Nouvelle (grosse) blessure pour Lucas Hernandez : le Bayern Munich accuse l’équipe de France

Football

FOOTBALL – Le défenseur international français du Bayern Munich Lucas Hernandez souffre "d'une rupture partielle du ligament interne de la cheville droite", et sera indisponible pour plusieurs semaines. Le directeur sportif du club allemand charge les Bleus, qui l’ont aligné face à la Turquie.

On rembobine ! Sans doute le faut-il pour bien saisir la tension qui règne aujourd’hui entre la Fédération française de football (FFF), le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps en particulier, et le Bayern Munich, son médecin Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt en particulier. Et ce, même si le nom d’aucun des deux hommes n’est mentionné dans le communiqué mis en ligne ce mercredi par le club bavarois pour annoncer la nouvelle blessure, "une rupture partielle du ligament interne de la cheville droite", de Lucas Hernandez, sorti la veille sur une civière à la 58e minute d’un match de Ligue des champions perdu par son équipe (3-2) contre l'Olympiakos au Pirée.

On rembobine donc, jusqu’au mois de mai 2014. Et à un coup de tonnerre : Franck Ribéry quitte l’équipe de France, alors en pleine préparation de la Coupe du monde au Brésil. Tout le monde l’ignore à ce moment-là mais l’ailier du Bayern Munich ne reviendra plus jamais chez les Bleus. Chose étonnante : Didier Deschamps refusera, dans les jours qui ont suivi, de commenter ce forfait, concernant pourtant la star absolue de son groupe. Il faudra attendre que la compétition débute pour que les langues se délient.  Du moins, une.

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L'épineux cas Ribéry

"Franck appartient à un club où le mode de traitement de toutes pathologies, quelles qu'elles soient, se fait à base de piqûres, lâche, le 13 juin 2014 durant une conférence de presse mémorable, Franck Le Gall, le médecin de l'équipe de France. Il peut y en avoir 10, 20, 25, 40, par pathologie, par année. On aurait pu choisir cette option, ce qu'on n'a pas fait. A un moment, il n'en pouvait plus des piqûres, donc on ne l'a pas fait parce qu'il a peur des piqûres. N'oubliez pas non plus qu'il a dû être opéré de la fesse (en février) pour un hématome lié à un traitement subi en club." 

Franck Ribéry, qui estime devoir beaucoup au staff médical bavarois, ne pardonnera jamais. Le médecin mis en cause, Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt, non plus. Ce dernier expliquera peu de temps après, par voie de communiqué, que "Ribéry n’a pas, à [sa] connaissance, de peur panique des piqûres mais a seulement refusé le traitement à la cortisone proposé en France. Le seul fait qu’il (Ribéry) soit retourné à Munich après son forfait en équipe de France afin de se faire soigner sans cortisone et sans antidouleurs souligne un peu plus cet état de fait", la sulfureuse sommité assurant pour finir "qu’une participation (de Ribéry) au Mondial aurait été possible s’il s’était fait soigner par [lui]".

L'équipe de France a utilisé Hernandez face à la Turquie, contre la volonté du Bayern et du médecin de l’équipe. Je n’ai pas aimé, et ça m’énerve.- Le directeur sportif du Bayern Munich, Hasan Salihamidzic

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L’eau, depuis, a coulé sous les ponts, mais la défiance mutuelle entre les deux parties, elle, perdure, dans un contexte de pression financière toujours plus grande (les clubs payent leurs joueurs, pas les équipes nationales) ayant accentué les divergences entre clubs et sélections. Ainsi, quand Didier Deschamps a convoqué Lucas Hernandez dans sa dernière liste, début octobre, après un an d’absence du défenseur en raison d’une grave blessure au genou, c’est assez logiquement que le Bayern a fait les gros yeux. "Je suis irrité par le comportement de la Fédération française", avait en effet immédiatement réagi son président Karl-Heinz Rummenigge, considérant encore le joueur comme "blessé".

Alors, quand Lucas Hernandez a quitté le stade sur des béquilles en grimaçant ce mardi soir, alors que son club était déjà privé du pilier de sa défense Niklas Süle, victime ce samedi d'une rupture des ligaments croisés du genou et probablement indisponible jusqu'à la fin de saison, il n’a pas été surprenant non plus de constater que c’est vers les Bleus que les dirigeants bavarois ont dirigé leur courroux. "Ça ne m’a pas plu du tout ! L'équipe de France a utilisé Hernandez face à la Turquie (le 14 octobre, ndlr), contre la volonté du Bayern et du médecin de l’équipe, Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Je n’ai pas aimé qu’il joue malgré notre prise de parole, et ça m’énerve", a tempêté le directeur sportif du Bayern, Hasan Salihamidzic. Avant de conclure, dans un hommage tout en name dropping : "Le Dr. Müller-Wohlfarth est un expert en la matière. Je ne veux blâmer personne, mais il faut faire confiance à des personnes comme le Dr. Müller-Wohlfarth." 

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