Virer Rudi Garcia, pourquoi l'OM va y réfléchir à deux fois

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ÉTAT DE CRISE - Fragilisé par l'élimination de l'OM en Coupe de France face aux amateurs d'Andrézieux, Rudi Garcia ne semble pourtant pas menacé. Car si n'importe quel entraîneur phocéen englué dans telle une spirale négative aurait été remercié par sa direction, la situation est plus complexe en ce qui concerne l'ancien Lillois.

La trêve de Noël n'aura pas suffi à l'OM pour se refaire une santé. Après avoir été sorti de la Ligue Europa au terme d'un parcours désastreux (un point en six matches), après avoir été éliminé à domicile en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue par Strasbourg (1-1, 4 t.a.b. à 2,) Marseille a été humilié, cette fois en 32es de finale de la Coupe de France. Les Olympiens ont subi dimanche 6 janvier la loi des amateurs d'Andrézieux-Bouthéon (2-0), équipe de Nationale 2, l'équivalent de la quatrième division du football français. Voilà, à la mi-saison, la formation olympienne éliminée de toutes les coupes, nationales et européenne.


Au cœur de cette situation devenue insoutenable, avec une septième rencontre consécutive sans victoire, toutes compétitions confondues, le sort de Rudi Garcia pose évidemment question. Dimanche, face à la presse, il n'a pas fui pas ses responsabilités dans la crise profonde que traverse le club phocéen depuis le début de la saison. "On est tous responsables, moi le premier évidemment", a-t-il reconnu, avant de rabâcher les mêmes banalités qu'il répète semaine après semaine, comme pour se convaincre qu'il peut encore redresser la barre : "On est trop sur courant alternatif mais on va trouver des solutions car il n'y a que ça à faire." 

Si l'on s'en tient aux faits, la tête l'ancien coach du LOSC et de la Roma ne tient qu'à un fil. Arrivé en 2016 sur la Canebière comme le sauveur de l'OM, qu'il a mené jusqu'en finale de la Ligue Europa en mai dernier, Garcia ne semble plus être l'homme de la situation. Pris en grippe par des supporters exaspérés, qui réclament publiquement son départ, il ne parvient pas à trouver la solution, comme à court d'idées, pour relancer une équipe qui, début janvier, n'a plus que le championnat à jouer. Et les Phocéens, sixièmes de Ligue 1, à cinq points du podium, ne sont pas les mieux placés en ce qui concerne une qualif pour la Ligue des champions. 


Mais là où le bât blesse pour Rudi Garcia, c'est qu'au sein même du vestiaire olympien, il semble avoir été lâché par une partie de ses joueurs, dont certains cadres. Après la démobilisation générale de ses troupes face à Nantes (3-2) début décembre, il expliquait que les consignes n'avaient pas été suivies par certains. La faute sans doute à une mauvaise gestion de son mercato estival, tant dans le sens des arrivées (Kevin Strootman, Duje Caleta-Car, Nemanja Radonjic) que des départs (André-Franck Zambo Anguissa), et des soucis qui en ont découlé en interne avec, en point d'orgue, les remous provoqués par les salaires des recrues. 

Eyraud-Garcia, destins liés ?

Pourtant, à entendre le président de l'OM, Jacques-Henri Eyraud, Rudi Garcia n'est pas menacé. "C'est l'entraîneur que j'ai choisi, il se démène pour trouver des solutions", a-t-il assuré. Mais la situation est bien plus complexe que cela. En se séparant maintenant de son coach, JHE ferait preuve d'un aveu d'impuissance. C'est lui qui a récemment conforté l'ancien Lillois en le prolongeant de deux saisons, soit jusqu'en 2021. Peut-être l'a-t-il fait trop vite. Car, en s'attachant à Rudi Garcia, décision qu'il a défendue auprès du propriétaire, Frank McCourt, Eyraud a en quelque sorte lié son destin au sien. L'écarter du banc quelques mois après l'avoir blindé dans ses fonctions reviendrait à se déjuger, et donc à montrer qu'il était dans le faux.


Il ne faut pas occulter, non plus, le coût financier que représenterait le licenciement de Rudi Garcia. La Provence estime que les indemnités à régler à l'entraîneur pourraient se chiffrer entre 8 et 12 millions d'euros. Une somme conséquente que l'OM, déjà en délicatesse sur le marché des transferts hivernal et visé par l'UEFA dans le fair-play financier, devrait avoir du mal à sortir. Cela devrait inciter la direction olympienne à poursuivre, au moins pour un temps, l'aventure avec Garcia. Sauf contre-ordre de Franck McCourt "himself" qui, connu pour ne pas faire dans la demi-mesure, pourrait faire coup double en se séparant de l'attelage Eyraud-Garcia. Pour sa troisième saison, le "Champions Projet" vit des heures qui pourraient lui être fatales. 

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