"Noah le drogué, Evra faux repenti, Domenech manipulateur" : les terribles dessous de Knysna

"Noah le drogué, Evra faux repenti, Domenech manipulateur" : les terribles dessous de Knysna

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FOOTBALL - Vu de l'extérieur, l'épisode de Knysna est une honte pour le football français. De l'intérieur, c'est pire encore. Dans son livre ''Knysna, au coeur du désastre des Bleus en Afrique du Sud'', François Manardo, ancien responsable de la presse au sein du staff, raconte les causes de cette atmosphère. Edifiant.

A vie, Knysna ramènera à l'une des plus sombres pages du football français. Dans leur camp d'entraînement lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, les Bleus décident de ne pas entrer sur le terrain et restent dans le bus, signe de contestation envers l'exclusion de Nicolas Anelka, décidée la veille par Raymond Domenech. Si plusieurs anecdotes sont sorties dans la presse, le récit de l'ancien chef de presse de l'équipe de France, François Manardo, est plus terrible encore. Extraits de son livre, qui sort vendredi.

Une relation détestable entre les joueurs et Domenech
''A l'été 2010, un joueur me confia, au détour d'une conversation téléphonique, à quel point il avait été estomaqué par la froideur de Domenech, capable de dire à des cadres de l'équipe qu'il ne ferait pas jouer Yoann Gourcuff contre le Mexique parce que c'est un agneau. Et que les agneaux, on leur coupe la tête !"
Le sélectionneur concentre les critiques de Manardo, même 4 ans après. Et celui-ci tient à répondre à son livre. ''En découvrant un passage du livre tout à son avantage, je l’ai retrouvé tel qu’en lui-même, avec cette manière unique de retourner les faits comme des crêpes. (…) Je vois chez Domenech une incroyable disposition à semer le trouble autour de lui, surtout lorsque l’étau se resserre." Et même pire : ''Raymond Domenech n’est jamais à court en termes de faute de goût, même au milieu des ruines.''

Evra voulait s'excuser, Domenech a refusé
Au lendemain de la grève, le capitaine, Patrice Evra, avait sollicité son sélectionneur pour passer devant les journalistes afin de présenter ses excuses au nom de l'équipe. ''Je veux passer en conférence de presse tout à l’heure pour dire à quel point on regrette, avait déclaré Evra. Pour dire que l’on fera tout pour effacer ça '' Mais Domenech refuse.

Un groupe à la merci des critiques
Manardo rapporte ces propos de Noël Le Graët, président de la Fédération, venu à Tignes négocier les primes avec les joueurs. ''Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’ils ont passé tout leur temps à se plaindre des célébrités qui les attaquent dans la presse. Je ne vous dis pas ce que Rama Yade ou Yannick Noah se sont pris dans la figure ! Noah en tête d’ailleurs… Il y en a même un qui m’a dit qu’il valait mieux qu’il ne croise pas ce drogué au hachisch, sinon il lui ferait avaler son pétard… Je ne pensais pas qu’ils étaient remontés à ce point. Evidemment, ils trouvent que la Fédération ne fait pas grand-chose pour les défendre.''
Et l'ancien chef de presse va plus loin pour expliquer comment ces internationaux, pourtant habitués à la pression et à la critique, ont explosé. Pour eux, ils étaient beaucoup trop isolés dans leur hôtel. Loin de tout. ''Quand tu es enfermé à double tour, qu’on te rabâche tous les jours que tout le monde est contre toi, qu’il faut s’armer parce que tout le monde te veut du mal, forcément, ce contexte joue terriblement…''

Anelka, c'était (presque) annoncé
Coupable d'avoir insulté Domenech à la mi-temps de France-Mexique, puis exclu du groupe, Nicolas Anelka se sentait mal depuis longtemps au sein de cette équipe. Parti le voir dans sa chambre, François Manardo écoute le joueur, qui lui répond : ''Ça fait un moment que j’ai envie de me barrer, que je me demande ce que je suis venu faire là. Depuis le début, il (Domenech) nous exaspère avec ses leçons à deux balles. Il a fait venir Onesta (sélectionneur de l'équipe de France de hand) et Diagana (champion du monde d'athlétisme) à Tignes pour nous parler de la gagne, parce que lui n’a jamais rien gagné ! Tout le groupe avait trouvé ça pathétique."

"C’est mon épouse qui m’a convaincu de rester. Je lui ai dit que j’étais dégoûté par le coach parce que j’avais le sentiment qu’il m’avait pris pour un con. On n’a pas d’identité de jeu, il change de composition tout le temps, on n’a aucun style. Il est venu me voir chez moi, à Londres, avant la Coupe du monde. Il m’a dit qu’il voulait faire de moi l’attaquant de pointe des Bleus. Je lui ai dit que ce n’était pas mon jeu, que j’étais un joueur qui avait besoin de dézoner, que j’avais besoin de profondeur pour m’exprimer, avec un avant-centre devant moi. Et voilà le résultat. Je joue comme une merde dans son système et je ne sers à rien à l’équipe."

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