La Liga refuse l'argent du PSG, mais le fair-play financier de l’UEFA ne peut pas empêcher le transfert de Neymar

TRANSFERT – Mercredi, le joueur a annoncé à ses coéquipiers qu'il quittait le Barça pour rejoindre le PSG. Une opération à 222 millions d'euros, le montant de la clause libératoire de Neymar, qui fait tiquer la Liga espagnole. Cette dernière ayant d'ailleurs décidé ce jeudi de refuser le paiement effectué par le club parisien, sous prétexte que ce transfert serait contraire au cadre imposé par le fair-play financier. De quoi faire capoter "le transfert du siècle" ? Pas vraiment...

Tout, dans l’attitude de Neymar, de ses proches, même de ses coéquipiers et dirigeants du Barça, laissait à penser ces derniers jours qu’il allait quitter le Barça pour céder aux sirènes du PSG. C'est désormais acté, sauf que la Liga espagnole s'oppose à ce transfert, contraire, selon elle, au fair-play financier mis en place par l'UEFA. Un énième épisode dans ce feuilleton qui tient en haleine la planète football, bien au-delà des seuls adorateurs du club parisien. Demeure donc une question centrale : comment financer une telle opération tout en restant dans les clous du fair-play financier, cette mesure mise en place par l’UEFA qui oblige les clubs engagés dans les compétitions européennes à limiter leur déficit à 30 millions d’euros cumulés sur trois saisons ? Rappelons que l’indemnité de transfert s’élèverait à 222 millions d’euros et que le joueur émargerait, dans la capitale française, à 30 millions annuels net.

On ne peut pas empêcher le PSG d'acheter.Andrea Traverso, responsable du fair-play financier à l'UEFA

Les avocats du PSG planchent là-dessus depuis de nombreux jours et tentent d’autant plus de réduire la voilure que les charges patronales vont fortement saler cette addition. A priori, l’équation semble insoluble pour Paris, dont le budget annuel s’élève environ à 550 millions d’euros. Mais plusieurs paramètres sont à prendre compte. "Tout le monde est surpris par les chiffres pour Neymar mais il faut savoir que les revenus des clubs ont augmenté. Le PSG a été sanctionné par le fair-play financier (en 2014) et, depuis, le club a respecté nos règlements. Leurs recettes sont devenues énormes (particulièrement celles de sponsoring, ndlr). Donc ils peuvent agir. On suppose que des clubs comme celui-là font leurs comptes. Si ce n’est pas le cas, ils seront punis, mais on ne peut pas les empêcher d’acheter", explique ainsi Andrea Traverso, responsable du fair-play financier à l’UEFA, interrogé ce vendredi dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport.

Dit autrement : l’UEFA peut éventuellement sanctionner a posteriori, mais ne peut pas intervenir pour empêcher le transfert. La menace de sanctions, pouvant aller jusqu’à l’exclusion de la Ligue des champions, n’en est pas moins réelle, et forcément préoccupante pour les dirigeants parisiens. "Nous avons des contacts réguliers avec eux, indique, en outre, Andrea Traverso dans L’Équipe. S’ils recrutent Neymar, ils nous contacteront pour nous expliquer cette opération. […] Je rappelle que l’impact de l’arrivée éventuelle de Neymar à Paris se ressentira sur plusieurs années. Il est très difficile de juger ce type d’opération par avance. Je ne connais pas les plans du PSG mais le mercato n’est pas terminé. Ils peuvent prévoir de vendre trois ou quatre joueurs pour un montant équivalent ou supérieur. On fera les comptes à la fin, mais je pense qu’ils ont fait leurs calculs."

Interrogé sur les manières de contourner cet écueil dans Le Parisien daté du 24 juillet, Christophe Lepetit, responsable des études économiques au centre de droit et d’économie du sport de Limoges, soulignait : "Les recettes supplémentaires sont multiples. L’arrivée de Neymar engendrerait des nouveaux revenus de marketing, de billetterie, et le club pourrait exploiter l’image du joueur. Neymar, à lui seul, est plus suivi sur les réseaux sociaux que le PSG et l’ensemble de ses joueurs." En 2013, le magazine SportPro avait carrément désigné Neymar comme étant le sportif le plus "bankable" de la planète, devant Usain Bolt et Cristiano Ronaldo. Et encore, à l’époque, il venait à peine de signer au Barça et s’appuyait sur une notoriété bien moindre qu’aujourd’hui, notamment en Asie, où il vole régulièrement la vedette à Lionel Messi…

En vidéo

Neymar, un joueur hors norme

Suivez l'actualité du mercato sur notre page spéciale

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le mercato hivernal 2018

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter