Mort d'Emiliano Sala : prison ferme pour avoir visionné et relayé des images de l'autopsie

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La disparition du footballeur Emiliano Sala

JUSTICE - Une femme et un homme britanniques ont écopé lundi de 14 et 5 mois de prison pour avoir accédé illégalement aux images de l'autopsie d'Emiliano Sala, disparu le 21 janvier dernier dans un accident d'avion. L'un des clichés du corps de l'ancien joueur du FC Nantes avait circulé sur les réseaux sociaux, provoquant la colère de la famille.

La sanction se veut exemplaire. Sherry Bray, directrice d'une entreprise de vidéosurveillance de 49 ans, et Christopher Ashford, son employé de 62 ans, ont été respectivement condamnés, lundi 23 septembre, à des peines de 14 et 5 mois de prison par le tribunal de Swindon, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Ils étaient jugés pour avoir illégalement accédé, par "curiosité morbide" selon les mots utilisés par le juge Peter Crabtree, aux images de l'autopsie du footballeur argentin Emiliano Sala, qui a perdu la vie le 21 janvier dernier dans le crash de l'avion qui le conduisait de Nantes à Cardiff, où il venait d'être transféré.

Sherry Bray était accusée d'avoir eu accès aux images de l'examen post-mortem du joueur de Cardiff City, pratiqué à la morgue de Bournemouth le 7 février au lendemain de la découverte de sa dépouille dans la carcasse de l'avion. Elle avait envoyé à sa fille une photo, largement relayée sur les réseaux sociaux, du corps du footballeur, provoquant l'indignation de la famille. En outre, la directrice de l'entreprise de vidéosurveillance a entravé le cours de la justice en effaçant l'image de son téléphone. 

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Elle était aussi suspectée d'avoir encouragé Christopher Ashford, un employé de sa société, à visionner les images de l'autopsie d'Emiliano Sala. Bray lui avait envoyé le message suivant : "Il y en a un super sur la table à voir quand tu rentreras". Ce qu'il aurait fait à six reprises avant "d'effacer les photos". Dans le téléphone de la directrice de l'entreprise de vidéosurveillance, une autre photo prise à la morgue a été retrouvée, celle d'un autre homme du nom d'Andrew Latcham. Arrêtés quelques jours plus tard, le 18 février, ils avaient tous les deux plaidé coupables des faits qui leur étaient reprochés.

Je n'effacerai jamais les images de ma tête- Romina, la soeur d'Emiliano Sala

Dans un communiqué lu, lors de l'audience destinée à déterminer la peine des deux prévenus, Romina, la soeur de l'ancien attaquant de Nantes, a accablé les accusés. "Je ne pouvais pas croire qu'il y avait des gens si diaboliques et méchants qui pourraient faire cela. J'ai téléphoné à l'agent d'Emiliano et je lui ai dit ce qui circulait sur Internet. J'ai appelé notre frère, Dario, et il n'a pas voulu voir les photos. J'ai essayé de garder ces images en dehors des réseaux sociaux. Ma mère n'a pas pu regarder ces horribles photos", a-t-elle écrit. "J'étais triste parce que les gens ont fait des blagues. Je n'effacerai jamais les images de ma tête. Mon frère et ma mère ne peuvent pas oublier ça. C'est dur pour moi de vivre avec cette image."

Inspectrice-détective de la police de Wiltshire, en charge de l'enquête, Gemma Vinton a rappelé durant ce procès très médiatisé qu'"aucune peine ne pourra effacer la détresse et le chagrin supplémentaires et inutiles causés aux familles, qui sont restés au premier plan de (leurs) pensées tout au long de l'enquête. J'espère qu'elles pourront désormais se concentrer sur le deuil d'Emiliano et d'Andrew."

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