Non, la crise au Real Madrid n’est pas (du tout) une bonne nouvelle pour le PSG

LIGUE DES CHAMPIONS – Battu à domicile par Villarreal (0-1) ce samedi soir, le Real Madrid traverse une période de fortes turbulences à un mois de son très attendu 8e de finale contre le PSG. Mais les supporters parisiens ne devraient pas se réjouir trop vite.

"C’est la période la plus difficile de toute ma carrière. Nous faisons tout notre possible pour nous sortir de cette situation et nous n’y arrivons pas. Nous ne pouvons rien faire de plus. Ce n’est pas un problème d’attitude. Il n’y pas d’autre remède que de lutter, courir. Le problème, c’est que nous n’avons pas l’habitude d’être dans une telle position à Madrid." On dit que cela va toujours mieux en le disant, mais le défenseur brésilien du Real, Marcelo, qui tenait ces propos lundi dernier, n’a rien pu faire non plus ce samedi. Le Real Madrid a coulé samedi face au "sous-marin jaune", le surnom du club de Villarreal, et comme le lendemain Barcelone l’a emporté à la Real Sociedad (4-2), il compte désormais 19 points de retard sur son rival catalan. Un gouffre.

Dit autrement : l’emploi du mot "crise" est loin d’être exagéré pour parler de la saison du Real Madrid, qui n’a plus gagné en Championnat depuis le 9 décembre. Surtout qu’en Ligue des champions, les hommes de Zinedine Zidane ont également déçu, concédant la 1ère place du groupe à Tottenham, et héritant ainsi du PSG lors du tirage au sort des 8es de finale. La première manche de la double confrontation est pour dans un mois, quasiment jour pour jour, et le contraste avec des Parisiens écrasant tout sur leur passage en ce début d’année 2018 a quelque chose de saisissant.

Je suis quand même content, parce qu’on a fait un match très sérieuxZinedine Zidane, ce samedi soir

Pourtant, alors que le quotidien madrilène As a enfoncé le clou en titrant "Le Real touche le fond", l’entraîneur, Zinedine Zidane, a déclaré ce samedi soir : "Nous ne pouvons pas être heureux du résultat mais je suis quand même content, parce qu’on a fait un match très sérieux." Une simple posture ? Non : à y regarder de plus près, son équipe s’est effectivement procuré bien plus d’occasions que l’adversaire, et a simplement manqué de réalisme. En outre, le but de Villarreal était sans doute entaché d’une position de hors-jeu. Le cas typique du cercle vicieux.

On aurait tort, toutefois, de promettre pour autant aux doubles champions d’Europe en titre une élimination précoce face à Paris en Ligue des champions, cette compétition où ne survivent que ceux qui ont pour habitude de respirer dans ces sommets où l’oxygène se fait rare. Cette expérience que le PSG cherche encore à acquérir, quand les tauliers du Real (Ronaldo, Benzema, Modric, Sergio Ramos) connaissent la problématique comme leur poche. La clé, comme souvent, sera la gestion de cette pression planétaire. Et les résultats domestiques du Real ne lui enlèvent pas cet avantage indéniable.

Les superstars du Real n'ont plus que la C1 pour sauver leur saison...

Deux autres paramètres sont à prendre en compte. Premièrement, Antonio Pintus, le préparateur physique du Real, a concocté en janvier, comme chaque année, un programme spécialement destiné à l’arrivée des joueurs dans une forme optimale à la mi-février, moment où les résultats des matchs comptent triple. Les joueurs accusent probablement le contrecoup physique de ce programme actuellement, mais auront les jambes bien moins lourdes dans un mois. 

Deuxièmement, une réaction d’orgueil est forcément attendue de la part des superstars du Real, qui s’en prennent plein la figure depuis des mois et n’ont plus que cette Ligue des champions pour sauver leur saison. D’une certaine manière, la défaite de ce samedi soir pourrait même les libérer, à la fois psychologiquement (plus du tout de pression en Liga) et physiquement (Zidane pourra allègrement laisser des joueurs au repos en vue de la Ligue des champions). On a, en outre, déjà vu de nombreuses équipes décrocher le Graal européen en étant à la peine en Championnat. Comme les Blues de Chelsea qui, après avoir loupé le coche d’un cheveu durant de longues années tout en jouant les premiers rôles en Angleterre, ont soulevé le plus prestigieux des trophées du football de clubs en 2012, l'année même où ils ont fini à une piteuse 6e place.

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L'élimination du PSG en Ligue des champions

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