Michel Platini, un homme oppressé

Michel Platini, un homme oppressé

COUPE DU MONDE - Deux jours après que les journaux britanniques l'ont accusé de corruption lors de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar, Michel Platini a tenu à se défendre dans L'Equipe. S'il s'estime visé par ''un complot'', il assure qu'il n'abandonnera pas ses possibles envies de présidence de la Fifa.

La meilleure défense, c'est l'attaque. Pourtant, Michel Platini refuse toute pique à l'encontre de qui que ce soit. Mais deux jours après les accusations venant de plusieurs journaux anglais affirmant qu'il avait été acheté par le Qatar dans le cadre de l'attribution du Mondial 2022 , le président de l'UEFA a tenu à réagir, dans les colonnes de L'Equipe . Afin de tenter d'expliquer un acharnement médiatique à son encontre, justifié, selon lui, par des arrières-pensées politiques. ''D'un petit déjeuner avec un collègue de travail (le Qatarien Ben Hammad, radié à vie pour corruption), je me retrouve avec un complot d'Etat et une opération montée de toutes pièces par je ne sais qui et pour je ne sais quoi'', déplore-t-il.

Pourtant, deux motifs de déstabilisation semblent évidents : les prochaines élections à la tête de la fédération internationale de football (FIFA), en octobre prochain, pour lesquelles Michel Platini songe à se présenter ; et l'espoir d'un nouveau vote pour l'attribution de la Coupe du monde 2022, si la corruption est prouvée, ce qui pourrait profiter à la Corée du Sud ou aux Etats-Unis. ''Il y a beaucoup d'intérêts en jeu, pour ceux qui sont à la Fifa, pour ceux qui ont envie d'y aller et pour ceux qui espèrent un jour y être'', analyse l'ancien joueur de Saint-Etienne. Avant d'ajouter : ''J'ai l'impression d'être la personne qui dérange.''

''Faut pas déconner ! Ce collègue, je l'ai vu 10.000 fois en 15 ans''

Plus que ça, il est une cible facile, depuis qu'il a rendu public son vote pour le Qatar. Un choix qu'il pense toujours le bon ''pour la Fifa, pour le football mondial, pour répondre positivement à des demandes anciennes du monde arabe''. Si le lien avec le déjeuner entre lui, le président Nicolas Sarkozy et les Qatariens porte à confusion, Platini jure encore qu'il n'en savait rien, au moment d'accepter l'invitation. Quant au premier rendez-vous en question, avec Mohamed ben Hammad, il s'indigne des réactions soulevées. ''Il ne fait pas déconner ! Ce collègue, je l'ai vu 10.000 fois en 15 ans. Derrière, il y a quelqu'un, quelque chose, des gens qui organisent tout ça. Depuis un an, tout est fait pour me discréditer, quoi que je fasse.''

Ambiance, donc, à quelques semaines du Mondial où tout le gratin mondial se retrouvera. Et Michel Platini ne pourra éviter Sepp Blatter, président de la Fifa qui brigue un cinquième mandat, l'un de ses principaux opposants, peut-être à l'initiative des attaques. Comme il l'avait déjà annoncé, le Français ne déclarera s'il se présente ou pas qu'une fois le Mondial passé. Et ce ne sont pas les accusations qui vont le faire renoncer. ''Ce n'est pas parce qu'un match est viril que je vais changer ma façon de jouer'', sourit l'ancien numéro 10. Bien qu'en costard et sans crampons, ''Platoche'' n'a pas vraiment changé.

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