OM-PSG (2-2) : buteur mais expulsé, Neymar peut-il assumer le leadership d’un grand club ?

ANALYSE – Certes auteur du but de la première égalisation, Neymar a quitté ses partenaires avant le terme du Classique face à l’OM (2-2) ce dimanche soir en raison d’un mouvement d’humeur. Ce qui pose question sur sa capacité à faire gagner les grands matches au PSG.

Qu’est-ce qu’un grand joueur ? Celui qui fait gagner les grands matches, répondent en chœur les amateurs de football. Certains, dont les joueurs parisiens eux-mêmes, ont diffusé l’idée que l’OM-PSG (2-2) de ce dimanche soir pour la 10e journée de Ligue 1 n’en était pas un.


Force a pourtant été de constater qu’en termes d’intensité et d’engagement, d’équilibre des forces et d’ambiance dans le stade, mais aussi en termes d’enjeu comptable au regard du classement, cette rencontre en revêtait tous les aspects. Et qu’a fait Neymar, celui-là même pour lequel Paris a battu le record d’indemnité de transfert (222 millions d’euros) cet été afin qu’il endosse ce costume de héros ? Il a déçu, et pas qu’un peu.

En quelques instants, Neymar a disjoncté

Bien sûr, il y a eu ce but de l’égalisation à 1-1, d’une frappe croisée, en déséquilibre, qui plus est dans une position très excentrée. Un but qui démontre l’ampleur de son talent brut. Il y a eu aussi quelques embryons de magie sur certaines prises de balle ayant fait passer des frissons d’angoisse dans les travées du Vélodrome tout entier. Mais rien, vraiment, qui a pu déstabiliser la solide arrière-garde marseillaise sur la durée, qu’on parle d’éclairs individuels ou d’inspirations collectives.

Lui-même, sans doute, ne gardera comme souvenir de ce match que son expulsion, pour un coup de tête à Lucas Ocampos, venu le faucher par derrière dans les dernières minutes. Juste avant, le même Neymar avait écopé d’un premier carton jaune, pour une charge par derrière sur Morgan Sanson, suivie d’un coup dans l’entrejambe du Français, alors au sol. En quelques instants, la star, le leader technique,  a disjoncté. 

Cavani en contraste

Celui qui rêve de Ballon d’or, et qui est venu à Paris pour le gagner, a ainsi démontré qu’à 25 ans, il n’avait pas les nerfs solides d’un Lionel Messi ou d’un Cristiano Ronaldo. Ces grands joueurs qui, eux aussi, reçoivent de nombreux coups à longueur de matches, car étant identifiés par l’adversaire comme principal danger. Mais qui ne mouftent pas. Dans cette fin de rencontre où Paris était mené 2-1, Neymar aurait dû, au contraire, déployer des trésors de génie pour revenir au score. 

Cela rappelle qu’il y a quelques semaines, les enfantillages du Brésilien pour disputer le droit de tirer les penalties à Edinson Cavani ont bien failli mettre le feu au vestiaire parisien. Hasard ou coïncidence : c’est Cavani, justement, qui a endossé le costume du sauveur ce dimanche soir. Après avoir provoqué, par son abnégation, et marqué le coup franc du 2-2 à la toute dernière minute, l’Uruguayen a dit ceci : "C'est un but important parce que le match commençait à passer, on était à la fin et on en avait besoin. C'est un point et c'est tout. C'était très difficile dans cette ambiance… On a beaucoup de choses à améliorer. Mais c'est le football, c'est comme ça ! Tu peux perdre ou gagner mais tu as besoin de tout donner pour sortir du terrain la tête haute." Une leçon.

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