Nasser Sandjak : "Faire de l'Algérie un favori de la CAN est une erreur"

Football
DirectLCI
COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS - Ancien sélectionneur des Fennecs et consultant pour Canal+Sport, qui diffuse l'intégralité de la compétition (du 17 janvier au 8 février), Nasser Sandjak s'est confié à metronews. Et pour lui, même si l'Algérie a des arguments, elle doit encore prouver pas mal de choses avant de pouvoir prétendre remporter la CAN.

L'Algérie, qui commence son tournoi dimanche face à l'Afrique du Sud (20 heures), reste sur une belle Coupe du monde. Vous la voyez faire quel parcours en Guinée équatoriale ?
Elle peut prétendre au dernier carré, et se fixer comme objectif une demi-finale c'est déjà pas si mal. C'est très difficile de jouer au jeu des pronostics pour la CAN, car, peut-être plus que dans n'importe quelle autre compétition internationale, il y a des surprises et déceptions.

Qu'est-ce que la Coupe d'Afrique des Nations a de si particulier ?
C'est un autre football que celui que l'on voit en Europe. C'est une autre façon de le jouer et de le vivre. Peu d'équipes ont été capables dans une même période de briller à la CAN et en Coupe du monde. Le Nigeria ou le Ghana l'ont fait, mais pas l'Egypte, qui a pourtant remporté le trophée trois fois d'affilée (entre 2006 et 2010, ndlr). C'est comme dire qu'on est sûr à 100 % qu'un bon pilote de Formule 1 fera un bon pilote de rallye. Selon moi, le parcours de l'Algérie dépendra beaucoup de sa capacité à s'adapter au contexte guinéen.

"La Coupe du monde est oubliée, on repart de zéro"

En quoi cela peut-il jouer ?
C'est un tout : il y a l'état des terrains, le niveau de l'arbitrage, les températures, les heures des matches, les distances entre les rencontres... Tout ça peut dérégler une équipe. Psychologiquement, c'est vraiment pas évident à gérer. Si la CAN avait lieu en Europe, là oui, l'Algérie serait favorite. Mais l'affirmer qu'elle le sera en Afrique, c'est une erreur, car c'est aller bien trop vite. La Coupe du monde, c'est oublié. On repart de zéro. Et dans le foot africain, l'Algérie n'a encore rien montré. On ne sait pas vraiment ce qu'elle vaut face aux grandes nations du continent.

Qu'elles sont les limites de cette équipe ?
Si elle a des arguments offensifs, l'Algérie est encore trop perfectible derrière. Et gagner une CAN, passe obligatoirement par une solidité défensive. Si la Côte d'Ivoire de Didier Drogba n'est jamais allée au bout, c'est à cause de ça. Cette édition va permette de voir si la sélection algérienne est capable de progresser dans ce secteur de jeu. C'est l'un des défis qui est donné à Christian Gourcuff.

Justement, que pensez-vous du travail qu'a commencé à mettre en place l'ancien entraîneur de Lorient ?
C'est très bien car il a d'abord eu l'intelligence de rester dans le registre de ce qu'avait mis en place Vahid Halilhodzic et qui avait bien fonctionné. Gourcuff a eu le temps de bien observer comment fonctionne cette équipe et on le connaît bien, il est en train d'imposer sa vision du football et du jeu qu'il veut mettre en place. Pour la CAN, il a fait des choix de joueurs qui n'ont parfois pas été compris... On va de toute façon voir très rapidement s'il a pris les bonnes décisions. Car si l'Algérie perd son premier match, ça va de suite plomber l'ambiance dans l'équipe et elle va rater sa CAN. C'est le gros défaut du joueur algérien voire maghrébin : mentalement, ça manque parfois de solidité.

EN SAVOIR +
>>
Gourcuff a déjà la CAN en tête
>>
Halilhodzic, un homme comblé


 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter