Panama Papers : que reproche-t-on à Gianni Infantino, le nouveau président de la Fifa ?

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POLÉMIQUE - Après l'épisode très douloureux de la fin de règne de Sepp Blatter, frappée du sceau de la corruption, l'instance dirigeante du football mondial n'en a visiblement pas fini avec les affaires. Car son président, élu fin février, est cité dans le scandale mondial d'évasion fiscale des Panama Papers pour la période où il officiait à l'UEFA, dont le siège a d'ailleurs été perquisitionné mercredi...

Le ver est-il toujours dans la pomme ? Si les plus optimistes pensaient qu'avec l'élection d'un nouveau patron, le départ forcé de Sepp Blatter et surtout l'arrestation de nombreux dirigeants corrompus, la Fifa s'était offert une nouvelle virginité, la révélation des Panama Papers risque de les faire déchanter. Car Gianni Infantino, chantre du renouveau et surtout à l'origine d'une "opération main propre" au sein de l'instance, est citée dans cette affaire de gros sous et d'évasion fiscale. Explications. 

 Les faits
Avant d'être élu président de la Fifa le 26 février dernier, Infantino a fait la plus grande partie de sa carrière à l'UEFA, qui dirige le foot européen. Il y a occupé plusieurs postes dans le département juridique et commercial à partir de 2000. Il est d'ailleurs nommé directeur de la division des affaires juridiques et des licences de clubs en 2004. Fonction qu'il occupera jusqu'en 2007, lorsqu'il est nommé directeur général par intérim de l'UEFA (par Michel Platini, tout juste élu président et lui aussi cité dans les Panama Papers ...), puis directeur de la gouvernance et de la division des affaires juridiques de 2007 à 2009 et enfin secrétaire général en octobre 2009. Ce sont des contrats concernant les droits télé de la Ligue des champions signés par Infantino en 2006 et 2007 qui sont épinglés par les Panama Papers. 

 Une opération très suspecte
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui a obtenu les "Panama Papers" avant d'entamer un vaste travail d'investigation avec une centaine de journalistes, a expliqué mardi soir que dans le cadre de ces fameux contrats passés avec des hommes d'affaires au profil sulfureux, le dirigeant aurait largement sous-évalué la valeur de ces droits télé. La société Cross Trading, basée à Niue, une île du sud-Pacifique, a ainsi acquis en 2006 les droits télévisés de la C1 pour les saisons de 2006 à 2009 auprès de l'UEFA contre seulement 111.000 dollars... En 2007, elle a également décroché les droits de la Coupe de l'UEFA et de la Supercoupe d'Europe. Problème, les propriétaires de cette société sont les Argentins Hugo et Mariano Jinkis, inculpés pour avoir versé des pots-de-vin en échange de droits de diffusion des compétitions de la Fifa en Amérique du Sud. Surtout, Cross Trading a ensuite revendu ces droits sur la Ligue des champions pour plus de 311.000 dollars. 

 La défense d'Infantino
Dans un premier temps, c'est la Fifa qui a réagi aux révélations bien embêtantes du Süddeutsche Zeitung, expliquant qu'à l'époque, "nous ne savions pas qui étaient les véritables propriétaires de Cross Trading ". Une ligne de défense reprise par Infantino : "Rien n'indique qu'un méfait a été commis par l'UEFA ou par moi-même, a assuré le nouveau président de la Fifa dans un communiqué. Je suis consterné et n'accepterais pas que mon intégrité soit mise en doute par certains médias." Et l'ancien chef du département juridique de l'UEFA d'expliquer qu'il n'a "jamais fait affaire personnellement avec Cross Trading ni avec ses propriétaires étant donné que le processus d'appel d'offres a été mené par le département Marketing au nom de l'UEFA". Reste que l'image de l'instance européenne, tout comme celle de la Fifa, est une nouvelle fois égratignée. 

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