José Mourinho à Lyon, est-ce vraiment possible ?

Football
MERCATO - À la recherche d'un banc pour la saison prochaine, José Mourinho multiplie les appels du pied en direction de la Ligue 1. Le Portugais, passé par le Portugal, l'Angleterre, l'Italie et l'Espagne, aurait sélectionné Monaco et Lyon, où l'avenir de Bruno Genesio est plus qu'incertain.

"Je peux m'imaginer entraîner en Ligue 1". Depuis son limogeage de Manchester United le 18 décembre, José Mourinho a laissé filtrer, au fil de ses déclarations, son intérêt pour le championnat de France. Mi-février, il a assisté à Lille-Montpellier à l'invitation de Luis Campos, le directeur sportif lillois qu'il a côtoyé à Madrid, puis s'est longuement entretenu avec Christophe Galtier, l'entraîneur des Dogues. Interrogé par beIN SPORTS après la rencontre, il s'était dit ouvert à une expérience en France. 


"J'aime connaître les autres cultures et j'aime apprendre tout le temps. Travailler dans un autre championnat serait une expérience fantastique", avait-il déclaré. Avant de remettre une pièce dans la machine la semaine passée lors d'une interview à l'AFP, dans le cadre d'une opération montée par l'horloger Hublot, dont le Portugais est ambassadeur. "Je peux retourner dans l'un des pays que je connais déjà (Portugal, Angleterre, Espagne, Italie) ou essayer quelque chose de très important, qui est de travailler dans un cinquième pays et de tout gagner comme je l'ai fait ailleurs. Voyons ce qu'il va se passer."

Selon L'Équipe, en date du mercredi 27 mars, deux clubs de Ligue 1 retiendraient l'attention du "Special One". Et, ô surprise, le PSG n'en fait pas partie. Le club de la capitale, destination la plus évidente en termes de standing, va en effet poursuivre sa collaboration avec Thomas Tuchel. Comme annoncé par Téléfoot dimanche, information que LCI est en mesure de confirmer, l'entraîneur allemand va prolonger d'un an son contrat avec Paris et sera désormais lié aux champions de France jusqu'en 2021. 

Une piste déjà explorée par Aulas

Si Mourinho venait donc à poser ses valises dans l'Hexagone, ce serait plus au Sud. Dans son entourage, Monaco - où son agent Jorge Mendes est bien implanté - et Lyon sont les deux points de chute annoncés. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que son nom est associé à l'Olympique lyonnais. Dans le passé, Jean-Michel Aulas a révélé avoir tenté à plusieurs reprises de faire signer le "Mou". "Vous savez, j'ai essayé de faire venir José Mourinho il y a deux ou trois ans. Mais je n'en avais pas les moyens", expliquait le président lyonnais à RMC Sport en janvier 2017. "Il y avait des contacts. Je ne peux pas entrer dans le détail, mais on n'était pas dans le même monde. Je l'avais connu dans d'autres circonstances de transferts. Il a un agent que je connais très bien. Ce n'est pas allé très loin, mais j'avais dans l'idée que c'était possible." 


Cette fois-ci, la piste lyonnaise, qu'il a démentie auprès de L'Équipe, pourrait avoir ses faveurs puisque les Gones sont plus à même à répondre à ses attentes sportives. Très présent dans les médias français ces dernières semaines, le "Special One" n'a en effet jamais caché son désir de reprendre un club qui jouera la Ligue des champions la saison prochaine. "Je veux en être !", a-t-il répété il y a quelques jours. L'OL est pour le moment toujours en mesure de cocher cette case, à l'inverse de l'ASM qui est engagée dans une opération maintien. Troisième à neuf journées de la fin du championnat, Lyon compte quatre points de retard de Lille, en position d'être qualifié directement pour la C1, et six d'avance unités sur l'OM, quatrième.

Un entraîneur incompatible avec l'OL ?

Mais l'OL est-il prêt à tout bazarder pour Mourinho ? Le signer signifie se séparer de Bruno Genesio, dont le contrat arrive à son terme en juin prochain. L'entraîneur, qui a succédé à Hubert Fournier en décembre 2015, a fait ses preuves sur le banc rhodanien. Il a terminé une fois deuxième en 2016, quatrième en 2017 et troisième en 2018. Il a aussi emmené Lyon en demi-finale de la Ligue Europa en 2017 et est sorti de la phase de poules de la Ligue des champions, la meilleure performance du club depuis 2012. Pour l'heure, la tendance est à une prolongation de l'entraîneur en place depuis trois saisons et demi. 


Mais, en football, la vérité du jour n'est peut-être pas celle du lendemain. Jean-Michel Aulas prolongera-t-il un entraîneur qui a "l'ADN OL" ou tentera-t-il le pari de confier son équipe à un coach étranger ? Il a promis de trancher cette question au plus tard "le 2 avril" après la demi-finale de Coupe de France face à Rennes. En attendant la décision du patron de l'OL, les Bad Gones - un groupe influent de supporters qu'Aulas a rencontré - ont communiqué pour réclamer la non-reconduction du coach en poste.

S'il y a un risque mesuré sur le plan sportif, le principal frein est financier. Recruter José Mourinho coûte cher. À Manchester United, le "Special One" touchait près de 17 millions d'euros par saison. À titre de comparaison, Bruno Genesio perçoit 1,2 million d'euros par an. Environ quinze fois moins. À cela il faut ajouter un staff élargi qu'il faut aussi payer grassement. Sans compter qu'à chaque fois qu'il arrive dans un club, le "Mou" commence par exiger des renforts très coûteux que l'OL aura du mal à supporter. 


Reste à savoir si "JMA" se laissera tenté par l'éventualité (unique ?) de s'offrir les services du Portugais, à qui il a de nouveau ouvert récemment la porte sur le ton de la boutade. "S'il accepte les conditions économiques qui sont celles aujourd'hui de l'OL, ça peut aussi être une solution alternative", déclarait-il dans l'émission Tout le sport sur France 3. Mais, même avec un effort conséquent des deux parties, l'arrivée de Mourinho à Lyon semble incompatible avec le modèle de fonctionnement du club lyonnais.

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