations. 


Tout juste auréolés, plusieurs de nos 23 champions du monde seront concernés dans les prochaines semaines, le marché des transferts courant jusqu'au 31 août dans les principaux Championnats européens. 


Mais au fait, comment mesurer l’impact d’un sacre mondial sur le prix d’un joueur ? Entretien avec Loïc Ravenel, collaborateur scientifique au CIES (Centre international d’étude du sport), observatoire qui s’est fait une spécialité d’évaluer les valeurs de transfert.

LCI - Un titre de champion du monde a-t-il un impact sur la valeur marchande d’un joueur ?

Loïc Ravenel - Dans le système qu’on a créé pour évaluer le prix d’un joueur, on a inclus le nombre de matchs de Coupe du monde comme un critère. Le titre est aussi un élément qui entre en compte, mais cela concerne finalement assez peu de joueurs, une quinzaine au maximum. Ce n’est pas significatif dans le cadre d’un modèle de calcul. En revanche, il est clair que par rapport au marché, ça va booster le joueur. Mais on ne peut pas établir scientifiquement de combien le prix d’un joueur va augmenter.


LCI - Quels sont les joueurs de l’équipe de France ayant pris le plus de valeur selon vous ?

Loïc Ravenel - Ceux qu’on a vus le plus. Un Kylian Mbappé a forcément pris plus de valeur qu’un Thomas Lemar, par exemple. Au regard de la Coupe du monde, Mbappé est clairement celui qui a pris le plus de valeur. Il a 19 ans, il avait déjà un super potentiel et en plus maintenant il est devenu champion du monde en faisant une hyper grosse impression. L’augmentation de son prix pourrait donc être très, très, très forte. Elle est difficile à chiffrer mais il est certain que le record du montant du transfert de Neymar au PSG (222 millions d’euros) peut être battu. Après, il y a Paul Pogba, qui n’avait pas sur-performé cette saison et a fait une très bonne Coupe du monde. De la même façon, c’est un joueur qui avait déjà une grande valeur. Un titre de champion du monde les booste encore plus. Et puis j’ajouterai Benjamin Pavard, dont la valeur était autour de 20-30 millions d’euros avant le Mondial. Et qui, là, peut voir son prix facilement doubler, voire plus, en fonction de la concurrence...


LCI - La valeur d’un Alphonse Areola ou d’un Adil Rami, qui n’ont pas du tout joué, n’a donc pas du tout augmenté ?

Loïc Ravenel - Non, pour eux, il y aura très peu d’impact, parce qu’ils n’ont pas été exposés. C’est exactement pareil pour un Steve Mandanda, qui arrive en fin de carrière, voire pour Olivier Giroud. À ce niveau-là, le titre de champion du monde est important mais l’âge est un paramètre plus important encore. Et comme l’équipe de France est assez jeune, des joueurs comme Lucas Hernandez ou Antoine Griezmann, qui ont encore une marge de progression potentielle, sont beaucoup plus impactés.


LCI - C’est donc dire si Mbappé est concerné !

Loïc Ravenel - Oui, on a carrément assisté à une sorte de passage de témoin entre Lionel Messi et lui (rires). En tout cas, cela a presque ressemblé à une mise à niveau. Mais bon, la difficulté pour Mbappé, ce serait de trouver un club capable de mettre cet argent-là, que ce soit 200, 300 ou 400 millions, pour le recruter. Ce ne serait pas évident.


LCI - Peut-on dire qu’un mois de compétition en Coupe du monde a plus d’impact sur la valeur d’un joueur qu’une saison entière en club ?

Loïc Ravenel - Pour ceux qui se montrent et qui finissent champions du monde, oui. Pour un joueur espagnol ou allemand cette année, ce n’est pas le cas. En revanche, ceux qui sont des découvertes sont concernés, quelques joueurs japonais, mexicains, russes ou croates, qui n’ont jamais été aussi exposés avant. Eden Hazard, qui a fait une très belle Coupe du monde, est aussi impacté. Son prix avait stagné pendant quelques années mais là il est reparti à la hausse.


LCI - À une échelle plus large, les clubs ont-ils plutôt intérêt à vendre leurs champions du monde cet été plutôt que le prochain ?

Loïc Ravenel - C’est difficile à dire. Parce que si après le joueur se blesse ou rate sa saison... Ou si au contraire il surperforme et gagne la Ligue des champions, cela peut changer la donne. Donc c’est une question stratégique pour les clubs. Veulent-ils faire entrer du cash ou gagner des titres ? Quand vous avez des joueurs de ce talent-là, l’intérêt peut aussi être de les garder, sachant que leur valeur marchande va augmenter en même temps qu’ils vont progresser. 

