Mercato : Tuchel prolongé au PSG, pourquoi il faut s'en réjouir

Football

CONTINUITÉ - Malgré une première saison ratée, Thomas Tuchel a prolongé d'une année supplémentaire son contrat avec le PSG, soit jusqu'en juin 2021. En confortant l'Allemand à son poste, le club parisien coupe court aux rumeurs et opte pour la stabilité, prônée par les cadres de son vestiaire.

Le feuilleton Thomas Tuchel s'est fini avant même de commencer. Vendredi soir, après la nouvelle défaite du PSG à Reims (3-1) en clôture de la saison, le coach parisien avait assuré qu'il serait bien en poste à la reprise, ajoutant toutefois que "dans le foot, ça peut changer chaque jour". En somme, à l'écouter, tout ne dépendait pas que de son propre chef. En réponse à ce léger doute émis par l'Allemand, le club de la capitale a tordu le cou aux rumeurs en le confirmant au poste d'entraîneur. Le PSG a annoncé samedi 25 mai que le technicien de 45 ans était prolongé pour une saison supplémentaire, soit jusqu'en juin 2021.

Arrivé l'été dernier pour succéder à Unai Emery, Tuchel aura vécu de nombreux remous pour sa première saison à Paris. Pour ses débuts, l'ancien entraîneur du Borussia Dortmund a fait moins bien que son prédécesseur, qui a rebondi à Arsenal. Une première année seulement sauvée par un titre de champion de France après l'impardonnable échec en huitième de finale de Ligue des champions face à Manchester United (2-0, 1-3) et la perte des deux Coupes nationales. En bref, une première saison au goût doux-amer avec, en toile de fond, une relation tumultueuse avec Antero Henrique, son directeur sportif.

Une manière de couper court aux rumeurs

Malgré les déboires de la seconde partie de saison, le PSG a finalement officialisé la prolongation de Thomas Tuchel, qui était déjà dans les cartons depuis l'hiver. En agissant de la sorte, le club parisien coupe court aux rumeurs qui allaient bon train sur un possible remplacement du technicien allemand après seulement une saison sur le banc. Le nom de Massimo Allegri, non reconduit à la Juve, a ainsi été murmuré. Le compte Twitter Euro United révélait il y a encore  quelques jours des discussions avec José Mourinho, menées en personne par Antero Henrique, proche de l'ex-manager de Manchester United qu'il a côtoyé au FC Porto. Celles-ci - eussent-elles seulement eu lieu ? - n'ont donc pas abouties. 

Avouons-le, il aurait été incompréhensible que le club parisien se sépare du coach, choisi en personne par l'émir du Qatar pour faire passer un cap au club sur la scène européenne, qui a rapidement conquis les cœurs par sa personnalité chaleureuse et son football tourné vers l'attaque. En le confortant à son poste, les dirigeants du PSG s'évitent d'épiloguer sur le dossier de l'entraîneur loin d'être prioritaire alors que le mercato s'annonce brûlant cet été. Ils optent, pour une fois, pour la continuité.

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De la stabilité pour un club qui en a besoin

Cette annonce est aussi un signal fort envoyé au vestiaire. Si une petite partie peste contre l'Allemand, les cadres adorent Thomas Tuchel. Ils sont derrière lui depuis le tout début. Neymar, Dani Alves et Marco Verratti n'ont cessé d'évoquer en bons termes le management et la relation qu'ils entretiennent avec lui. Après l'élimination précoce en Ligue des champions face à Manchester United, Thiago Silva avait eu des mots très forts pour son entraîneur. Le capitaine du PSG avait rappelé que le groupe gardait entière confiance en lui. Une confiance toujours au beau fixe malgré une fin de saison en eau de boudin. 

Après la nouvelle déconvenue du PSG à Reims (3-1), Marquinhos a remis une pièce dans la machine en déclarant, devant les micros et les caméras, qu'il était impératif que Thomas Tuchel poursuive sa mission au PSG. "J'ai envie que Tuchel reste. On parle tous les ans de changement. Ça fait six ans que je suis là, ça fait déjà quatre entraîneurs, quatre directeurs sportifs. Il faut que l'on trouve une bonne philosophie, et qu'on fasse confiance au coach, donner du temps pour qu'il puisse travailler et changer les choses", a expliqué le vice-capitaine. Depuis l'arrivée des Qatariens en 2011, les entraîneurs sont sur un siège éjectable : Antoine Kombouaré n'est resté qu'une saison, Carlo Ancelotti et Unai Emery deux et Laurent Blanc trois. Face à ce plébiscite, la direction parisienne n'avait d'autre choix que de se ranger derrière son vestiaire. 

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Lors de sa première saison, Thomas Tuchel a réussi à imposer sa marque de fabrique sur son équipe. Il en a fait une machine à marquer (38 matches avec au moins un but, une première dans l'histoire de la Ligue 1) et à gagner en championnat, avec le record de 14 victoires consécutives pour démarrer la saison. À son crédit, l'Allemand compte plusieurs succès tactiques, à l'image des repositionnements de Neymar en numéro 10, de Kylian Mbappé en attaquant de pointe ou de Marquinhos et Dani Alves au milieu de terrain, dépeuplé depuis la mise à l'écart d'Adrien Rabiot et la fin de contrat de Lassana Diarra. Dans les moments difficiles, il a aussi réussi à mettre sur pied une équipe, accablée par les blessures et les suspensions. 

Sa gestion habile de l'exigeant vestiaire parisien, entre "happy management" et sanctions sportives, a aussi été saluée. Toutefois, il lui reste encore "beaucoup de choses à améliorer" pour son PSG. Les dernières semaines de compétition ont soulevé quelques soucis dans les mentalités, dans l'exigence nécessaire et manquante. Il doit pousser les joueurs à faire plus et à détester la défaite pour éviter de revivre une saison comme celle qui vient de s'écouler. Un grand défi s'ouvre à lui : mettre les joueurs devant leurs responsabilités pour en tirer des résultats sur le terrain dès la saison prochaine. 

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