Mort de Davide Astori : "Pour moi, il est mort d'une anomalie fulgurante du rythme cardiaque, pas d'une bradyarythmie"

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DRAME - Dans la nuit de samedi à dimanche, le footballeur italien Davide Astori trouvait la mort à l'âge de 31 ans, des suites d'un problème cardiaque. Une disparition brutale que le Dr Claude Kouakam a analysé pour LCI. Selon ce cardiologue, contrairement à ce qui a été diagnostiqué, le capitaine de la Fiorentina aurait succombé à une "anomalie fulgurante du rythme cardiaque" et non à une bradyarythmie.

La mort de Davide Astori, dans la nuit du 3 au 4 mars, a suscité un émoi considérable en Italie et dans le monde du sport. A l'âge de 31 ans, le défenseur de la Fiorentina, ne présentait aucun signe avant-coureur laissant imaginer une fin si dramatique.  D'où les multiples interrogations sur l'origine de sa disparition. Dimanche 4 mars, le procureur de la République d'Udine avait parlé d'un probable décès "par arrêt cardio-circulatoire de causes naturelles". Deux jours plus tard, les médias italiens laissaient apparaître de nouvelles conclusions : "Un arrêt cardiaque sans explication macroscopique, vraisemblablement à cause d'une bradyarythmie". 


Des diagnostics qui sonnent comme autant de gageurs, alors que les conclusions définitives seront rendues dans deux mois.

L'hypothèse de la bradyarythmie ne convainc d'ailleurs pas le Dr Claude Kouakam, cardiologue et membre la Fédération Française de Cardiologie. "A mon avis, il n'a pas fait une bradyarythmie, il a eu une anomalie fulgurante du rythme cardiaque, non prédictible", explique-t-il à LCI. "La bradyarythmie, c'est le coeur qui bat lentement et de manière irrégulière. Il est tout à fait normal que le coeur des sportifs de haut-niveau batte lentement, le sport ayant notamment comme vertu de ralentir la fréquence cardiaque. On sait également que certains sportifs de haut niveau peuvent faire de l'arythmie. Mais, en théorie, on ne peut pas décéder d'une bradyarythmie. Quand on y est sujet, on a, au pire, des vertiges, des étourdissements, une syncope ..."

40.000 morts subites en France chaque année

"Ce qui est étonnant dans son cas, c'est qu'en général, les sportifs sont victimes d'une morte subite pendant une activité physique. Or, lui l'a fait dans sa chambre d'hôtel, au repos. (...) Les jeunes et les sportifs meurent en général d'une fibrillation ventriculaire, c'est-à-dire que le coeur se met subitement à battre très vite, à plus de 300 ou 400 battements par minute pendant quelques secondes, avant de s'arrêter", développe le Dr Kouakam, qui pense qu'Astori ne présentait "aucune anomalie évidente", faute de quoi "sa licence n'aurait pas été reconduite". Selon lui, son cas pourrait s'apparenter à ceux du président du CSP Limoges Frédéric Forte, mort le 31 décembre, et du footballeur camerounais Marc-Vivien Foé, tous deux décédés d'une mort subite.


Ce diagnostic de bradyarythmie établi après l'autopsie est selon le Dr Kouakam un diagnostic "d'élimination" : "On se dit : 'Vu qu'il n'y a pas d'anomalies de structures du coeur, c'est probablement un trouble du rythme cardiaque qui a induit le décès de la personne.' C'est un faisceau d'arguments qui aide à faire le diagnostic". Après avoir expliqué que toute personne pouvait subir une mort subite (il y en a 40.000 en France chaque année), le cardiologue insiste sur le fait que, dans 50% des cas de mort subite chez un sujet jeune, d'un sportif, on arrive à élucider la cause de la mort par des examens poussés. "C'est très important car la plupart des décès sont dus à des maladies génétiques, héréditaires. Pour ses descendants et ses ascendants, il est donc possible de prévenir les risques de morts subites en passant des tests poussés. D'ailleurs, l'ensemble de la famille d'Astori devrait passer ce genre de tests très rapidement."

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