OM-PSG : Paris et Marseille vivent-ils le Clasico de la même manière ?

Football

LIGUE 1 - La rivalité entre les deux places fortes du foot français, qui squattent actuellement le podium et s'affronteront dimanche au Vélodrome, ne date pas d'hier. Passé de Paris à Marseille durant l'âge d'or des années 1990, l'ex-milieu de terrain Daniel Bravo décrit à metronews les différences entre les perceptions des uns et des autres.

Si le choc entre le PSG et l'OM, dont la prochaine édition a lieu dimanche, est désigné par le terme espagnol "Clasico", ce n'est pas pour rien. Au début des années 1990, le président parisien Michel Denisot et son homologue marseillais Bernard Tapie, bien aidés par Canal+, alors propriétaire du club de la capitale et diffuseur exclusif du Championnat de France, ont mis en œuvre la transposition française de l'affrontement traditionnel entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Monté de toutes pièces, l'antagonisme s'est donc construit au cours des deux dernières décennies en France. Avec des différences notables selon que l'on se trouvait dans un camp ou dans l'autre.

Surnommé "le petit prince du Parc" durant ses dix années passées sous le maillot parisien, de 1986 à 1996, Daniel Bravo a connu les plus grandes heures de l'histoire du PSG... Avant de rejoindre l'OM en 1998. Durant la majeure partie de cette décennie, les Olympiens s'imposaient systématiquement contre leur rival. "À l'époque, Tapie faisait les causeries, explique Bravo à metronews. Il descendait même à la mi-temps des matchs pour pousser une gueulante. Il y avait un vrai sentiment anti-Parisien à Marseille et c'est peut-être ce qui a fait la différence toutes ces années. Nous, à Paris, on jouait ces matchs comme des rencontres de Coupe d'Europe. On les considérait comme des grands matchs mais on n'y mettait pas la même rage qu'eux. D'ailleurs, ils en mettaient même un peu trop..."

À Marseille, Bernard Tapie a laissé un grand vide

La courbe des résultats s'est ensuite inversée. Parce que les Parisiens sont devenus enragés à leur tour ? Pas du tout, répond celui qui officie désormais en tant que consultant pour Canal+. "Quand je suis arrivé à Marseille, Tapie n'était plus là et c'était déjà différent, raconte-t-il. En fait, ça ressemblait plus à ce que j'avais vécu à Paris quelques années plus tôt, à savoir que ça s'était normalisé. J'ai senti les Marseillais moins morts de faim." Cette saison-là, ils jouaient pourtant le titre pour la première fois depuis leur remontée en L1 après l'affaire VA-OM. Mais ils se sont inclinés (2-1) au Parc des Princes durant le sprint final. La page Denisot/Tapie était définitivement tournée.

Pour la petite histoire, le milieu de terrain est finalement passé à un cheveu de devenir champion de France avec Marseille. La faute à une défaite de Paris à domicile contre Bordeaux (3-2) lors de la dernière journée, dont on se demande toujours si elle n'avait pas été volontaire, celle-ci ayant eu pour effet direct de sacrer les Girondins au détriment des Phocéens. C'est sans doute précisément à ce moment-là que l'antagonisme s'est ancré dans le réel.

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