Noël Le Graët : "L'équipe de France aura un rôle à jouer au Mondial"

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INTERVIEW - Souriant et détendu, le patron du foot français a cependant du mal à contenir son impatience. À moins de trois semaines de la Coupe du monde au Brésil (12 juin-13 juillet), Noël Le Graët l'a exprimée dans l'entretien en tête à tête qu'il a accordé à metronews au siège de la Fédération française de football (FFF), tout en balayant l'actualité des Bleus, dont le gros de la troupe débarque ce mercredi à Clairefontaine.

En tant que président de la FFF, comment appréhendez-vous le Mondial ?
Je suis très pressé d'être au premier match (contre le Honduras le 15 juin, ndlr) ! La préparation sportive est entre les mains de Didier (Deschamps). Les joueurs ont encore quelques jours devant eux. Il ne faut surtout pas jouer les matches avant qu'ils aient lieu. On attendra d'être au Brésil pour fixer des objectifs. Surtout, les autres services de la Fédération ont travaillé sur tous les domaines : la sécurité, l'accueil des supporters, celui des médias... On a essayé de tout prévoir en mettant à disposition des "casa bleues", des centres d'accueil réservés aux supporters français, dans toutes les villes où l'équipe de France jouera, et plus particulièrement à Rio où il sera ouvert durant toute la Coupe du monde.

Êtes-vous confiant quant au fait que les Bleus arriveront au Brésil au top de leur forme ?
Je l'espère. Moralement, il se sentent bien. J'ai déjà hâte de voir ce match du Real Madrid (contre l'Atlético Madrid en finale de la Ligue des champions, ndlr). On a quand même deux joueurs (Raphaël Varane et Karim Benzema, ndlr) susceptibles de disputer la rencontre samedi soir. J'espère surtout que Benzema sera en forme parce qu'il souffre un peu des adducteurs (il ne s'est plus entraîné depuis vendredi, ndlr). Quant aux autres, il doivent surtout s'atteler à récupérer. La saison a été longue pour beaucoup d'entre eux, avec déjà de nombreux matches de très haut niveau. Une phase de repos durant la préparation est aujourd'hui nécessaire. Mais je suis confiant. Le groupe me paraît en progrès. Il ne faut pas oublier que c'est une jeune équipe, avec trois ou quatre joueurs (en fait deux, Digne et Pogba, ndlr) champions du monde des moins de 20 ans l'été dernier. C'est quand même un signe : cela montre qu'il y a de la qualité. Certains évoluent dans les plus grands clubs européens. Je crois que la plupart ont montré qu'ils avaient envie de jouer ensemble, d'offrir un beau spectacle et de gagner.

Un seul match a eu lieu (victoire 2-0 contre les Pays-Bas le 5 mars, ndlr) entre le déclic supposé contre l'Ukraine en barrages (0-2 ; 3-0) et le début de la préparation...
Quand on compte le nombre de matches en club disputés par nos joueurs, on réalise que la FIFA fait bien de ne pas surcharger le calendrier. On entre dans une phase de préparation et chaque sélection peut faire comme elle veut. Nous disputerons trois matches amicaux en France (contre la Norvège au Stade de France mardi, le Paraguay le 1er juin à Nice et la Jamaïque le 8 à Lille, ndlr), d'autres feront différemment. Je pense qu'il fallait respecter l'implication des grands joueurs engagés dans les quarts de finale de la Ligue des champions ou les demi-finales de la Ligue Europa, voire dans les Championnats et les coupes.

Mais le groupe France, lui, n'a peut-être pas eu le temps de se cimenter...
Oui... En même temps, il n'y a pas eu beaucoup de surprises dans cette liste des 23 (sourire). Donc, très très vite, les sélectionnés vont retrouver leurs marques. D'autant qu'il vont avoir un peu de temps pour souffler au début de la préparation, après tous les efforts qu'ils viennent de fournir.

Selon vous, qui va remporter cette Coupe du monde ?
Le pays organisateur a toujours un petit ascendant : le Brésil sera sûrement le plus difficile à battre. De son côté, l'Espagne reste une nation magnifique au niveau du jeu. Regardez ses clubs qui trustent encore toutes les Coupes d'Europe cette année (Séville vainqueur de la Ligue Europa, le Real et l'Atlético Madrid en finale de la Ligue des champions, ndlr). Après, il y a l'Allemagne, qui répond présent à chaque grande compétition, l'Argentine, l'Italie... Quant à la France, j'aimerais qu'elle se rapproche des huit meilleurs mondiaux, dont on s'est un peu éloigné ces derniers temps. Cela ne se fera peut-être pas dès cet été mais je vois bien qu'une complémentarité se développe entre nos joueurs. Je suis certain qu'elle aura un rôle à jouer. Vous savez, sur un match, on peut aussi bien être battu par une équipe plus faible et en battre une plus forte. L'incertitude du sport est réelle. D'autant plus en foot, où il y a beaucoup de surprises. Je crois que les Bleus sont convaincus qu'ils ont une carte à jouer et que ce tournoi constitue la meilleure des préparations pour l'Euro 2016.

On peut donc tout espérer ?
Il ne faut pas exagérer. On est encore loin des pays que j'ai cités mais je pense aussi qu'on mérite mieux que la 18e place (16e en fait, ndlr) du classement FIFA. Donc j'aimerais bien qu'on intègre bientôt ce top 8, si on peut. Parce que ça dépend aussi des tirages au sort et de si on finit ou non premier de notre poule. Il ne faut mésestimer personne. On dit que si on finit 2e, on rencontrera l'Argentine, mais est-ce qu'elle finira en tête ? Et est-ce que ce serait plus facile d'affronter le Nigeria en 8es de finale ? Moi, je n'ai aucune réponse. J'ai tellement vécu de matches aux résultats inattendus au cours de ma vie que je ne commente plus jamais un rapport de force avant le coup de sifflet final.

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