OM-Atlético Madrid : un dispositif de sécurité rarement vu à Lyon pour la finale de la Ligue Europa

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SOUS HAUTE TENSION - Le dispositif de sécurité autour de la finale de la Ligue Europa entre l'Olympique de Marseille et l'Atlético Madrid, ce mercredi 16 mai à Lyon, sera "deux fois plus important que lors des matches de l'Euro 2016", selon le préfet Stéphane Bouillon. Rien n'a été laissé au hasard pour que la fête du football soit réussie.

À match exceptionnel, dispositif exceptionnel. La finale de la Ligue Europa entre l'OM et l'Atlético Madrid, ce mercredi (20h45) au Groupama Stadium de Décines, dans la banlieue de Lyon, mobilise toute la vigilance des autorités chargées d'assurer la sécurité et d'encadrer les supporters des deux camps. Du fait des tensions passées entre Marseillais et Madrilènes, en 2008 au stade Vicente-Calderón, et de la rivalité exacerbée ces dernières semaines entre l'OM et l'OL, dont le stade reçoit cette finale de C3, la rencontre a été classée "à risque". 


Elle intervient d'autant plus dans un contexte terroriste, moins d'une semaine après l'attaque au couteau à Paris, qui a fait un mort et quatre blessés. De fait, le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé pour permettre le bon déroulement de cet événement sportif.

Une mobilisation hors-norme

Pour éviter tout débordement, 1250 policiers, gendarmes et CRS seront déployés autour de l'enceinte sportive et dans le centre de Lyon. Soit un dispositif "deux fois plus important que lors des matches de l'Euro 2016" et "multiplié par trois ou quatre" par rapport à un match de Ligue 1, selon Stéphane Bouillon, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a détaillé les mesures lundi. Seront également mobilisés des policiers municipaux de Lyon et de Décines, un hélicoptère et deux canons à eau. Les forces de l'ordre pourront aussi s'appuyer sur les 400 caméras à leur disposition pour surveiller l'événement en direct. 

Pour que la fête soit belle, près de 1100 stadiers, dont 200 envoyés par l'OM et une vingtaine par l'Atlético Madrid, prendront quant à eux place dans le Groupama Stadium. À l'intérieur du stade, les fans des deux équipes seront placés dans les virages, les supporters de l'OM au Sud, ceux de l'Atlético au Nord. "Des barrières et des zones tampons seront installées dans le stade pour éviter que des groupes de supporters se rencontrent", a fait savoir le préfet Bouillon. À noter également que les boissons alcoolisées, fumigènes et autres pétards seront interdits. "Tout est mis en place pour que les palpations et files fonctionnent".

Limiter les contacts entre supporters

Tout le monde se souvient des incidents qui avaient émaillé le match de Ligue des champions entre l'Atlético Madrid et l'Olympique de Marseille à Vicente-Calderón en 2008. L'UEFA avait alors infligé une sanction de trois rencontres, dont une avec sursis, aux Madrilènes pour un "manque d'organisation durant le match et la conduite impropre de leurs supporters". Pour prévenir ce genre de situation, les fans des deux équipes (9500 du côté de l'Atlético, 11.500 pour Marseille) seront encadrés au plus près. Un dispositif hermétique sera mis en place pour qu'ils ne se croisent pas, et ce dès leur passage par l'autoroute A7, menant au stade. 


"Tout un dispositif de transports en commun sera mis en place pour étanchéifier les mouvements de supporters. Des aires de stationnement dédiées et séparées seront mises en place dans le cadre de l'acheminement des supporters", a indiqué sur ce point la préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes. Dans la même logique, il n'y aura pas de défilé de supporters dans le centre-ville de Lyon. Ainsi, les autorités entendent limiter les contacts entre les inconditionnels de l'OM, de l'Atlético et ceux de l'OL. "On ne peut exclure qu'il y ait des 'fights' mais nous serons d'une extrême vigilance et prêts à réagir. Nous surveillons les hooligans, identitaires ou pas, et essayons d'anticiper leurs actions. Nous surveillons aussi les réseaux sociaux", a-t-elle ajouté. 

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La finale OM-Atlético Madrid en chiffres

Les clubs visés en cas d'incidents

Dès les demi-finales de la Ligue Europa, les supporters phocéens avaient fait savoir, par le biais d'un chant, leur "envie de tout casser chez Jean-Michel Aulas (ndlr : le président de l'Olympique lyonnais), parce qu'il le mérite bien". Dans ce contexte tendu sur fond de rivalité entre Marseille et Lyon, le club rhodanien avait alors déposé une plainte après cet appel à "tout casser".


Visé par une procédure disciplinaire après son déplacement à Salzbourg, où ses supporters avaient fait usage de projectiles et de fumigènes, l'OM joue depuis la carte de l'apaisement. L'UEFA, l'instance européenne organisatrice de l'événement, pourrait en effet tenir comme responsable le club marseillais en cas de débordements aux abords ou à l'intérieur de l'enceinte. Du côté de l'Atlético, des "spotters", ces policiers chargés de repérer les potentiels fauteurs de troubles, seront eux aussi mobilisés pour prévenir tout incident. Ce dispositif a fait ses preuves, puisqu'aucun événement majeur n'a émaillé la saison des Colchoneros.

Cependant, les autorités n'appréhendent pas spécialement la présence des fans de l'Atlético, et ce malgré les rumeurs non-avérées d'alliance entre Lyonnais et Madrilènes. Toutefois, pour se prémunir d'une telle éventualité, "un travail de prise de contact a été effectué en amont avec les organisations de supporters pour obtenir des engagements et que tout se passe le plus correctement possible", a encore dit le préfet Bouillon. "L'objectif est que la fête soit réussie".

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