"On va voir à Manchester s’ils vont pas se faire soulever !" : l’entraîneur de Villefranche tacle le PSG

"On va voir à Manchester s’ils vont pas se faire soulever !" : l’entraîneur de Villefranche tacle le PSG
Football
DirectLCI
FOOTBALL – Difficile vainqueur, en prolongation, du FC Villefranche Beaujolais (National), mercredi soir en 8es de finale de la Coupe de France, le PSG se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique arbitrale.

"Si l'arbitre veut faire ça, il peut le faire... J'ai seulement dit que ça ne valait pas un carton jaune, et pas un mot de plus. Pas un mot de plus ! J'ai juste dit ça. Si ça suffit pour une expulsion, OK… Je dois l’accepter mais c'est dur, parce que je ne dis qu'une seule phrase." C’était, aux yeux de l’arbitre, la phrase de trop. Thomas Tuchel, l’entraîneur du PSG, a écopé d’un carton rouge. Ce qui n’a pas empêché son équipe d’arracher au forceps (0-3, a.p) à Villefranche son billet pour les quarts de finale de la Coupe de France. Mais l’Allemand n’était pas le seul homme en colère mercredi soir.

On n’a pas le droit de toucher leurs joueurs !Alain Pochat, entraîneur de Villefranche

En effet, au bord de la pelouse durant le match, devant l’autre banc de touche, Alain Pochat, son homologue caladois (le nom des habitants de Villefranche-sur-Saône) a lui aussi vociféré. Sauf que lui ne s’en est pas pris à l’arbitre, mais à ses adversaires. "On n’a pas le droit de les toucher ! On va voir contre Manchester s’ils ne vont pas se faire soulever. Il a raison Laurey", a hurlé le coach, comme en témoigne la séquence ci-dessous, captée par les caméras et les micros d’Eurosport.

Alain Pochat fait ici référence à Thierry Laurey, l’entraîneur de Strasbourg, qui avait ainsi défendu ses joueurs, pointés du doigt pour leur comportement violent ayant provoqué une nouvelle blessure de Neymar, le 23 janvier : "Quand tu dépasses les bornes, il faut les assumer. Assumer, c’est prendre quelques coups. Je comprends que mes joueurs en aient marre de se faire chambrer, narguer. Je veux bien qu’on protège les gens, mais il y a des limites. Quand il fait des passes du dos, il se moque." Cette sortie, visant à justifier les agressions commises sur le Brésilien ce soir-là, vaut au technicien alsacien d’être convoqué devant la commission de discipline de la Fédération française de football (FFF).

Son homologue de Villefranche a tenu, mercredi soir, à lui réitérer son soutien en conférence de presse d’après-match, en développant plus calmement son point de vue : "Quand je cite Thierry Laurey, c’est que j’ai l’impression qu’on fait un procès de mauvaise intention à ce coach. Neymar a été blessé, ce n’est pas de chance pour le garçon, mais il n’y a pas eu d’agression ou d’attentat. A chaque fois, ils (les Parisiens, ndlr) mettent une petite pression sur les arbitres. Ils ont même été jusqu’à envoyer des lettres à la Direction technique de l’arbitrage. Heureusement qu’ils ne jouent pas dans les années 1980 avec Mozer, Boli et Di Meco parce que là, croyez-moi, ce serait beaucoup plus dur. A l’époque, ça découpait grave."

Reste que nous ne sommes plus dans les années 1980, mais que ce vieux débat persiste, accentué par des enjeux financiers toujours plus grands dans le football, dont une des conséquences est un écart de niveau présumé toujours plus grand entre les équipes. Il y a un an, alors qu’on lui reprochait (déjà) d’exprimer une forme de mépris par ses dribbles audacieux, Neymar lui-même avait verbalisé la chose en ces termes se voulant pédagogique : "Je joue au foot pour m’amuser.  C'est mon jeu. J’ai fait ce que j’aurais pu faire en jouant avec des amis dans une cour d’école. Eux (les adversaires), ils ont leurs armes, ils mettent des coups. Et moi, j’ai les miennes, je chambre, je provoque."

Football d'en bas

Mais le Brésilien et dans son sillage tout le PSG demandent en parallèle aux arbitres de sanctionner presque chacun de ces coups, ce qui ne passe pas dans les rangs du football d’en bas, qui tient à conserver ses "armes", un des derniers moyens de lutter qu’il leur reste le temps d'un match. Thomas Tuchel, en réclamant à l’arbitre un carton rouge plutôt qu’un jaune, pour une faute commise sur un de ses joueurs, s’inscrivait dans cette démarche de son club.

Une démarche que Julian Draxler, dans sa grande sagesse, a ainsi résumée après la rencontre, en tentant de la remettre dans le contexte : "Je pense qu'en ce moment, le coach n'est pas très content de l'arbitrage en France. Il faut protéger les joueurs. On a déjà perdu Neymar pour les grands matchs et on a besoin de tout le monde. C'est pour ça que le coach s'énerve et je le comprends. Ça reste un match de foot, il y a forcément des contacts, mais il faudrait aussi que les arbitres regardent un peu mieux." Une dernière phrase qui, sur le terrain, aurait donc pu valoir au Parisien une expulsion.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter