OGC Nice-AS Monaco : utilisé pour la première fois en France, quel premier bilan pour l'arbitrage vidéo ?

OGC Nice-AS Monaco : utilisé pour la première fois en France, quel premier bilan pour l'arbitrage vidéo ?

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VIDÉO - Mardi soir, lors du quart de finale de Coupe de la Ligue entre l'OGC Nice et l'AS Monaco (1-2), l'arbitrage vidéo a été utilisé pour la première fois entre deux formations de l'élite, permettant de valider deux buts lors de la rencontre. Comment a-t-il été utilisé ? Qu'en ont pensé les joueurs ? Premier bilan.

Déjà instauré en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne, l'arbitrage vidéo passait un énorme test en France mardi soir. Pour la première fois dans un match de football professionnel dans l'Hexagone, il a été expérimenté lors du quart de finale de Coupe de la Ligue entre l'OGC Nice et l'AS Monaco, qui s'est conclut par une victoire monégasque sur le score de 2-1. C'est Clément Turpin, considéré comme un des meilleurs sifflets de France, qui avait la lourde tâche d'étrenner cette nouvelle technologie ayant pour but de "faciliter" la vie des arbitres dans plusieurs situations de jeu, quatre précisément.


En effet, les règles sont claires : l'arbitrage vidéo peut être sollicité afin de déterminer si le but est valable, soit pour savoir si le ballon a bien franchi la ligne, soit pour déterminer si une situation de hors-jeu entache un but. 

En vidéo

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Il peut également être utilisé dans une situation de penalty, afin de savoir si la faute est réelle et si elle est commise dans la surface de réparation, pour vérifier si un carton rouge est justifié et pour identifier un joueur sanctionné lors d'une faute ou d'une altercation.

Quand a-t-il été utilisé ?

Lors de la rencontre entre Nice et Monaco, la nouvelle technologie n'a pas mis longtemps pour montrer son utilité. Dans les vingt premières minutes de jeu, elle a ainsi été utilisée pour valider le but du Monégasque Thomas Lemar, à la 3e minute de jeu. Ce dernier était soupçonné d'être en position de hors-jeu après avoir repris un centre du Sénégalais Baldé Keita au second poteau. Le but sera finalement validé après une minute d'attente.


Quinze minutes plus tard, même scénario. Le Niçois Alassane Pléa s'échappe dans le dos de la défense et trompe Diego Benaglio d'un plat du pied droit, après avoir fixé le défenseur monégasque. M. Turpin le soupçonne également d'être en position de hors-jeu et met alors le doigt sur son oreillette, attendant durant une minute la décision des deux assistants vidéo. Il validera finalement la réalisation de l'ancien Lyonnais, à la 18e minute de jeu.

Canal + conteste le but de Pléa

Sur l’égalisation de Nice face à Monaco à la 18e minute de jeu, par le biais d'Alassane Pléa, Clément Turpin a, après consultation de ses assistants vidéo, décidé d'accorder le but. Une décision qui n'a pas été du goût du diffuseur de la rencontre, Canal +. La chaîne cryptée a alors pris le soin de dégainer son révélateur pour expliquer que le buteur était selon elle hors-jeu de quelques centimètres au moment de la passe de son partenaire.

Où se trouvent les assistants vidéo ?

En charge d'assister l'arbitre principal Clément Turpin dans les situations floues de la rencontre, Amaury Delerue et Johan Hamel ont endossé pour la première fois respectivement les rôles d'arbitre assistant vidéo principal et d'assistant auxiliaire. Ces derniers étaient installés pour l'occasion dans un camion "Hawk Eye" (système d'arbitrage vidéo également utilisé en tennis), stationné sur un parking de l'Allianz Riviera.

Qu'en ont pensé les joueurs et entraîneurs ?

Ayant joué un rôle déterminant dès sa première utilisation entre deux clubs de Ligue 1, permettant la validation de deux buts, l'arbitrage vidéo a globalement séduit du côté des principaux concernés, les joueurs. Après la rencontre, le Niçois Pierre Lees-Melou a donné son sentiment sur la technologie : "De l’extérieur on se dit que ce n’est pas mal la vidéo, mais sur le terrain c’est un peu bizarre parce que, du coup, on est mitigé, parce que on ne veut pas trop exploser de joie, on se dit à tout moment que le but va être annulé, donc c’est particulier. Mais je trouve que ça a été assez rapide. Je m’attendais à ce que ça soit plus long les décisions, les visionnages, donc ça a été, on n'a pas été trop perturbé."


Pour le Monégasque Adama Diakhaby, buteur lors de la rencontre, cette première utilisation était "un peu étrange". "C’est flou un peu. On ne sait pas s’il va y avoir but ou pas but, a-t-il expliqué. C’est une nouvelle technologie, il faut faire avec. On est tenté (ndlr : de discuter avec l'arbitre), ça c’est sûr. Il a été dit avant le match qu’il était interdit d’aller voir l’arbitre pour lui poser une question par rapport à ça, sinon c’était carton jaune. Moi, j’ai préféré ne rien dire. Même sur le but de Thomas, où il est hors-jeu, je voulais y aller un petit moment, mais je me suis rappelé qu'Andrea Raggi nous a dit qu’il ne fallait pas."

Du côté des coachs, le Niçois Lucien Favre a tenu à relativiser le rôle de cette nouvelle technologie, tout en émettant quelques réserves : "Ce sont les débuts. J’ai vu qu’en Allemagne ils avaient des problèmes avec. Il faut que ça reste simple. Et attendre entre chaque but, carton etc, c’est compliqué ..." En revanche, pour le coach de l'ASM Leonardo Jardim, l'arbitrage vidéo est une bonne chose pour le football : "Je soutiens l’arbitrage vidéo. Bien sûr, tu perds 2-3 minutes, mais les erreurs vont diminuer" a-t-il déclaré.

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