Mercato : pourquoi l’Atlético de Madrid saisit-il la Fifa pour contester le transfert d’Antoine Griezmann au FC Barcelone ?

Football
TRANSFERT - L'Atlético de Madrid va saisir la Fifa pour contester le montant de la clause libératoire de 120 millions d’euros payée vendredi par le FC Barcelone pour le transfert d'Antoine Griezmann. Décryptage.

Dire que ce devait être la fin d’un interminable feuilleton, fait de rumeurs improbables et d’informations contradictoires étalées sur plusieurs mois... Seulement voilà, l’officialisation vendredi du transfert d’Antoine Griezmann, de l’Atlético de Madrid au FC Barcelone, contre 120 millions d’euros, montant de la clause libératoire incluse dans le contrat de l’attaquant, marque en fait le point de départ d’un autre feuilleton, judiciaire celui-là. Le quotidien sportif espanol As révèle en effet ce samedi que le club madrilène va saisir la Fifa pour contester la transaction. Passage en revue des questions que soulève cette affaire. Et de leurs réponses.

C’est quoi une clause libératoire ?

Illégale en France, cette clause est en revanche très courante en Espagne : elle permet d’inclure dans le contrat d’un footballeur le montant d’une indemnité de transfert minimale à partir de laquelle un club est obligé de laisser partir son joueur. C’est, par exemple, ce qui avait permis au PSG d’arracher Neymar au FC Barcelone en 2017, contre 222 millions d’euros, une somme qui apparaissait alors rédhibitoire aux yeux du club catalan. Ce transfert, depuis, a changé la donne et fait s’envoler les montants de ces clauses. Ainsi, celle incluse dans le nouveau contrat d’Antoine Griezmann avec le Barça s’élève à... 800 millions d’euros.

Quel est le souci avec celle d’Antoine Griezmann ?

Au moment de prolonger son contrat avec l’Atlético, juste avant la Coupe du monde 2018, Antoine Griezmann y avait fait inclure une clause libératoire assez particulière : fixée à 200 millions d’euros, elle devait chuter à 120 millions d’euros à partir du 1er juillet 2019. Là-dessus, le club madrilène, ayant participé à la rédaction dudit contrat, ne peut s’en prendre qu’à lui-même. En revanche, il considère que "l'accord entre le joueur et le FC Barcelone a été conclu avant que la clause ne soit réduite de 200 à 120 millions d'euros", c’est-à-dire avant le 1er juillet. En conséquence de quoi, le club madrilène, furieux que le Barça ait en plus tenté de payer les 120 millions en plusieurs fois, réclame 80 millions d’euros supplémentaires, et s’en remet à la Fifa pour les obtenir, en plus d'une "sanction pour le FC Barcelone et maintenant aussi pour le footballeur".

Quels sont les arguments de l’Atlético ?

On arrive là au cœur de l’affaire. Officiellement, un club est légalement tenu de négocier avec l’employeur d’un joueur qu’il souhaite recruter avant de solliciter le joueur lui-même. Mais dans les faits, les clubs procèdent presque systématiquement dans l’ordre inverse, préférant s’assurer de la volonté d’un joueur de les rejoindre avant d’entamer des négociations plus ardues avec son club. Dit autrement : l’Atlético dénonce une pratique interdite, mais en vigueur dans toute l’Europe, voire au-delà. Et qu’il lui faudra, en l’occurrence, démontrer avec des preuves concrètes. Celles-ci existent-elles ? Dans son communiqué, le club madrilène estime "que la rupture du contrat s'est produite avant la fin de la saison en raison de faits, d'actes et de manifestations effectués par le joueur", sans apporter la moindre précision.

Que risquent Antoine Griezmann et le FC Barcelone ?

En premier lieu, Antoine Griezmann, finalement convoqué par l’Atlético pour la reprise de l’entraînement lundi mais ayant fait l'impasse, peut se trouver sous le coup d’une "faute lourde" ou "très lourde" selon le règlement de la Liga (la Ligue de football espagnole), qui sanctionne de deux à trente jours de suspension toute "absence au travail, sans justification ni correspondance". Plus largement, la Fifa peut, elle, effectivement contraindre, le cas échéant, le FC Barcelone à débourser 80 millions d’euros de plus, mais aussi infliger une sanction financière au joueur et/ou une suspension de quatre mois pour tout match officiel. En outre, le club catalan, s’il est jugé coupable, pourrait être interdit de recrutement pour une durée d’un an. 

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