Pays-Bas - France (0-1) : c’était l’heure d’être grands, et les Bleus l’ont été

Pays-Bas - France (0-1) : c’était l’heure d’être grands, et les Bleus l’ont été
Football

FOOTBALL – L’équipe de France avait rendez-vous, à Amsterdam ce lundi soir, avec le plus gros adversaire de son groupe de qualifications pour le Mondial 2018, mais surtout avec elle-même.

On avait beaucoup insisté auprès de Paul Pogba, vendredi soir au Stade de France, après un France-Bulgarie (4-1) qu’il avait traversé comme un fantôme. « Pourquoi ne jamais nous parler ? » « Je préfère parler sur le terrain », avait-il répondu. On y a évidemment repensé ce lundi soir, dans la nuit noire et froide de l’Amsterdam ArenA, en le voyant bomber le torse après son ouverture du score contre les Pays-Bas (0-1), pour le compte de la 3e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. On dit que les grands joueurs répondent présents dans les grands matchs, et c’en était un qu’ont disputé les Bleus. Malgré les forfaits et le rajeunissement contraint des Oranje. Parce que ces derniers, fiers de leur héritage, y ont mis tout ce qu’ils avaient. Et parce que l’enjeu pesait très lourd.

Depuis l’entame du mandat de sélectionneur de Didier Deschamps, en dehors des France-Allemagne  du Mondial 2014 et de l’Euro 2016, l’équipe de France a surtout disputé de grands matchs amicaux et de petits matchs officiels. A l’exception notable du double affrontement avec l’Espagne (1-1 ; 0-1), il y a quatre ans, ayant abouti au fameux barrage contre l’Ukraine de novembre 2013. C’est précisément ce qui était en jeu ce lundi soir : une qualification directe et un étalonnage. Ce Pays-Bas – France est une de ces rares rencontres qui permettent de mesurer précisément le chemin parcouru.

Lignes serrées, pressing haut, application dans les passes...les Bleus ont réalisé une énorme entame

Alors ? Alors, contrairement à ce qu’on a souvent vu à l’Euro ou vendredi encore face aux Bulgares, les Bleus ont réalisé cette fois une énorme entame. Ligne serrées, pressing haut, jaillissements autoritaires dans les duels, application dans les passes, mouvements coordonnés pour venir en aide au porteur du ballon et perturber l’alignement adverse. Didier Deschamps et Hugo Lloris nous avaient vendus des Néerlandais aux velléités offensives la veille en conférence de presse ? On les a vus, au contraire, acculés devant leur but, comme conscients qu’il serait sans doute suicidaire de s’exposer face à cette équipe de France-là.

Pourtant, les Oranje ont été bons, disciplinés, rugueux, techniques et généreux. Mais les Bleus ont résisté. Comme ils ont résisté à un public bouillant, mettant une énorme pression par ses rugissements à vous vriller les tympans sur chaque récupération, chaque duel remporté, chaque coup de sifflet de l’arbitre en leur défaveur, chaque arrêt du gardien… L’ArenA est d’ailleurs allée jusqu’à faire de chaque coup de pied arrêté des siens un instant dramatique, écrasant l’atmosphère par des applaudissements en crescendo que l’écho rendait encore plus haletants. L’ironie de l’affaire étant que les hurlements les plus intenses furent émis pour accompagner chaque avion en papier lancé des tribunes ayant réussi l’exploit de tomber sur la pelouse.

La dernière fois qu'on s'est senti aussi fort, c'était en 2000

Tout ça pour dire que les Bleus, qui sont devenus vice-champions d’Europe devant un public acquis à leur cause, auraient pu être cuits à l’étouffée, pour peu qu’un contre défavorable ou une décision arbitrale soient venus inverser le cours des choses. Mais ce n’est pas par chance que ces trois points, bien plus importants que ceux de vendredi, sont tombés dans la besace tricolore ce lundi soir. Ce n’est pas par chance que Raphaël Varane et Laurent Koscielny n’ont rien laissé passer. Ce n’est pas par chance que le milieu a montré tant de maîtrise, que les arrières latéraux ont mangé leur vis-à-vis, que les occasions ont plu sur le but de Stekelenburg, qu' Hugo Lloris a sorti l’ultime reprise à bout portant de Memphis Depay. Par moments, devant les automatismes et la solidarité sans faille de cette équipe de France, on a eu l’impression qu’il s’agissait d’un club. D’un grand club. C’est bien simple : la dernière fois qu’on s’était senti aussi fort, c’était en 2000. 

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