Équipe de France : Kingsley Coman à la recherche du temps perdu

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FOOTBALL - Jeune pépite freinée par les pépins, Kingsley Coman sort d'un long tunnel de blessures qui lui a fait manquer la Coupe du monde 2018, entre autres. À 22 ans, il relance son parcours en équipe de France, où il espère "s'imposer sur une longue période". En modifiant son jeu.

Il n’est pas banal de songer à la retraite quand on a 22 ans. Mais il n’est pas banal non plus, à cet âge, même pour un joueur de football professionnel surdoué, d’avoir cumulé en tout et pour tout 228 jours d’indisponibilité en raison de problèmes récurrents à une cheville. Kingsley Coman a déjà subi deux opérations. Il n’en veut pas de troisième. Au point d’avoir laissé entendre dans Téléfoot, à la fin d’une terrible année 2018 pour lui, qu’en cas de nouvelle blessure sérieuse à cette même cheville, il pourrait envisager de raccrocher les crampons...

Cette déclaration lui a été rappelée mercredi soir, tandis qu’il faisait face aux médias dans l’auditorium du centre technique national de Clairefontaine, où les Bleus préparent actuellement leurs deux premiers matchs des éliminatoires de l’Euro 2020 (en Moldavie vendredi, puis trois jours plus tard au Stade de France face à l’Islande). Car oui, un an et quatre mois après sa dernière sélection (2-0 face au pays de Galles), Kingsley Coman est de retour en équipe de France. Avec l’espoir, cette fois, d’arrêter les allers-retours une bonne fois pour toutes, et de s’y "imposer sur une longue période".

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"Ce n'était pas un moment de découragement. Ma phrase était mal tournée, mais je n'ai jamais envisagé la retraite", s’est-il d’abord repris. Avant de revenir sur cette année qui l’a vu rater la Coupe du monde de justesse, et replonger en août avec une nouvelle déchirure ligamentaire à la même cheville, lors du match d'ouverture de la Bundesliga : "C'était très dur mentalement et physiquement. Dans ces moments-là, je ne pensais plus à l’équipe de France... Après, ça rend plus fort. Et j'ai appris à travailler autrement."

J’ai dû changer ma façon de jouer. Mon corps l’exige. Je ne peux pas faire autant d’accélérations qu’avant.- Kingsley Coman

Voilà une question intéressante, aussi vieille que le sport : comment parvenir à rejouer au football complètement relâché, en pleine confiance, c’est-à-dire sans la crainte de se (re)blesser, quand on a enchaîné autant de pépins, dont certains joueurs ne se sont jamais vraiment remis ? "Je travaille beaucoup avec les préparateurs physiques, sur d’autres choses qu'avant, a-t-il détaillé. J’ai dû changer ma façon de jouer. Mon corps l’exige. Pour le moment, je ne peux pas faire autant d’accélérations qu’avant." Ce qui est embêtant quand on a, comme lui, un jeu entièrement basé sur la vitesse et les dribbles...

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"Avec mon jeu de percussion, je prendrai toujours des coups. Alors j’essaie surtout de les éviter. Je provoque un peu moins, je m’adapte, a-t-il développé. Je me dois donc d’être plus décisif. Je travaille beaucoup plus devant le but qu’avant, par exemple. Et je sens que je progresse à ce niveau." Cela s’est vu, ces dernières semaines, au Bayern Munich : la qualité plus fine de ses déplacements, seulement très vifs sur les premiers mètres ballon au pied, lui permet désormais de se libérer des marquages trop serrés, et de créer lui-même des espaces pour les autres, plutôt que de se contenter de s'y engouffrer pour de longues et folles chevauchées, comme par le passé.

Titulaire dès vendredi ?

Vendredi, en Moldavie, Didier Deschamps s’attend à être confronté à "un bloc bas". Et le Kingsley Coman nouveau apparaît comme une arme idoine pour dynamiter une arrière-garde adverse s’annonçant resserrée. Le sélectionneur, du reste, qui a souligné son récent "gain de maturité et d’efficacité", a toujours conservé une affection particulière pour cet ailier explosif au profil atypique, qu’il avait convoqué chez les Bleus dès ses 19 ans. Selon L’Équipe, le Bavarois tient la corde pour débuter sur l’aile gauche à Chisinau. D’autant qu’il est moins fatigué que d’autres, et pas juste physiquement. "Moi, je n'ai pas eu la chance de gagner la Coupe du monde, je n'ai aucun titre international, a-t-il enfin rappelé. Donc forcément j'ai encore plus faim."

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