Décès d'Emiliano Sala : des fuites révèlent la stratégie de Cardiff pour ne pas payer Nantes

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BRAS DE FER - Malgré la saisie par Nantes de la Fifa au sujet du transfert d'Emiliano Sala, décédé le 21 janvier, Cardiff prétend que le contrat de l'Argentin est "nul et non avenu" au moment du crash. Le club gallois prévoit notamment d'expliquer à la Fifa pourquoi il ne paiera pas.

C'est un feuilleton aussi lugubre qu'interminable. Deux mois après la mort d'Emiliano Sala, disparu dans un accident d'avion le 21 janvier dernier, le conflit n'est toujours pas réglé entre Cardiff et Nantes. Les deux clubs se livrent une guerre sans merci au sujet du règlement des 17 millions d'euros hors bonus convenus pour le transfert de l'Argentin, officialisé deux jours avant son décès au-dessus de la Manche. Un premier versement de 6 millions d'euros aurait dû être effectué, au plus tard, le 26 janvier. À ce jour, les Canaris n'ont toujours pas reçu le moindre euro et ont donc saisi la Fifa pour obtenir le paiement.


Frileux sur cette question de l'argent depuis le début de cette sombre affaire, le club gallois n'a semble-t-il pas l'intention de payer son dû. Selon le très sérieux quotidien Telegraph, qui s'est procuré l'argumentaire que les dirigeants "Bluebirds" vont présenter lors de leur audition devant la Fifa mercredi 27 mars, l'actuel 18e du championnat d'Angleterre serait déterminé à prouver que le contrat de Sala est "nul et non avenu" du fait de sa non-conformité avec les règlements en vigueur de la Premier League. 

Pour sa défense, Cardiff avancerait que le premier bail signé par "Emi" avait été rejeté par l'instance du football, qui aurait brandit la menace d'interdire à la formation galloise d'aligner sa recrue hivernale. L'Argentin n'aurait apparemment pas eu le temps de signer un nouveau contrat, revu et corrigé, avant sa tragique disparition le 21 janvier. Nantes assure n'avoir "aucune information". "Cela peut poser un problème à Cardiff, ce n'est pas le cas de Nantes", ajoute un porte-parole des Canaris.

L'accord soumis à plusieurs conditions ?

À en croire le Telegraph, Cardiff envisagerait de faire jouer une clause proposée par Nantes. Pour le transfert soit entériné, il fallait qu'il soit enregistré par la Fédération galloise, par la LFP et la Fifa, avant le 22 janvier. Cela laissait ainsi le temps à toutes les parties de se retourner en cas d'échec du transfert. Il semblerait, d'après une source proche de la Premier League citée par le quotidien, que les deux clubs attendaient toujours, au moment du crash, la confirmation de cet enregistrement et la délivrance du certificat international. Sans cela, le contrat n'a donc aucune valeur. Les Nantais contestent cette version et se disent "en parfaite conformité avec les règles de la Fifa". Pour le club français, l'instance mondiale aurait enregistré le transfert "le 21 janvier à 17h30", le jour même de la disparition de l'avion transportant l'attaquant argentin et son pilote David Ibbotson au-dessus de la Manche.

Dans un récent entretien à L'Équipe, la mère de Sala appelait les dirigeants de Cardiff à "honorer leur parole". "La signature ne peut pas être effacée", indiquait-elle. Eux semblent décidés à prouver le contraire.

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