OL : pourquoi le président Jean-Michel Aulas refuse maintenant de prolonger le contrat de son entraîneur Bruno Genesio

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FOOTBALL – Battu et éliminé à domicile par Rennes (2-3) en demi-finale de la Coupe de France, l’Olympique lyonnais accuse le coup. Son entraîneur, Bruno Genesio, aussi.

L’OL, via son président Jean-Michel Aulas, a beau s’enorgueillir d’être le club français le plus régulièrement qualifié pour la prestigieuse, et lucrative, Ligue des champions, cela n’atténue pas la déception de ne plus avoir soulevé le moindre trophée depuis sept ans et la Coupe de France remportée en 2012. En témoigne la séquence qui vient de voir Lyon s’imposer (0-1) à Rennes vendredi, consolidant ainsi sa place sur le podium de la Ligue 1 (qualificatif pour la Ligue des champions), avant de s’incliner mardi, à domicile (2-3), face aux mêmes Bretons en demi-finale de la Coupe de France. Et ses conséquences directes sur le sort de son entraîneur, Bruno Genesio.

Rappelons que Jean-Michel Aulas devait, selon des sources concordantes, annoncer la prolongation pour deux ans du contrat de son coach (qui expire le 30 juin 2019), ce mardi soir, après le coup de sifflet final. Au lieu de quoi, le président a pris place aux côtés de Bruno Genesio dans l’auditorium dédié aux conférences de presse d’après-match pour indiquer que "le deal ne tient plus". Le deal ? "Nous avions convenu que si nous allions en finale de la Coupe de France, ce qui n’est plus le cas, et si nous étions sur le podium, il y aurait une prolongation de deux saisons supplémentaires. Malheureusement, nous n’irons pas à Saint-Denis (où se tiendra la finale le 27 avril, ndlr)", a ajouté le dirigeant.

Si ces explications dissipent une part du mystère entourant l’étrange timing de cette annonce, elles laissent toutefois en suspens la question majeure : comment un club du standing de l’OL, 2e plus gros budget de France et dont la saine gestion est louée de toutes parts, a-t-il pu se retrouver dans une situation ubuesque où l’avenir de l’entraîneur s’est joué sur le résultat d’un seul match ? En effet, si Lyon s’était qualifié, il restait tout de même une finale à disputer, possiblement face au PSG (opposé à Nantes ce mercredi dans l’autre demi-finale), pour remporter le trophée qui, initialement, faisait office de condition sine qua non à ladite prolongation...

Je ne peux que constater cette immense déception chez les dirigeants, le staff, mais aussi, vous l’avez entendu, chez les supporters.Jean-Michel Aulas

Sur ce point précis, Jean-Michel Aulas a aussi joué la carte de l’honnêteté, en réponse à la question de savoir pourquoi il n’avait pas directement fixé à la fin mai l’échéance pour prendre une telle décision. "C’est ce qui était prévu mais Bruno a demandé (pendant la trêve hivernale) à ne pas attendre la fin de la saison, a détaillé le président. C’était une demande légitime, car lorsqu’on entraîne un grand club comme l’OL, le jour où vous arrêtez, c’est un grand vide. J’ai donc réuni mon comité de gestion pour trouver une solution. Elle était liée aux résultats : aller en finale de Coupe de France et se qualifier pour la Ligue des champions. Ce qui me paraissait logique."

Dit autrement : le patron de l’OL a précipité cette annonce par souci de loyauté, et pour ménager un entraîneur dont les supporters exigent le départ depuis de longs mois. L’élimination de mardi, forcément, n’arrange rien. "Je ne peux que constater cette immense déception chez les dirigeants, le staff, mais aussi, vous l’avez entendu, chez les supporters", qui ont encore scandé des "Genesio démission" après la rencontre, a ainsi insisté Jean-Michel Aulas. Avant de se dire "catastrophé de ne pas pouvoir annoncer ce qu’on avait prévu"...

Parti pour partir ?

Et maintenant ? "La prolongation n’est pas totalement écartée mais on tiendra encore plus compte des résultats. Bruno pourrait être prolongé mais il peut aussi s’en aller et ne pas répondre aux propositions qu’on pourrait lui faire. C’est une histoire qui sera fondamentalement différente", a synthétisé le dirigeant pour finir. Son entraîneur, lui, n’a souhaité s’attarder là-dessus, déclarant simplement : "Il reste huit matchs de championnat et je vais tout donner pour amener l'équipe à la deuxième place. Je veux laisser le club dans l’état dans lequel je l’ai trouvé, à savoir qualifié en Ligue des champions." Pour un peu, on aurait cru entendre parler quelqu’un qui est déjà parti.

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