Mort d’Emiliano Sala : les agents McKay agissaient dans l'illégalité depuis le début

Football
ENQUÊTE - Willie McKay, dont le fils Mark était missionné par le FC Nantes pour trouver un club acheteur pour Emiliano Sala, a organisé le vol tragique qui a coûté la vie à l’attaquant. Les deux hommes n’étaient, en outre, pas légalement autorisés à travailler sur ce transfert, apprend-on ce vendredi.

Le feuilleton consécutif à la mort d’Emiliano Sala, dans un crash d’avion tandis qu’il ralliait son nouveau club de Cardiff depuis Nantes le 21 janvier, n’en finit plus d’offrir d’improbables et accablants rebondissements. En témoigne cette suite de titres de certains de nos articles consacrés au sujet : "La stratégie de Cardiff City pour ne pas payer le transfert" ; "Une erreur administrative de Cardiff pourrait coûter 700.000 euros à la famille du joueur" ; "L’agent Willie Mc Kay accuse Cardiff d’avoir abandonné Emiliano Sala" ; "Les McKay ont embarqué Emiliano Sala dans pas moins de sept vols illégaux" ; "Daltonien, le pilote n’était pas habilité à piloter la nuit"...

Un délit passible de deux ans de prison

On note ainsi que le nom des McKay revient avec de plus en plus d’insistance tandis que se lèvent progressivement les parts du voile. Cela ne risque pas de s’atténuer après les toutes dernières révélations du Telegraph, selon lequel l’agent mandaté par le FC Nantes pour transférer Emiliano Sala, Mark McKay, fils du patriarche Willie, qui n’a jamais cessé de tirer les ficelles de l’entreprise familiale, n’était pas légalement autorisé à travailler sur ce dossier. En cause : un accord de faillite, signé en août 2018 entre le Bankruptcy Restriction Undertaking (BRU, un organisme contrôlant la solvalibilité suspecte) et Mercato Sports, l’agence créée par Willie et Mark McKay.

C’est loin d’être anodin : cet accord de faillite implique une interdiction pour les McKay, endettés à hauteur de 5,6 millions de livres (environ 6,5 millions d'euros), de gérer un quelconque transfert pendant cinq ans, sauf avec une autorisation qui, en l’occurrence, ne leur avait pas été délivrée. En jouant les entremetteurs entre Nantes et Cardiff pour ficeler la transaction expédiant l’Argentin au pays de Galles, le père et le fils ont donc potentiellement enfreint la loi. Et le BRU envisage de régler l’affaire devant les tribunaux, ce délit étant passible de deux ans de prison.

Quand vous dépensez 17 millions d’euros pour un joueur, vous ne lui proposez pas un vol EasyJet.Willie McKay le 28 février

D’autant que cette révélation s’ajoute à celle de la BBC le 19 mars, qui dévoilait, au moyen d'une enquête fouillée menée par la Air Charter Association, la fâcheuse propension du clan McKay à réserver des avions privés à bas prix de manière totalement illégale. En tout, dans le cadre de son transfert, Emiliano Sala a embarqué dans pas moins de sept de ces vols, dont le dernier lui aura été fatal...

Pour mémoire, Willie McKay, sommé de s’expliquer sur l’organisation dudit vol, avait déclaré, le 28 février : "Personne à Cardiff ne semblait faire quoi que ce soit. Ils achètent un joueur pour 17 millions d'euros, puis le laissent seul dans un hôtel pour aller sur un ordinateur et chercher un vol commercial. C'est honteux la façon dont ils se sont comportés. Quand vous dépensez 17 millions d’euros pour un joueur, vous ne lui proposez pas un vol EasyJet."  Lui a donc réservé un vol illégal, avec un pilote daltonien sans licence valide ayant remplacé in extremis, dans des circonstances pour le moins troubles, le premier pilote initialement contacté... La suite, malheureusement, au prochain épisode.

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