LCI : Un titre de champion du monde a-t-il un impact sur la valeur marchande d’un joueur ?

Loïc Ravenel : Dans le système qu’on a créé pour évaluer le prix d’un joueur, on a inclus le nombre de matchs de Coupe du monde comme un critère. Le titre est aussi un élément qui entre en compte, mais cela concerne finalement assez peu de joueurs, une quinzaine au maximum. Ce n’est pas significatif dans le cadre d’un modèle de calcul. En revanche, il est clair que par rapport au marché, ça va booster le joueur. Mais on ne peut pas établir scientifiquement de combien le prix d’un joueur va augmenter.

LCI : Quels sont les joueurs de l’équipe de France ayant pris le plus de valeur selon vous ?

Loïc Ravenel : Ceux qu’on a vus le plus. Un Kylian Mbappé a forcément pris plus de valeur qu’un Thomas Lemar, par exemple. Au regard de la Coupe du monde, Mbappé est clairement celui qui a pris le plus de valeur. Il a 19 ans, il avait déjà un super potentiel et en plus maintenant il est devenu champion du monde en faisant une hyper grosse impression. L’augmentation de son prix pourrait donc être très, très, très forte. Elle est difficile à chiffrer mais il est certain que le record du montant du transfert de Neymar au PSG (222 millions d’euros) peut être battu. Après, il y a Paul Pogba, qui n’avait pas surperformé cette saison et a fait une très bonne Coupe du monde. Pareil, c’est un joueur qui avait déjà une grande valeur. Un titre de champion du monde les booste encore plus. Et puis j’ajouterai Benjamin Pavard, dont la valeur était autour de 20-30 millions d’euros avant le Mondial. Et qui, là, peut voir son prix facilement doubler, voire plus, en fonction de la concurrence...

LCI : La valeur d’un Alphonse Areola ou d’un Adil Rami, qui n’ont pas du tout joué, n’a donc pas du tout augmenté ?

Loïc Ravenel : Non, pour eux, il y aura très peu d’impact, parce qu’ils n’ont pas été exposés. C’est exactement pareil pour un Steve Mandanda, qui arrive en fin de carrière, voire pour Olivier Giroud. À ce niveau-là, le titre de champion du monde est important mais l’âge est un paramètre plus important encore. Et comme l’équipe de France est assez jeune, des joueurs comme Lucas Hernandez ou Antoine Griezmann, qui ont encore une marge de progression potentielle, sont beaucoup plus impactés.

LCI : C’est donc dire si Mbappé est concerné !

Loïc Ravenel : Oui, on a carrément assisté à une sorte de passage de témoin entre Lionel Messi et lui (rires). En tout cas, cela a presque ressemblé à une mise à niveau. Mais bon, la difficulté pour Mbappé, ce serait de trouver un club capable de mettre cet argent-là, que ce soit 200, 300 ou 400 millions, pour le recruter. Ce ne serait pas évident.

LCI : Peut-on dire qu’un mois de compétition en Coupe du monde a plus d’impact sur la valeur d’un joueur qu’une saison entière en club ?

Loïc Ravenel : Pour ceux qui se montrent et qui finissent champions du monde, oui. Pour un joueur espagnol ou allemand cette année, ce n’est pas le cas. En revanche, ceux qui sont des découvertes sont concernés, quelques joueurs japonais, mexicains, russes ou croates, qui n’ont jamais été aussi exposés avant. Eden Hazard, qui a fait une très belle Coupe du monde, est aussi impacté. Son prix avait stagné pendant quelques années mais là il est reparti à la hausse.

LCI : À une échelle plus large, les clubs ont-ils plutôt intérêt à vendre leurs champions du monde cet été plutôt que le prochain ?

Loïc Ravenel : C’est difficile à dire. Parce que si après le joueur se blesse ou rate sa saison... Ou si au contraire il surperforme et gagne la Ligue des champions, cela peut changer la donne. Donc c’est une question stratégique pour les clubs. Veulent-ils faire entrer du cash ou gagner des titres ? Quand vous avez des joueurs de ce talent-là, l’intérêt peut aussi être de les garder, sachant que leur valeur marchande va augmenter en même temps qu’ils vont progresser.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Coupe du monde de football 2018 en Russie

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter