Nice-PSG : c’est quoi, au juste, la patte Vieira ?

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LIGUE 1 – L’OGC Nice reçoit ce samedi (17h15) le Paris Saint-Germain. Un défi de taille pour le nouvel entraîneur des Aiglons, Patrick Vieira, qui s’attelle à imprimer sa marque. Focus sur cette dernière.

Après les expérimentés Claude Puel et Lucien Favre, l’OGC Nice a surpris toute la France du football dans la torpeur de l’été en confiant son banc de touche à Patrick Vieira, jeune entraîneur de 42 ans n’ayant exercé cette fonction qu’avec l’équipe réserve de Manchester City et au New York City FC. Le champion du monde 1998 et d’Europe 2000 n’a, du reste, évolué en Ligue 1 que durant deux saisons en tant que joueur, à Cannes de 1993 à 1995. Le voici donc désormais confronté aux réalités du Championnat français, et même à son sommet, puisque son équipe reçoit ce samedi le PSG, implacable leader.

C’est comme avec ses parents, quand ils nous donnent beaucoup d’amour et qu’ils attendent beaucoup de nous, on essaye de ne pas les décevoir. J’essaye de ne pas le décevoir.Allan Saint-Maximin, au sujet de son "papa" Vieira

Pour l’heure, son bilan est contrasté, avec trois victoires, un nul et trois défaites. Et, entre une défaite (0-4) à domicile contre Dijon et une victoire ramenée de Lyon (0-1), difficile d’y voir clair. "Le résultat, c’est à la fin qu’on le voit, disait-il à son arrivée. Il y a des processus à suivre avant le résultat. Faire jouer les joueurs à leur maximum, créer une équipe pour qu’on ait tous le même objectif, leur faire comprendre ce que j’attends sur le plan tactique... Si tous ces ingrédients sont réunis, le résultat viendra de lui-même." Les ingrédients ne sont donc pas, encore, tout à fait réunis.

Les ingrédients ? D’abord de l’affect. Beaucoup d’affect. "Je le connais bien, c’est quelqu’un qui a beaucoup de cœur. Ça va se ressentir dans son management et dans sa relation avec ses joueurs. Il est proche d’eux, je pense, parce qu’il recherche justement ce contact-là", confiait son ancien partenaire Bixente Lizarazu sur le plateau de Téléfoot. Ses joueurs confirment. Myziane Maolida :  "C'est vrai qu'on a des liens forts avec le coach. Il dialogue beaucoup avec ses joueurs et il leur apprend beaucoup de choses. Vraiment, c’est super plaisant de travailler avec lui."

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OGC Nice - Myziane Maolida : "C'est très plaisant de travailler avec Patrick Vieira "

Allan Saint-Maximin, repositionné dans l’axe par Patrick Vieira et qui est allé célébrer son but contre Rennes dans les bras de l’entraîneur, va même encore plus loin en évoquant un rapport filial : "On a une relation très particulière. C’est un peu comme avec ses parents, quand ils nous donnent beaucoup d’amour et qu’ils attendent beaucoup de nous, on essaye de ne pas les décevoir. C’est ce que j’essaye de faire, de ne pas le décevoir, parce que je sais qu’il attend énormément de moi. Il sait ce dont je suis capable. Et je vais continuer de faire le maximum pour ne pas le décevoir."

"L’école Guardiola"

Et quand on lui demande ce que lui apporte le technicien qu’aucun coach ne lui a jamais apporté, l’attaquant répond : "Tout. Son management est excellent. Il a fait une grande carrière (de joueur), il a été coach avant, je pense qu’il arrive vraiment à se mettre à notre place. C’est un élément super important. Il arrive souvent à trouver les bons mots et c’est bénéfique sur le terrain. Et puis ça joue offensif. On aime tous ça. C’est le plus important."

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Nice - Saint-Maximin : "J'essaye de ne pas décevoir Vieira"

Sur RMC, Damien Perrinelle, joueur de New York, osait cette comparaison : "Son animation offensive est super intéressante à regarder. C’est l’école Guardiola, on voit beaucoup de similitudes dans les schémas de jeu qu’ils recherchent. Les joueurs ont interdiction de balancer quasiment. Ça joue même presque à outrance parfois. Il ne va pas falloir que les défenseurs niçois aient les pieds gelés, sinon ça va être compliqué."

Vieira, resté longtemps attaché à son 4-3-3 "guardiolien" aux États-Unis, n’est toutefois pas l’homme d’un seul schéma tactique. Il vient de le démontrer en alignant son équipe en 5-3-2 à Lyon (0-1) et devant Rennes (2-1). Le technicien tient aussi à ce que les individus s’effacent au profit du collectif et fait peu de cas des statuts, ce qu’il avait prouvé en mettant Andrea Pirlo sur le banc à New York, et qu’il reproduit à Nice avec Mario Balotelli, superstar de son équipe, pour lancer des jeunes.

"Il a toujours cette envie de jouer. Il a une belle vision. Il est intelligent et a appris des meilleurs. On travaille beaucoup la tactique, la possession et les positions. Vieira veut qu’on joue un peu plus haut et qu’on défende un peu plus en avant. C’est un peu différent de ce qu’on faisait avec Favre. On a beaucoup de travail avec le préparateur physique", détaille son défenseur Dante dans Ouest-France.

Son adjoint, Fred Gioria, à Nice depuis 2003, ajoute : "Patrick veut que son équipe ait le ballon. C’est mis en pratique au jour le jour. Il a aussi instauré des règles à respecter (ponctualité, engagement dans les entraînements, respect du collectif). Il a des idées bien arrêtées ,mais lorsqu’Allan (Saint-Maximin) lui a demandé un jour : 'Quand fait-on des jeux ?', il en a intégrés. En tout cas, il n’y a aucune séance sans ballon. Il est dans l’échange mais il ne se laisse pas marcher sur les pieds. À notre première rencontre, j’ai été frappé par sa simplicité et son humilité. Depuis le début de saison, j’ai noté qu’il a toujours une bonne analyse et est très réactif. Il ne subit jamais."

Face au PSG ce samedi, cela risque pourtant d’arriver. Mais Patrick Vieira ne veut pas s’y résoudre. "Ce sera compliqué mais ce sera à nous aussi d'être ambitieux et de faire les choses pour les mettre en difficulté, a-t-il en effet affirmé vendredi en conférence de presse. Il faut que l'on se donne les moyens de réussir ce match-là. Je suis impatient de voir comment l'équipe va réagir par rapport à ce que j'ai prévu. Mais, en même temps, ce résultat ne changera pas ce que l'on a envie de construire sur le long terme." De l’ambition sans pression. Et si c’était ça, la patte Vieira ?

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