Paris champion de France... sans la manière

Paris champion de France... sans la manière

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LIGUE 1 - Tout à sa joie avant même le coup d'envoi de la rencontre, le nul concédé par Monaco ayant officiellement validé le sacre parisien quelques minutes plus tôt, le Parc des Princes a vite déchanté. Non seulement son PSG s'est incliné à domicile, mais il a de nouveau affiché d'inquiétants signes de fébrilité, pile au moment où il était censé retrouver ses esprits.

Cela avait commencé comme dans un rêve. Un nul (1-1) de Guingamp à Monaco validant le titre de champion de France du PSG avant même le début de la rencontre face à Rennes. Puis un état de grâce symbolisé par l'ouverture du score de Lavezzi, après que Cavani a profité d'une erreur d'Armand à la 3e minute. À ce moment-là, le Parc des Princes était si heureux qu'il scandait le nom de l'avant-centre uruguayen pour le consoler d'avoir raté une occasion . Mais ça, c'était avant. Avant les deux buts rennais inscrits en moins de cinq minutes, d'une puissante frappe croisée de Kadir (23e) et d'un coup franc excentré de Ntep (27e). Avant que les hommes de Laurent Blanc ne perdent soudainement tous leurs moyens et ne rentrent aux vestiaires sous des sifflets stridents.

Paris cultive tellement les paradoxes qu'il parvient à donner à son sacre printanier des airs de crises de novembre. Celle-là même durant laquelle le Stade rennais était venu s'imposer au Parc sur le même score, à la fin de l'année 2012. La dernière défaite des Parisiens à domicile... Mais c'était une autre époque. Cette défaite-là suit surtout celle concédée à Chelsea en quarts de finale de la Ligue des champions. Depuis, Paris balbutie son football, et même l'euphorie d'un deuxième titre national de rang n'y a rien changé. Même l'entrée de Zlatan Ibrahimovic à la 55e n'a pas modifié le visage de cette équipe, qui s'est sans doute considérée championne un peu trop tôt et n'a plus plus su, ensuite, revenir à la réalité de la Ligue 1. Celle des combats acharnés, loin des fastes européens.

Costil n'a rien laissé passer

Si ce PSG de Laurent Blanc est un ersatz du FC Barcelone, il en partage aujourd'hui tous les travers : la volonté de priver à tout prix l'adversaire de ballon l'empêche de porter vite le danger devant le but adverse. Le Stade rennais l'a bien compris, lui qui s'est surtout appliqué à intercaler dix hommes entre son gardien et le ballon. Paris a pourtant tout fait pour que la fête soit moins gâchée, butant sur Costil à de nombreuses reprises. Mais ni Cavani, ni Pastore, ni Lucas n'ont su concrétiser leurs belles intentions, à l'image de leur deuxième partie de saison ratée.

En première période, Cavani ratait la plus évidente des passes pour Lavezzi. En seconde, c'était Zlatan qui manquait de trouver un Marquinhos pourtant seul. Ce mercredi soir, comme attendu, le PSG est devenu champion. Mais on retiendra aussi (surtout ?) qu'il a perdu en laissant filer un premier record : celui du plus petit nombre de buts encaissés sur une saison de Ligue 1 (21). Paris, en en prenant deux, est passé à 22. Ceux du plus grand nombre de points, de victoires et de buts marqués seront peut-être bien battus lors des deux prochaines journées. Mais on peut désormais sérieusement en douter. Comme un symbole, les Parisiens ont célébré le titre sur la pelouse un peu machinalement, sans véritable effusion de joie, après le coup de sifflet final. Il y a comme un malaise, non ?

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