"Où est le progrès, où est la justice ?" : Michel Platini s'attaque au VAR, l'assistance vidéo à l'arbitrage

"Où est le progrès, où est la justice ?" : Michel Platini s'attaque au VAR, l'assistance vidéo à l'arbitrage

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TECHNOPHOBE - Suspendu de toutes activités liées au football jusqu'en 2019, Michel Platini a assisté impuissant à l'émergence du VAR, l'assistance vidéo à l'arbitrage, lors de la dernière Coupe du monde. L'ancien patron de l'UEFA partage son inquiétude sur cette technologie qui s'étend à presque tous les grands championnats.

L'utilisation du VAR à la Coupe du monde l'a renforcée dans ses convictions. Fervent opposant aux aides technologiques à l'arbitrage, Michel Platini n'est pas convaincu des bienfaits de l'assistance vidéo, mis en place lors de la dernière Coupe du monde et aujourd'hui déployée dans de nombreux grands championnats européens (dont la Ligue 1). Son avis sur la question est tranché. "Le VAR, c'est du bricolage vidéo. Il n'a pas apporté plus de justice", déclare ce mercredi à L'Équipe l'ancien président de l'UEFA. Lors de son mandat entre 2007 et 2015, l'ancien milieu de Nancy et de la Juve répétait son hostilité à l'introduction de l'assistance vidéo. 


Pour appuyer son raisonnement, l'ex-patron du football européen, blanchi en mai par la justice suisse dans l'affaire du versement de 1,8 millions d'euros mais toujours suspendu par la FIFA, prend pour exemple le match France-Croatie (4-2). "Prenez la finale de la Coupe du monde : il y avait le VAR, et pourtant, sur le premier but français marqué à la suite d'un coup franc, pour moi, il n'y a pas faute croate. Ensuite, sur le deuxième but français, c'est la régie qui appelle l'arbitre lequel devient une sorte de marionnette. Et, là, il y a main ou pas main du Croate ?", s'interroge-t-il dans les colonnes du quotidien. "Toute la Croatie crie à la main involontaire et toute la France hurle à la main volontaire : où est le progrès, où est la justice ? Ça reste de l'interprétation."

Même les chiffres communiqués par la FIFA - 99,3% de bonnes décisions grâce à l'utilisation du VAR pendant le Mondial en Russie - ne suffisent pas à le convaincre du bien-fondé de cette mesure. "Je les connais à la FIFA, c'est leur boulot de trouver des statistiques qui vont dans leur sens (sourire) !", assure Platini à L'Équipe, pour qui il faut encadrer son utilisation à un cadre défini. "À la limite, la vidéo peut vraiment aider pour juger un ballon qui franchit ou pas la ligne, ou pour les hors-jeu, parce que ces décisions reposent sur des faits précis : c'est dehors ou c'est dedans. Il n'y a pas de place pour l'interprétation, mais, même là, c'est dangereux."

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L'ancien sélectionneur des l'équipe de France entre 1988 et 1992 voit en effet d'un mauvais œil l'introduction progressive des technologies dans le sport. "Peut-être que, demain, les capitaines et les gardiens de but auront des oreillettes et les entraîneurs pourront leur parler et les diriger en plein match : "Joue à gauche ! Joue à droite !" Comme ça, on tuera définitivement le football comme on a déjà tué le cyclisme et la F1. Ou comme on a déjà tué les arbitres", fustige-t-il. Avant de conclure : "Pourquoi tous les responsables de l'arbitrage sont favorables à la vidéo ? Pour protéger leurs fesses, car ils sont toujours du côté de ceux qui les nourrissent."

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