OM : José Anigo a pensé à mettre fin à ses jours

Football

DRAME – Dans une interview accordée à Paris Match, José Anigo est longuement revenu sur le décès de son fils Adrien, tué dans un règlement de comptes en septembre 2013, et sur le calvaire qu'il a dû endurer. L'ancien entraîneur de l'OM a même songé au suicide.

José Anigo et Marseille, c'est une histoire d'amour qui a mal fini. Après avoir été joueur, entraîneur, directeur sportif, puis une nouvelle fois entraîneur à l'OM, l'homme âgé de 53 ans a décidé de quitter la cité phocéenne. Il est désormais recruteur/ambassadeur pour le club au Maroc depuis son départ et l'arrivée de Marcelo Bielsa en mai dernier .

Plus que le club, c'est la ville que l'ancien défenseur a voulu fuir, elle qui lui a enlevé son fils Adrien, tué lors d'un règlement de comptes dans le 13e arrondissement : "Quand je me suis séparé de sa mère, Adrien a voulu vivre avec moi, j'en ai eu la garde, explique Anigo à Paris Match . J'ai demandé de l'aide à ma mère. Elle habitait toujours à Consolat, où j'ai grandi, une zone sensible dans les quartiers Nord. Adrien a été scolarisé au collège Jules-Ferry, c'est là qu'il a rencontré les mauvaises personnes. Les cités sont des centres de formation pour la délinquance. Il a trouvé dans la rue ce qu'il n'avait pas à la maison. Je pense que sa mère lui manquait, je ne pouvais pas jouer les deux rôles."

"Lors d'un déplacement avec l'OM, en octobre, dernier, j'ai songé à rejoindre à Adrien"

Soupçonné d'avoir participé à plusieurs braquages, ce dernier avait été inculpé en février 2007 et en février 2010. Son père, sentant qu'il fallait le sortir de la délinquance, voulait l'emmener vivre avec lui sur le continent africain : "A Marseille, il y a toujours quelqu'un du passé qui vous rattrape. Impossible de s'extirper des griffes du Milieu, sauf en fuyant. Adrien voulait le faire, emmener sa famille loin d'ici, nous suivre au Maroc. Et recommencer une autre vie. C'était prévu en 2014. Mais il nous a manqué six mois pour le sauver..."

Dévasté par son décès, il a même songé au pire : "Lors d'un déplacement à Naples avec l'OM, en octobre dernier, j'ai songé à rejoindre Adrien. Nous étions sur la terrasse d'un grand hôtel et je regardais en bas, en pensant que c'était le bon endroit pour partir. J'ai senti ma vie tenir à un fil. Puis j'ai réalisé que je ne pouvais pas abandonner ma famille."

S'il travaille toujours officiellement pour l'OM, José Anigo confie ne plus pouvoir vivre à Marseille malgré tout l'amour qu'il porte pour la ville : "Je reviendrai pour y être enterré à côté de mon fils, car j'aime passionnément ma ville. Mais aujourd'hui je ne peux vivre avec elle. Tout me rappelle Adrien. Et puis à l'OM, les Marseillais, les supporters, les médias ne me supportent plus. A cause des mauvais résultats de l'équipe, des histoires."

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