OM : Marcelo Bielsa, un mea culpa, une belle feinte et une démonstration tactique

Football

FOOTBALL - C'est le régal du vendredi. Ce jour de la semaine où on a le plaisir de lire les propos tenus par Marcelo Bielsa en conférence de presse. L'entraîneur argentin de l'OM, toujours aussi humble et sincère, a dévoilé son analyse de la dernière défaite des siens à Montpellier (2-1), se livrant également à une belle auto-critique. Scène cocasse, il est parti puis revenu devant son pupitre en fin de séance pour évoquer un sujet éludé par les journalistes. Du grand art.

Ce n'est pas la perte de la première place qui a changé Marcelo Bielsa. L'OL a bien pris les rênes du championnat le weekend dernier à des Phocéens qui les tenaient depuis quatorze journées, cela n'a pas empêché "El Loco" de converser avec les journalistes avec la même sincérité et le même désir d'explications tactiques. Ce vendredi, lors de sa traditionnelle conférence de presse, le tacticien argentin a évoqué la défaite des siens à Montpellier (2-1) il y a sept jours, s'attribuant la majeure partie des torts dans cet échec.

LIRE AUSSI >> Ligue 1 : L'OM chute à Montpellier (2-1) et met son trône en danger

"Michy Batshuayi a joué ailier droit, ce n’est pas sa position et il n’a pas réussi à résoudre cette difficulté, comme ne l’ont pas résolu André-Pierre Gignac et Dimitri Payet quand ils ont joué sur les côtés. En l’absence d’un ailier (André Ayew est à la CAN et Romain Alessandrini était à l'infirmerie, ndlr), j’ai choisi Abdelaziz Barrada, Gignac, Batshuayi et Payet pour ces postes et ce n’étaient pas les bonnes décisions, a-t-il affirmé lors d'une séance diffusée en vidéo par le site officiel du club . Contre Montpellier, Mario Lemina aurait pu jouer ailier, Bilel Boutoubba aussi, je n’ai pas pris cette décision et ça a été une erreur. L’autre aspect, c’est que Gignac a été malade, il n’aurait pas dû jouer ce match. Ça a été une autre erreur très claire de ma part."

Bielsa, quelle feinte de corps !

La conséquence directe de ces "erreurs", c'est que l'OM s'est montré particulièrement inoffensif à la Mosson. Quand Bielsa estime à huit le chiffre habituel d'occasions par match de son équipe, il n'en a compté que trois vendredi dernier : le but de Bilel Omrani, l'énorme raté de Gignac et sans doute la reprise en extension compliquée de Florian Thauvin. "Le match de Montpellier fait partie de ceux où on est le plus arrivés dans la zone de la dernière ou avant-dernière passe. Seulement, on n’a pas réussi à les faire, ces passes, alors qu’on a eu le temps pour ça", avait-il indiqué avant d'expliquer que ces lacunes provenaient donc de ses mauvais choix quant au placement des joueurs sur le terrain.

LIRE AUSSI >> Comment Bielsa est devenu la star de l'OM en 2014

Prolixe comme toujours pour parler football, l'ancien coach de Bilbao et de l'Argentine a même feinté son départ en fin de conférence pour revenir s'assoir et évoquer un sujet qui n'avait pas été abordé : sa fameuse défense à trois dans l'axe. "J’avais préparé un argumentaire sur la défense à trois, je suis surpris que vous ne m’en parliez pas donc je le fais de moi-même, a-t-il lâché avec la même sobriété qui le caractérise. Je pense que c’est un meilleur dispositif, que ça augmente les possibilités de bien défendre. On ajoute les latéraux à ces trois défenseurs axiaux, ils ont la bonne habitude de fermer à l’intérieur afin de compenser les éventuels déséquilibres. A quatre, les latéraux ont l’habitude de couvrir au centre et dans leur dos."

Pour Bielsa, c'est une évidence, "on est plus fort et efficace à trois défenseurs qu’à quatre. On a utilisé ce système quatorze fois et on a perdu seulement deux fois. Je pense qu’on défend mieux à six qu’à cinq." Le débat est (enfin) lancé.

Lire et commenter